Cahier n°80

2e trimestre 2011
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Édito

Les organisateurs du Congrès international missionnaire « Cap 2010 » viennent de publier le texte final du document qui résume les discussions et les conclusions de ce grand rendez-vous du mouvement évangélique. Vous pouvez lire et télécharger sa version anglaise sur internet :http://www.lausanne.org/ctcommitment.

Intitulé « Engagement du Cap » (Cape Town Commitment), ce document se décline en deux parties. D’abord, un résumé des grandes lignes de la théologie de la mission, c’est une sorte de confession de foi pour les Églises et les organismes qui prennent conscience de leur responsabilité missionnaire. Ensuite, un appel à des actions concrètes dans un certain nombre de domaines :

  • Témoigner de la vérité du Christ dans une société pluraliste et mondialisée
  • Concrétiser la paix du Christ dans un monde divisé où toutes sortes de violences font rage
  • Vivre l’amour du Christ parmi et auprès des adhérents d’autres religions
  • Discerner les priorités dans l’évangélisation au niveau mondial aujourd’hui
  • Rappeler l’Église du Christ à son devoir d’humilité, d’intégrité et de simplicité.
  • Collaborer au sein du Corps du Christ pour une plus grande unité dans la mission.


Je note que les deux derniers points sont d’une importance particulière. Si les délégués, venus du monde entier, ont insisté sur la nécessité d’intégrité et d’unité, c’est qu’ils ont, en toute honnêteté, reconnu les points faibles de l’action missionnaire évangélique : l’esprit d’indépendance, la concurrence et les divisions sur le terrain, le chacun pour soi, des comportements douteux de certains dirigeants, le manque de respect envers des chrétiens d’une autre confession, et j’en passe. Tout cela constitue un contre témoignage. Au final, il en va de la crédibilité du message que nous avons le privilège de communiquer à nos contemporains.

Ce qu’affirme l’Engagement du Cap sur ces sujets-là est un véritable cri de cœur. Les messages lors de la première et la dernière séance plénières y furent en grande partie consacrés. 
Leur appel à l’intégrité et l’unité est d’une pertinence indéniable, me semble-t-il, pour nous. C’est pourquoi je m’en fais l’écho, même si c’est brièvement, dans ce Cahier qui a pour but, rappelons-le, de former pour mieux servir. Dans l’Église et dans la société.

« Si les chrétiens n’arrivent pas à travailler pour la paix entre eux, comment peuvent-ils être un témoignage véritable devant le monde qui les regarde ? » se demandait la théologienne brésilienne Rosalee Velloso Ewell. « Affirmer que Jésus est Seigneur, revient à dire non à d’autres dieux qui essaient de s’imposer à nous, y compris ceux de la violence et de l’égoïsme qui divisent les familles, les Églises et les communautés. Nous devons réfléchir sérieusement aux causes de nos divisions et travailler pour la réconciliation et la paix. En faisant preuve de plus d’unité et plus d’intégrité, l’Église pourra apporter un message prophétique dans un monde déchiré par la violence et la contestation ».

Lindsay Brown, le président du congrès, a souligné que notre mission est, non seulement de venir en aide de ceux qui souffrent de l’injustice dans le monde, mais aussi et avant tout de mener une vie juste. C’est là un véritable défi à relever. Le célèbre théologien britannique John Stott, affirme, dans son dernier sermon publié : « ce qui entrave le plus la communication de l’Évangile dans le monde, c’est que le peuple de Dieu ne vit pas comme un peuple de Dieu ».
Mais l’inverse est vrai aussi. Ce qui favorise le plus la communication de l’Évangile, c’est que les hommes et les femmes se laissent eux-mêmes transformer par le message dont ils sont porteurs.

Dans ce Cahier, nous sommes amenés à mettre ces réflexions en rapport avec la vie de nos communautés, dans le contexte socioculturel qui est le nôtre. Les articles qui suivent, abordent la prophétie, l’engagement politique et l’enseignement biblique au sujet du divorce et du remariage. Ce sont autant de domaines où nous avons l’occasion de faire preuve d’intégrité.

J’aimerais conclure en donnant la parole à John Wesley. À celles et ceux qui voulaient être des témoins du Christ, il disait :

Faites tout le bien que vous pouvez faire,
Par tous les moyens à votre disposition,
De toutes les manières possibles,
Dans tous les endroits où vous êtes, 
À tous les instants où vous en avez l’occasion,
À toutes les personnes que vous rencontrez,
Aussi longtemps que vous en avez la force.

Evert Van de Poll

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