L’islam : le salut, la tolérance, la violence…

Andronicus Sadegh Khandjani est membre du collège des pasteurs de l’Église d’Iran. Depuis 2006, les persécutions se sont fortement intensifiées contre les chrétiens. Andronicus s’est donc condamné à l’exil en Europe en passant son temps à informer sur des exactions qui, pour des raisons économico-politiques, sont tues ou minimisées. Il évoque quelques aspects de l’islam peu confortables à exprimer, sauf par quelques courageux théologiens musulmans comme Abdelwahab Meddeb ou Malek Chebel.

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— En quoi le christianisme serait-il nécessaire face à l’islam ?

—L’image que l’islam donne du salut est très limitée. D’ailleurs, dans le sens chrétien du terme, il n’y est pas vraiment question de salut. Dans l’hébreu et le grec, le salut a aussi la forte connotation de guérison (en latin aussi). Les gens ont pu expérimenter cette dimension de guérison intérieure en Jésus (Yeshuah’ veut dire « Dieu sauve ») : ça fait une différence !

— Mais c’est quoi, l’espérance d’un musulman ? Il en a forcément une.

— D’abord, seul le musulman peut aller au ciel ; mais il peut aussi ne pas y aller.

— On a ça aussi dans le christianisme. Alors, où s’articule la différence ?

— Sauf s’il s’en va en martyr ou sauf si, dans la tradition chi’ite, il appartient à la lignée prophétique, le musulman s’en va avec des doutes. Dans le Coran, il y a un reflet des exigences de la Bible, mais la loi ne guérit pas. Ce n’est qu’en Christ que l’on peut vivre la guérison et obtenir l’assurance du salut par grâce.

— Régis Debray disait que l’islam vivait son Moyen-Âge après sa Renaissance, autrement dit, qu’il est plus obscurantiste maintenant qu’auparavant. Quel est votre avis ?

— L’islam n’a jamais été très tolérant. C’est une image véhiculée par des orientalistes modernes qui, par exemple, à l’époque où c’était encore le cas, omettaient de dire que le Liban était majoritairement chrétien. L’islam a toujours attendu d’être en position de force pour réprimer les altérités. Si, dans les débuts de l’islam, il n’y a pas eu partout de répression violente, c’est parce qu’il était encore trop faible. Dès qu’il est dominant, il estime devoir ramener les gens dans le droit chemin par la force ou par différentes formes de pression.

— Et si on vous rétorque : les Croisades ?

— L’Occident chrétien a fait son mea culpa sur ce point. C’est important, car des gens ont souffert, en particulier des musulmans qui sont des êtres humains respectables. Seulement, les intellectuels musulmans vont surfer là-dessus pour dire : Les méchants, c’est vous ! Les Croisades sont indéfendables, mais n’oublions pas que déjà, au Moyen-Orient, il y avait une confiscation des droits par l’élite musulmane, assortie de massacres, notamment en Égypte. Et que dire de l’éradication du christianisme dans la péninsule arabique ! L’Abyssinie a été violemment envahie par les musulmans. Là-dessus, on attend toujours le mea culpa musulman. On parle de la traite négrière transatlantique, mais il y a eu une traite « transindienne » : par le Golfe Persique, par l’Océan Indien, il y a eu des marchés aux esclaves avec la destruction de l’héritage culturel africain qui n’a pas attendu le colonialisme pour se produire ! Il existe nombre de textes islamiques à forte connotation raciste, que l’élite africaine oublie un peu vite lorsqu’elle s’associe aux islamistes.[1]

— Y a-t-il une différence entre la Bible et le Coran en matière de violence ?

— Dans le Nouveau Testament, Jésus enjoint à Pierre de remettre son épée dans le fourreau parce que celui qui tue par l’épée mourra par l’épée.[2] Et même, quand un homme demande à Jésus d’ordonner à son frère de partager son héritage, le Seigneur ne va pas entrer dans ce piège : ce n’est pas à moi, leur dit-il, de régler vos litiges.[3] C’est une séparation entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, ce qui n’existe pas dans le Coran : celui-ci appelle l’autorité à « casser » l’infidèle, à le soumettre, à le réprimer –cela est très clair dans les textes coraniques.

Propos recueillis par l’auteur

 

Voir le lien http://blog-porte-parole.blogspot.fr/2014/05/conference-dandronicus-sur-leglise.html

http://eglisediran.blogspot.fr


[1] Précisons que notre invité est iranien par son père, et gabonais par sa mère. (NDLR)

[2] Jn 18.11 et Mt 26.52.

[3] Lc 12.13-14.

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