13 septembre 1832. Chauny et Aimé Cadot (1832-1915)

Voici quelques notes sur son ministère pastoral à Chauny (1863-1911) par le petit bout de la lorgnette. Les citations sont extraites de son Petit voyage en Italie et de Notes et Récits d’Aimé Cadot.

Les crêpes
Il aimait les crêpes. Il mangeait des crêpes quand lui parvint la plus heureuse nouvelle de son ministère : le temple baptiste de Chauny, fermé depuis une quinzaine d’années par décision impériale, allait être rouvert (1867). Il laissa tout et courut annoncer la bonne nouvelle à l’autre bout de la ville dans la rue du quartier populaire, où se concentrait la plupart des amis de l’église… Ce temple il va l’aménager par des galeries. Et l’embellir par des versets,  choisis par lui et qui vont être peints sur le mur du fond. Surtout une cuisine et une salle à manger  seront bâties. Il n’y avait pas là qu’un auditoire mais une communauté fraternelle. On ne repartait pas du culte du dimanche après-midi sans une boisson chaude. Une communauté mi rurale mi ouvrière. Composée de petites gens : de cantonniers, de garçons de fermes, de petits artisans, de femmes de ménages. Une population laborieuse dont il va éveiller la conscience et l’intelligence. Qu’il va  instruire, aider à sortir de son asservissement aux traditions, aux peurs superstitieuses, à l’ignorance dans lesquelles elle était maintenue.

Image (13 septembre 1832. Chauny et Aimé Cadot (1832-1915))

La maison
Sa maison, et cela dit beaucoup du personnage et du ministère, était située rue des pierres, face à l’Eglise Saint-Martin. Comme pour une partie de bras de fer. Il dut se défendre contre la libre pensée mais surtout contre le catholicisme. Son œuvre fourmille de ces petits opuscules mettant en évidence les vérités évangéliques face au dogme romain. Sans doute la polémique a-t-elle tenue une grande place dans son évangélisation et sa prédication. Même si, pouvait-il écrire, « notre objet suprême ce n’est tant d’affranchir les âmes de la domination de Rome : c’est de les conduire à Jésus qui a donné le salut et la paix à notre âme. »

Les circonstances
Rien ne fut jamais facile, pour ce bouillant évangéliste. Ni pour ses auditeurs !
« Dans les campagnes ou les petites villes de province, où chacun est connu, oser aller au temple, oser rompre avec le prêtre, c’est un acte d’audace qui indique la fermeté de la foi, mais ce n’est pas sans péril. Il en résulte que les fruits de l’évangélisation dans les grandes villes, s’ils sont supérieurs en nombre, doivent être inférieurs en qualité à ceux des campagnes… (Si) nos concitoyens, étaient placés sous une autre influence que celle de Rome ou de l’indifférence générale…tous ceux qui disent : « votre religion est meilleure que la nôtre » et qui en général nous témoigne leur estime et leur confiance, tous ceux-là croyons-nous , nous suivraient avec plaisir dans le sentier de la vérité et du salut. Car les circonstances ne seraient pas ce qu’elles sont. »

Le colportage
Pour Aimé Cadot,  l’évangélisation était un état d’esprit. Il semblait toujours prêt :
« J’ai pu avec l’aide de Dieu dire quelques mots au nom du Seigneur. J’ai aussi distribué quelques traités. Que Dieu veuille les bénir pour ceux qui les liront… Que Dieu bénisse cette jeune fille et la sauve… Il nous a été doux de dire un mot à nos voisins de table…J’ai essayé de parler du Seigneur à deux dames qui étaient avec nous.  Elles ont parues fort surprises et intéressées… »
A partir de 1876, la République accorde une pleine liberté d’expression : il est désormais possible d’afficher ses opinions sur les places et les marchés. Les colporteurs protestants, qui se fondaient parmi leurs collègues, cheminant au milieu des voyageurs commerciaux, se montrent au grand jour. Sans doute le ministère de colportage d’Aimé Cadot a du en être facilité.

La tombe
Sa tombe, placée au centre du cimetière de Chauny, fut sa dernière action d’évangéliste. En homme à l’esprit prévoyant il avait tout préparé. Une belle tombe, toute simple, mais avec multiples versets bibliques, qui parlent encore au promeneur…

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