11 mai 1874. Triqueti et les portes de La Madeleine


Le Baron de Triqueti (1807-1874), est un peintre et sculpteur français. Il est né le 24 octobre 1804 au château de Perthuis à Conflans sur Loing, fils du baron Michel, d'origine piémontaise, ancien représentant du roi de Sardaigne à la cour de Russie. Il décéda chez lui au 65 de la rue d'Amsterdam à Paris le 11 mai 1874. Il était l’époux d'Emilie Forster, petite fille du sculpteur anglais Thomas Banks. Il se convertit au protestantisme en 1847.

Il a notamment exécuté les portes de bronze de La Madeleine. Portes exceptionnelles, par leurs dimensions (plus grandes que la porte de bronze de Saint-Pierre de Rome), par leur légèreté, par leur nouveauté (un des chefs-d'œuvre de la sculpture romantique) et enfin par leur intelligibilité !
Cet artiste protestant qui possédait une connaissance intime de la Bible, avait su introduire dans cette œuvre de commande,  quelque chose de la clarté des Ecritures… Comme dans un livre à images, chacune des scènes de l'Ancien Testament est légendée du texte latin du Décalogue, avec quelques citations bibliques à l'intérieur de la composition. Triqueti  a tenu à choisir les scènes bibliques dans l'Ancien Testament.

"NON OCCIDES" (Tu ne tueras pas)

Image (11 mai 1874. Triqueti et les portes de La Madeleine)
Après le meurtre d'Abel par son frère Caïn, des anges descendent du ciel pour consoler les affligés et punir le meurtrier.
vox sanguinis fratris tui clamat ad me de terra ; nunc igitur maledictus eris super terram. (Genèse, La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi ; tu seras donc maintenant maudit sur la terre.)

Un commentaire :

« Pour illustrer le commandement "Non occides" (Tu ne tueras pas), Triqueti présente la mort d'Abel pleuré par Adam et Ève tandis que Caïn et sa famille sont maudits à jamais : autour d'Abel s'organisent les premières funérailles, tandis que Caïn, devient l'image de l'humanité et de toute son infinie noirceur. Si le visage d'Abel exprime les visions célestes qui sont les siennes, l'importance accordée au criminel, si grand et terrible dans son mal rapproche Triqueti de Byron, dont le drame de Caïn (1821) influença toute une génération romantique... Partout Triqueti fait œuvre de créateur et l'on sent, à travers toutes ces scènes de l'Ancien Testament, sa riche culture religieuse et sa profonde foi chrétienne » (Isabelle Leroy-Jay Lemaistre, La sculpture française au XIXe siècle, 1986).

Triqueti était également un philanthrope et un écrivain. Il avait écrit sur les œuvres protestantes de charité, sur les premières pages de l’histoire protestante, et des Discours aux apprentis, sur Palissy, Elizabeth Fry, Stephenson, Oberkampf…

Voir des oeuvres de Triqueti à Paris :

La "Chapelle Notre-Dame de la Compassion" de Neuilly a conservé le cénotaphe du prince Ferdinand d’Orléans, exécuté par Triquetti, d’après les dessins d’Ary Scheffer. Le prince, de grandeur naturelle, revêtu de l’uniforme d’officier général, est étendu sur un matelas comme il l’était au moment de sa mort.  Le prie-Dieu avait été brodé à l’origine par la reine Marie-Amélie et par la duchesse d’Orléans. Les vitraux sont réalisés d’après les dessins d’Ingres. Le vitrail représentant « Sainte Hélène » reprend les traits  de la duchesse Hélène d’Orléans. 

Une œuvre de la main de Triqueti se trouve également au Père Lachaise (Tombeau de Triqueti, Père Lachaise, voir 20 janvier)

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