Le pasteur comme accompagnant

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Le pasteur, berger, est appelé à prendre soin des membres de son Église pour les aider à vivre concrètement l’Évangile. Comment peut-il prendre en charge le suivi de toutes les personnes, non seulement de celles qui ont de grosses difficultés et qui font appel à lui, mais également de celles qui ont le désir de croître spirituellement ? Est-il possible, et même souhaitable, qu’il assume seul ce ministère ? Comment peut-il se former et organiser la formation des personnes qui peuvent s’engager avec lui dans ce service de l’Église ?

 

Le pasteur comme accompagnant

Cet article propose une stratégie pour la mise en pratique de l’accompagnement pastoral dans l’Église locale. Le pasteur n'est pas qu'un enseignant : il a un rôle très important à jouer dans l'accompagnement des ministères, le suivi pastoral mais aussi le « travail d'équipe ». Le rôle joué par les groupes de maison, la mise en place d’un groupe de visiteurs, la formation d’une équipe pastorale, la mise en œuvre des ministères spécialisés font partie de ses prérogatives...

Le pasteur est censé s’occuper de ses brebis… Il y a là plusieurs ambiguïtés de sa position que je voudrais aborder dans un premier temps.
Ensuite, dans un second temps, nous verrons les conditions d’exercice de ce ministère de berger : ses limites et son potentiel.
Dans un troisième et dernier temps, nous verrons l’importance du rôle du pasteur dans le développement des ministères…

1. Les ambigüités de la position de berger

Écoutons d’abord ce que dit le Bon Berger sur la position d’un berger dans une communauté :

« Je suis le bon berger : le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis. Le mercenaire, qui n’est pas vraiment un berger et à qui les brebis n’appartiennent pas, voit-il venir le loup, il abandonne les brebis et prend la fuite ; et le loup s’en empare et les disperse. C’est qu’il est mercenaire et que peu lui importent les brebis.
Je suis le bon berger, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît et que je connais mon Père ; et je me dessaisis de ma vie pour les brebis. J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos et celles-là aussi, il faut que je les mène ; elles écouteront ma voix et il y aura un seul troupeau et un seul berger.
Le Père m’aime parce que je me dessaisis de ma vie pour la reprendre ensuite. Personne ne me l’enlève mais je m’en dessaisis de moi-même ; j’ai le pouvoir de m’en dessaisir et j’ai le pouvoir de la reprendre : tel est le commandement que j’ai reçu de mon Père » (Jn 10.11-18).

Une autre parole de notre Seigneur porte également sur la position d’un berger :
« Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups » (Mt 10).

La question du positionnement me paraît essentielle dans le ministère pastoral. Trois choses sont sûres et certaines. D’abord, le pasteur, tout comme Jésus, doit avoir un positionnement solide en termes d’identité pour compenser un positionnement statutaire fragile. Jésus sait qui il est et il sait que ses brebis savent qui il est !

Ensuite, autour d’un berger, il y a des brebis d’un côté et des loups et des mercenaires de l’autre. Comment les distingue-t-on ? On reconnaît un ministère pastoral à ses fruits et non à son statut : soit les brebis font preuve de confiance, soit elles se dispersent !
Enfin, nous ne sommes pas LE « pasteur » : c’est Jésus-Christ. Mais nous ne sommes pas non plus les brebis ! Existons-nous ? Oui ! Dans la délégation que nous donne Jésus-Christ. Nous sommes donc des « pasteurs délégués », envoyés par le Christ auprès des personnes dont il nous a confié la responsabilité mais dont il reste le garant : les brebis nous font confiance si nous laissons la présence du Christ nous traverser.

1. Des difficultés de « mercenaire »

Nous sommes formés comme « enseignants » de la Bible. Nous ne sommes formés ni sur le plan psychologique ni sur le plan sociologique. Et pourtant notre pratique du ministère nous conduit fatalement sur ces dimensions :

• Comment gérer l’intimité d’un entretien pastoral ?
Nous devons être conscients de plusieurs écueils à éviter : les transferts, les plaintes qui sont des appels ; les engagements qui sont des prises de pouvoir, les enjeux personnels dans le contexte de l’Église.

• Comment gérer une équipe, un groupe ?
Les pasteurs, en général, n’ont aucune formation dans le domaine des « dynamiques de groupe », les phénomènes de bouc émissaire, l’analyse transactionnelle. Et pourtant, ces dynamiques apparaissent dès la création d’une équipe de travail…

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