Cahier n°102

4ème trimestre 2016
Numéro lu 313 fois

Prêcher, est-ce vraiment efficace ?

Quel prédicateur ne s’est jamais demandé : « À quoi bon prêcher ? » Quand on se pose ce type de questions, c’est généralement parce que l’on ne voit pas les changements espérés chez nos auditeurs. Ou alors, c’est parce qu’une personne nous pose une question qui nous fait réaliser qu’elle n’avait rien – ou presque – retenu d’une prédication apportée précisément sur ce même thème la semaine précédente. Avait-elle d’ailleurs écouté ? Alors, tout le travail et la prière, préalablement impliqués dans la préparation de nos prédications, nous reviennent en tête, et il est presque inévitable, l’air désespéré, de se poser la question : « À quoi bon ? Ma prédication peut-elle vraiment changer quoi ou qui que ce soit ? » Que faire ? Quelle attitude avoir face à ces questionnements et ces découragements ?

Certes, parfois des changements presque immédiats se remarquent chez nos auditeurs. C’est alors une joie, un encouragement et un privilège : Dieu s’est servi de mes faibles mots pour œuvrer dans le cœur et la vie d’une personne. Mais, le plus souvent, la prédication ne produit pas de résultats immédiats. Il faut pourtant se souvenir que, quels que soient les résultats – visibles, invisibles, immédiats, retardés, petits, spectaculaires   … – elle demeure importante, utile… et efficace.

Par exemple, j’essaie de me rappeler que la prédication est un peu comme l’agriculture. En tant que prédicateur, je mets du cœur à l’ouvrage, je creuse des sillons et plante de la bonne semence. Puis il me faut attendre : le champ, une fois la semence en terre, restera vierge encore quelque temps… Mais, sans cette semence, il restera toujours vierge ! Oui, il me faut être patient. La Parole de Dieu ne porte pas toujours de fruits immédiats dans nos vies, et les prédicateurs, comme tout autre chrétien, en savent quelque chose !

Une autre métaphore peut aussi aider à comprendre: le code de la route. Il est, certes, tout à fait possible d’ignorer volontairement les panneaux d’indication (la prédication), mais ceci ne signifie pas qu’ils ne sont pas utiles. Quand on choisit de ne pas prendre en compte un « stop », on le fait à nos risques et périls. Le fait est qu’il était là pour une raison précise et vraiment utile. Parfois, bien sûr, c’est involontairement qu’on ignore un panneau, comme quand on « loupe » une sortie sur l’autoroute. Alors, quelques kilomètres ou sorties plus loin, on réalise son erreur. On se souvient qu’un panneau avait bien indiqué la bonne sortie, mais l’on n’y avait pas prêté attention. Sur la route comme dans nos vies, il est possible de revenir en arrière pour retrouver le bon chemin, et de l’emprunter avec une véritable conviction.

En somme, tout n’est pas – jamais ! – perdu. Ne désespérons pas des maigres retours, du peu de changements, des manques d’attention. Notre prédication aura peut-être été donnée pour préparer celles et ceux qui l’écoutent à faire face à un défi ou une épreuve qui ne viendra que plus tard dans leur vie. Aujourd’hui, elle ne leur sert à rien, mais dans quelques mois… elle leur sera précieuse. Ou alors, notre prédication aura peut-être été une simple pièce d’un grand puzzle. Elle est utile, mais pour le moment, nos auditeurs ne voient pas encore en quoi. Ils ont besoin d’assembler toutes les autres pièces pour découvrir l’image du puzzle…

Quoi qu’il en soit, dans la prédication comme dans le travail pastoral en général, rappelons-nous que le temps de Dieu n’est pas notre temps. Nous vivons dans un monde où l’immédiat est tyrannique, mais il nous faut résister à cet oppresseur. Plutôt, soyons bien persuadés que la Parole de Dieu ne reviendra pas à lui sans avoir produit d’effet (Ésaïe 55.11) et faisons-lui confiance. Laissons-nous même surprendre par les effets que Dieu lui-même veut opérer !

Ce qui est vrai de la prédication l’est certainement aussi des articles que nous vous proposons dans ce Cahier. Notre prière est que Dieu accomplira ses desseins en vous et en son temps, à travers chacun d’eux.

Nicolas Farelly

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