Charlie, de-ci, Ebola, delà

Image (Charlie, de-ci, Ebola, delà)

Ebola, au Liberia

En décembre dernier, une  amie médecin revenant d'une mission au Liberia, avec Médecins du Monde, nous confiait le témoignage suivant. A la télévision nationale, la Présidente Ellen Johnson Sirleaf, déclare que l'Eglise continue à prier pour les malades d'Ebola.

Dans les réunions réunissant les administrations et les ONG concernées, les responsables libériens démarrent les réunions par la prière. Les membres des ONG françaises déclarent "halluciner" devant de tels procédés alors que notre amie se réjouit de ces mêmes procédés.

Dans la presse américaine

Dans la dernière édition du Time, de décembre 2014, l'hebdomadaire américain livre un reportage conséquent sur EBOLA en Afrique et aux Etats-Unis. Il relate notamment l'interview du Dr Kent Brantly, un membre d'une ONG américaine, Samaritan's Purse, ayant contracté le virus au Liberia et retourné aux  USA pour y être soigné. 

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Au cours du très long reportage, il explique comment fin juillet, alors qu'il est mourant, le pire est de sentir l'impuissance des secours. L'Ebola est une maladie humiliante du fait de la diarrhée incontrôlable et qui vous isole des autres et de votre famille.

De plus, vous ne pouvez voir que les yeux au travers des masques protecteurs que porte l'entourage ce qui renforce la sensation d'isolation.

Paul, en versets et en musique 

Alors que son état empire et qu'il doit être transféré à Atlanta, le Dr Brantly assure qu'il essayait juste de "tenir pour ne pas mourir". Et puis, son ordinateur portable joue alors des passages de la Bible mis en musique et les mots de l'apôtre Paul résonnent à ses oreilles:

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"Car j'ai la certitude que rien ne peut me séparer de son amour: ni la mort ni la vie, ni les anges, ni les démons, ni le présent, ni l'avenir, ni les forces d'en haut ni d'en bas, ni rien d'autre dans la création ne pourra jamais me séparer de l'amour de Dieu."* Il se cramponne à cette espérance comme ligne de vie. 

Pensez-vous pouvoir trouver une perle pareille retranscrite intégralement dans les colonnes d'un de nos hebdomadaires hexagonaux?

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La guérison, une affaire de Dieu

A un autre journaliste du dossier,  le Dr Brantly déclare qu'il remercie Dieu pour sa guérison et qu'il n'est pas le seul dans ce cas. Quand on regarde les vidéos des survivants au Liberia, poursuit-il, nombre d'entre eux remercient Dieu de leur avoir sauvé la vie.

Et d'ajouter, comment puis-je être meilleur grâce à l'épreuve traversée, profondément ancrée au fond de mon cœur.

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Ailleurs, un responsable ambulancier de Monrovia dit texto "j'ai été guéri et c'est l'affaire de Dieu".

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Imaginez-vous que des journalistes se seraient permis, dans nos médias tricolores et laïcs, de citer les propos d'un homologue français au Dr Brantly? 

Jésus dans Charlie Hebdo

Dans le numéro du 7 janvier, soit le jour de l'attentat perpétré contre le journal, en page 15, s'expose un débat "Celui qui croyait à Jésus et celui qui n'y croyait pas".  Sur deux colonnes séparées au centre par une série de caricatures de Tignous.

Je reprendrai seulement les conclusions. Dans l'une, Jésus a existé, les auteurs, Jérôme Mordillat et Jérôme Prieur, insistent sur  le paradoxe chrétien qui est d'avoir fait Seigneur et Dieu un Juif qui n'a jamais appartenu à leur religion.

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Dans l'autre, Jésus n'a pas existé, Antonio Fischetti, après une  démonstration acrobatique, conclue, "ça ne veut pas dire que Jésus n'a pas existé. Ça, c'est impossible à prouver. Mais il n'est pas, non plus, complètement absurde de douter de son existence."

La première démonstration ne me donne  pas l'envie de croire, même si Jésus a existé. Et l'autre ne me convainc pas davantage de ne pas croire à son existence.

Louanges différenciées

Cet article me laisse un goût amer de frelaté et  je reste dubitative quant à la pertinence de l'argumentaire d'un débat peu éclairant. Cela ébranle le concert de louanges entendu en ce moment.

Mise à part la dénonciation catégorique de  l'horrible carnage à l'encontre des 12 victimes, il est toutefois permis  de ne pas se joindre à cette unanimité de louanges en vigueur.

En matière de louanges, je préfère me rallier à celles des victimes d'Ebola qui rendent grâces à Celui qui les a sauvés de l'épidémie.

Clin d'œil sympathique avec le dessin de Zep.

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