Hongrie. Fallait-il se réjouir ?

Après le chaud, la douche froide


Je me suis réjoui

Il y a quelques semaines, la Hongrie a annoncé par la voix de son premier ministre Viktor Orbán, la création d’une agence gouvernementale consacrée au sauvetage et à la protection des chrétiens dans le monde.
Je pouvais me dire : "Voilà enfin un pays occidental qui se préoccupe du sort de ces millions de chrétiens qui subissent tant de souffrances du seul fait de leur foi".

Je me réjouis aujourd'hui beaucoup moins 


En effet, j'ai compris que le référendum de ce dimanche 2 octobre avait pour but de donner à ce même premier ministre les mains libres pour refuser d'accueillir des réfugiés dans son pays, ce que lui demande "Bruxelles", au nom de la solidarité européenne.

Pour être précis, la question posée était : "Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non-hongrois en Hongrie sans l’approbation du Parlement hongrois ?"
En réalité, cela voulait dire en quelque sorte : me permettez-vous de dire "non" à Bruxelles et ainsi pouvoir fermer en votre nom la porte à ces migrants que l'Union européenne nous demande d'accueillir chez nous ?

Le premier ministre pourra toujours prétendre qu’il a gagné puisque 98,32% des votants ont dit non comme lui.
Le problème, c'est qu'il y a eu moins de 45 % de votants sur le total des inscrits, donc moins des 50 % requis pour que ce référendum ait une quelconque valeur officielle.

Je suis triste

Je suis profondément peiné qu'une telle frange de la population puisse s'exprimer de cette manière. Devons-nous comprendre que tous ceux qui ont ainsi voté n'ont parmi leurs ascendants aucune personne qui ait été un jour réfugiée pour qu'ils ne sachent pas ce que cela peut vouloir dire ?

Je suis scandalisé

En réalité, même si les résultats de ce vote me feraient désespérer de la nature humaine, ce qui me scandalise encore plus, c'est qu’on mette en avant la défense des chrétiens et qu'on utilise simultanément les valeurs prétendument chrétiennes d'un pays pour dire "non" au secours de réfugiés, sous prétexte qu'ils sont majoritairement musulmans.

Mettre de côté 10 millions d’euros pour créer une agence gouvernementale consacrée au sauvetage et à la protection des chrétiens dans le monde. C’est bien. Encore faut-il savoir ce qu'elle fera réellement.

Pour moi, être chrétien, ce n’est pas seulement défendre les siens, c’est se faire le prochain de chacun !
En particulier de l'étranger et de tous ceux qui souffrent.

En tout cas, c'est ainsi que j'ai compris Jésus lorsqu'il a prononcé la fameuse parabole dite du "Bon Samaritain"  (à découvrir ici dans l’Évangile).

Image (Hongrie. Fallait-il se réjouir ?)

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