Faut-il être si "ouvert" que cela ?

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La publication cette année de l'article "Pour des Églises ouvertes" dans le journal baptiste de Nouvelle-Zélande (voir notre Cahier n°21) a suscité un vif débat dont le journal antipodéen s'est fait l'écho pendant ces dentiers mois. Nous reproduisons ici la réponse du pasteur Ayson Clifford, pendant longtemps directeur de la Faculté Baptiste d'Auckland, à la retraite depuis presque vingt ans. Ayson Clifford écrit cet article pour le grand public baptiste et non pas pour un cercle d'initiés, d'où le style populaire de son article. J'ai essayé de ne pas perdre dans la traduction la vigueur et l'humour décapant qui lui ont gagné le respect et l'affection de toutes les Églises baptistes là-bas.

Faut-il être si "ouvert" que cela ?

J'aime bien Rowland Croucher - d'où ma perplexité devant son article agressif "Pour des Églises ouvertes". Il mélange des remarques judicieuses avec des contradictions, des diversions et des textes mal cités. Je n'ai aucune envie de rallumer les controverses sur l'admission des membres à l'Église, mais un traitement équitable du thème devrait inclure une présentation de l'autre point de vue.

La liste de six options donnée par Rowland (de la position "fermée dure" à celle "grande ouverte") me semble déséquilibrée. Ses catégories "ouvertes" (4) et (5) ne sont pas ouvertes ! Elles sont fermées aux non-arrosés, que ce soit par gouttelettes ou par des citernes entières. Des Salutistes pieux ne seraient pas admis, ni des Baptistes non-baptisés. Des Églises complètement "ouvertes" sont partout rares.

Les Baptistes ont toujours accentué la foi, rejetant les rites d'où elle semblait absente. Ils ne baptisaient que les seuls croyants.

Mais l'appartenance officielle à l'Église pose un dilemme :

a) l'Église qui affirme le baptême des croyants, devrait-elle s'attendre à ce que ceux qui portent la responsabilité de sa vie et son témoignage soient ainsi baptisés ? La plupart répondent oui. Mais,
b) l'Église qui accentue l'importance de la foi, devrait-elle exiger le baptême chez ses membres ? Certains répondent non. On a critiqué les Baptistes pour cette division, mais ce n'est pas nous qui avons créé le problème. Si la chrétienté avait retenu le baptême des croyants, il n'y aurait pas de problème.

En Nouvelle-Zélande

Les premières Églises baptistes de Nouvelle-Zélande exigeaient que les membres soient baptisés. Il y avait une exception, l'Église de Dunedin, ouverte aux non-baptisés. Et pourtant, pendant le ministère d'Alfred North, qui a duré dix-huit ans, alors que la liste des membres de cette Église est montée jusqu'à 500, pas plus de dix personnes ont été ainsi reçues.

En 1907, l'Australien A. Wilson est arrivé. Défenseur fervent de l'Église "ouverte", il a conduit son Église et plusieurs autres dans cette direction-là. Pendant sa première année à Wanganui, il a reçu 82 nouveaux membres, y compris 28 non-baptisés. Il critiquait sévèrement les soi-disant "Églises fermées" pour avoir "rejeté de l'Église de Jésus-Christ ceux qu'il reconnaît lui-même comme disciples bien-aimés". La guerre se préparait ! Un débat interminable lors du Congrès de 1911 n'arrivait pas à créer un accord, sauf pour reconnaître le désaccord.

De nos jours, les Églises baptistes des deux convictions s'acceptent mutuellement au sein de l'Union. Elles ne se lancent pas de pierres !

En ce qui concerne les trois Églises dont j'ai été pasteur, une d'entre elles n'acceptait comme membres que des croyants baptisés ; la deuxième ne posait pas cette condition ; et la troisième acceptait comme "membres associés" ceux qui n'avaient pas reçu le baptême des croyants.

La proportion des Églises "ouvertes" a augmenté. Il est plus facile pour une Église "fermée" de devenir "ouverte" que le contraire. D'ailleurs, "fermée" est un terme plutôt péjoratif. En fait, les "fermés" sont ouverts à tous ceux qui remplissent leurs conditions, et les "ouverts" restent quand même fermés à tous ceux qui ne remplissent pas les leurs !

Il est vrai que l'appel à l'harmonie œcuménique est un facteur important. Mais la meilleure façon pour les Baptistes de participer à l'œcuménisme est de rester fidèle à leurs principes tout en collaborant dans la communion fraternelle avec d'autres groupes dont ils se distinguent.

Le Nouveau Testament

Dans l'Église du Nouveau Testament, il n'y avait pas de chrétiens non-baptisés. Jésus lui-même s'est fait baptisé. Il a demandé que les nouveaux disciples soient baptisés (Mat 28.19). À la Pentecôte, Pierre a appelé à la repentance et au baptême (Actes 2.38). Tous les convertis ont été baptisés (v. 41). Aucun n'a dit "Je ne me sens pas conduit vers le baptême" ou "Après tout, ce n'est qu'une forme extérieure". À travers le livre des Actes, le baptême accompagne la foi. Dans Éphésiens 4.5, l'appel à l'unité sur la base de "un seul baptême" serait vain si certains n'étaient pas baptisés. Les Églises "fermées" essayent sincèrement de retenir l'Église baptisée du Nouveau Testament.

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