19 mai 1994. Jacques Ellul

19 mai 1994. Mort de Jacques Ellul à Pessac (1912-1994).

D’ascendance anglo-maltaise par son père et hollandaise par sa mère, Ellul est un professeur d’histoire du droit, sociologue et théologien protestant français.
Surtout connu comme penseur de la technique et de l’aliénation au XXe siècle, il est l’auteur d’une soixantaine de livres (la plupart traduits à l’étranger, notamment aux États-Unis et en Corée du Sud) dont le toujours actuel, "La parole humiliée".

Image (19 mai 1994. Jacques Ellul)


Fervent lecteur de Karl Marx et théoricien de la révolution, il s’est toujours tenu à l’écart des grands courants marxistes, au motif qu’il ne voyait dans le marxisme qu’une idéologie, une « pensée fossilisée » comme il le qualifiait. On peut donc le ranger dans la catégorie des marxiens.
S’étant converti au protestantisme à l’âge de 18 ans, il s’est livré à une critique sévère du christianisme, dont il considérait qu’à partir du IVe siècle, celui-ci avait totalement subverti le message évangélique en raison de sa collusion avec l’État. Il s’inscrit donc dans la mouvance de l’anarchisme chrétien.

Source : d'après Wikipédia


Sébastien Fath  sur Jacques Ellul :
« J'ai découvert avec une certaine surprise que le culte des saints, finalement, ça existait chez les protestants, en tout cas en France....
On peut certes voir, en Jacques Ellul, un remarquable penseur critique de la technique, même si, dans sa génération, il n'était ni le seul, ni forcément le plus clairvoyant (l'École de Frankfort, notamment, n'était-ce pas plus rigoureux?).  On peut certes voir en lui un authentique intellectuel chrétien anticonformiste, ce qui suscite a priori la sympathie chez beaucoup. Ses analyses sur la propagande ne manquent pas non plus de sel, ni (plus généralement) l'alacrité de sa plume très (trop?) prolixe. 
L'universitaire bordelais était aussi d'une très grande curiosité intellectuelle, et ne s'interdisait rien, y compris en matière théologique, où sa pensée continue à stimuler et provoquer.
Il avait ce côté visionnaire qui manque souvent, aujourd'hui, avec tous les risques, mais aussi les grandeurs, que cela comporte. L'auteur impressionne, par exemple, lorsqu'il se montre capable d'écrire avec lucidité, dès 1972 (!) que :
"S’intéresser à la protection de l’environnement et à l’écologie sans mettre en question le progrès technique, la société technicienne, la passion de l’efficacité, c’est engager une opération non seulement inutile, mais fondamentalement nocive".

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