Les bases de notre communion

Extrait
Note : 40
( 1 vote )

Ce texte de Louis Schweitzer a d’abord été celui d’une des interventions au Congrès 2003 de la Fédération des Églises Évangéliques Baptistes de France, à Orléans. Il reprend les grands textes qui servent de base à la communion de ces Églises. Si son intérêt dépasse celui de cette union d’Églises, c’est que ces documents concernent des questions essentielles : les relations entre Églises “classiques” et Églises charismatiques, entre Églises chrétiennes et le “comment vivre ensemble” au sein d’une même Fédération.

Les bases de notre communion

Chaque confession chrétienne, chaque tradition, a ses défauts particuliers. Un des nôtres – il en existe certainement bien d’autres – est de croire que nous n’avons aucune tradition. Nous avons tendance à toujours tout recommencer à zéro. Nous avons pourtant une histoire et ceux qui nous ont précédés ont eu à réfléchir à certains problèmes que nous rencontrons aujourd’hui. Nous avons aussi des textes (peut-on parler de tradition ?) dont, en théorie du moins, nous reconnaissons l’autorité. Chaque pasteur et, je voudrais le croire, chaque membre de conseil de nos Églises a en sa possession un coutumier(1). Cette brochure rassemble l’ensemble de nos textes de référence. Les pasteurs ou les Églises qui veulent entrer dans notre Fédération ont à y souscrire, mais, implicitement, c’est chacun d’entre nous qui est appelé à recevoir cet ensemble de textes comme le fondement, la règle, de notre communion. En devant relire ces différents documents pour cet exposé, j’ai été frappé par la richesse, peut-être aussi la sagesse, qu’ils contiennent.

Nous trouvons, dans ce coutumier, la confession de foi, les principes ecclésiastiques et les statuts de la Fédération. Mais l’autre moitié de ce document est composée de ce que nous appelons les textes du Congrès. Il s’agit de textes qui ont été votés, à des époques différentes par des Congrès comme le nôtre, et qui voulaient répondre à des problèmes spécifiques qui se posaient. Il s’agit de textes qui ont souvent été préparés longtemps auparavant, généralement envoyés aux Églises, remaniés et dont le vote du Congrès a été l’étape finale. Acceptés par les délégués des Églises, ils ont donc une valeur durable et nous obligent aujourd’hui, bien au-delà de la question qui a été leur occasion.

Il s’agit de cinq textes :

• La résolution sur l’orientation de nos Églises (1952) qui essaie de réguler les relations entre les communautés de la Fédération après le réveil pentecôtisant qui a touché les Églises du Nord vers les années 50.

• Le problème de l’unité et de nos rapports avec d’autres Églises protestantes (1961). Les Églises luthériennes et réformées envisageaient à l’époque de former une Église évangélique unie et la situation au sein de la Fédération protestante devenait assez inconfortable. Les Églises libres ont, à cette occasion, quitté la FPF avant d’y revenir quelques décennies plus tard ; les Églises baptistes ont seulement précisé dans ce texte le sens qu’elles donnaient à l’unité chrétienne.

• Églises de Jésus-Christ dans la famille spirituelle de la FEEB (1986). Nous nous situons ici après le développement du réveil charismatique et un assez grand nombre d’Églises de ce type sont entrées dans la Fédération. Elles n’avaient avec les baptistes aucune histoire commune et vivaient souvent d’une tradition assez différente. Il était donc nécessaire de rappeler ce que voulait dire être membre de la FEEB. Bien des choses affirmées dans ce texte sont encore d’une actualité brûlante.

• Notre foi commune en ce qui concerne le Saint Esprit (1988). Dans le même contexte, la question qui se pose alors ressemble à celle qui se posait en 1952. Comment gérer notre diversité théologique et spirituelle, entre charismatiques et non charismatiques ?

• Enfin, c’est en 2000 que nous avons voté le dernier de ces textes sur le ministère pastoral. Là encore, la question est celle de la bonne gestion de notre diversité. Comment, si nous voulons éviter de nous éloigner les uns des autres, “réguler” notre vivre ensemble, donner à nos Églises les règles du jeu fédératif qui préserveront notre liberté et notre communion ? 

Il me semble que tous ces textes répondent en fait à trois grandes questions qui sont toujours pertinentes. Je voudrais les aborder en reprenant ces trois points. Voici comment nous pourrions les formuler :

• Comment bien vivre notre diversité spirituelle et théologique ?

• Comment vivre notre situation dans le protestantisme français et quelle est notre conception de l’unité ?

• Comment vivre notre unité et notre communion internes ?

Nous pouvons remarquer au passage que ces questions touchent à ce qui fait la spécificité de notre Fédération, ce qui en fait également et la richesse et sans doute la fragilité : l’accueil, assez unique de la diversité des sensibilités autour d’une même foi fondamentale et l’ouverture au protestantisme avec des relations larges et libres que ce soit avec les autres Églises évangéliques, notre participation à la Fédération Protestante de France ou nos relations œcuméniques. Enfin, et c’est le troisième point, comment vivre tout cela sans perdre notre propre identité et sans diluer à l’extrême les liens de notre communion ?

...

...

(1)- FEDERATION DES EGLISES EVANGELIQUES BAPTISTES DE FRANCE, Coutumier, Textes fondamentaux, textes du Congrès, publié par la FEEBF, septembre 1999. Vous pouvez télécharger ces documents sur son site : http://www.feebf.com

Vous aimerez aussi

Dans son premier article, Richard Morris parle des guérisseurs qui agissent...
Nous vivons dans l’ère numérique. Internet est devenu si présent, un outil...
Certains articles de cette livraison des Cahiers demanderont au lecteur un...
La déclaration de Riga a été rédigée par les membres du conseil de la...

Commentaires

Ajouter un commentaire

OK
Chargement en cours ...