Prendre courage

Extrait
Note : 40
( 1 vote )

Dans le précédent numéro des Cahiers, nous avons publié deux articles sur l’encouragement qui avaient d’abord été des interventions au Congrès 2001 de la FEEB. Voici le troisième, qui est écrit par Michel Charles, président de cette Fédération.

Prendre courage

PRENDRE COURAGE : UNE RESPONSABILITÉ POUR CHACUN ET UN APPEL ADRESSÉ A TOUS

J’aimerais, en préambule, insister sur un mot, et donner une ligne directrice.

Le mot est l’espérance, « l’espérance malgré tout, entre la présomption et le désespoir », comme le dit si bien Rémy Hebding dans son récent livre intitulé, précisément, « L’espérance malgré tout ». Cet ouvrage balaie une multitude de références (entre autres Moltmann), et analyse la profonde difficulté du vécu de l’espérance chrétienne dans notre société post-moderne, mais aussi son importance essentielle. Nous avons là un bouclage intéressant sur l’introduction et la deuxième thèse de l’étude d’Hubert Goudineau consacrée au thème de l’encouragement.

La ligne directrice de mon propos, à la différence et, j’espère, en complément de l’étude d’Hubert Goudineau déjà citée et de celle de Louis Schweitzer, ne sera pas théologique, mais se voudra plutôt exhortative, dans le sens de l’énoncé d’une responsabilité et d’un appel à y donner suite.

Introduction

 « … Soyez des hommes, fortifiez-vous … » (1ère lettre de Paul aux Corinthiens, chap. 16, verset 13)

Après avoir vu, dans le rapport du Président à ce Congrès, l’aspect « Soyez des hommes », nous allons maintenant nous intéresser à l’appel « Fortifiez-vous … »

Avoir du courage et être fort, c’est aussi une affaire d’attitude personnelle. Il y a dans la Bible tout une ligne d’invitation à se prendre en charge, à prendre courage au sens actif, sur la base d’un encouragement qui, certes, vient de Dieu et des autres (voir les études n° 1 et 2) mais qui laisse une grande place à la responsabilité de la personne concernée. Pour illustrer cela, nous pouvons penser à deux épisodes :

1. Il y a d’abord l’épisode d’Élie dans le 1er livre des Rois. Élie, après avoir triomphé des prophètes de Baal en manifestant la gloire de Dieu, se retrouve complètement abattu, démoralisé par la menace de Jézabel. Et il fuit. Et on assiste, de la part de Dieu, à une entreprise admirable de reconstruction, où la restauration d’Élie se fait sur un registre à la fois physique et mental, et dans une douceur impressionnante (c’est le fameux « murmure doux et léger… »), avec, en final, notons-le tout de même, l’envoi vers une nouvelle mission.

2. Il y a aussi l’épisode du 6ème chapitre de l’Évangile selon Jean. Une foule de gens retrouve Jésus après le miracle de la multiplication des pains et des poissons. Loin de chercher à leur plaire et à les retenir, Jésus les prend assez rudement à parti en leur reprochant avec vigueur la motivation très intéressée qui les anime, alors qu’il est lui, Jésus, le pain vivant envoyé du ciel par le Père. Et c’est le fameux passage où il déclare la nécessité de manger sa chair et de boire son sang pour avoir la vie éternelle. Plusieurs de ses disciples partent, plutôt refroidis, on pourrait dire découragés, par la rudesse et la difficulté du message. Et que fait Jésus avec ceux qui restent ? On pourrait penser qu’il va chercher à atténuer l’effet de ses paroles, à adoucir le message, ou en tout cas à expliquer ce qu’il a voulu dire. Au lieu de cela, cette simple question, posée aux douze : « Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? ». On a une attitude rude, forte, adulte, où Jésus place chacun en face de son choix.

Soyez des hommes, pas des gens abattus ou déroutés, soyez des hommes et des femmes qui savent ce qu’ils veulent, qui peuvent, certes, temporairement, se trouver atteints par les circonstances, mais qui, recevant le secours de Dieu et/ou des autres, repartent.

Facile à dire, pas aussi simple à vivre quand on est « au bout du rouleau ». Alors ?

Alors nous allons voir ensemble ce que l’on peut recevoir comme indications pour vivre cette exhortation : « Fortifiez-vous ». Quelle est notre responsabilité, comment maintenir le cap au travers des fatigues et des joies du service, comment intégrer nos échecs apparents dans la dynamique de notre vie avec le Christ ? Cap, dynamique, il s’agit bien de cela : nous sommes appelés à un service qui nous met en mouvement, et « responsabilité » signifie avant tout réponse à cet appel.

Je vous propose de prendre comme fil directeur de notre réflexion un exemple biblique fort : l’appel au service d’un personnage bien connu, Moïse. Le passage correspondant, intitulé dans la Bible « Segond » « le buisson ardent », est particulièrement intéressant parce qu’il met en lumière des étapes importantes de notre service, et parce qu’une défaillance à l’une de ces étapes peut donner lieu à découragement. Nous adopterons donc une démarche à la fois préventive et curative, en méditant sur la personne de notre Dieu et sur notre relation avec Lui.

Le passage en question se situe dans le Livre de l’Exode et va du début du chapitre 3, au verset 17 du chapitre 4. Le cœur en est le verset 10 du chapitre 3 où Dieu confie à Moïse sa mission :

 « Va, … fais sortir d’Égypte mon peuple, … » [Ex 3.10]

Mais bien des choses se passent avant et après l’énoncé de cette mission, et nous allons distinguer dans le dialogue entre Moïse et Dieu quatre étapes, dont chacune laisse apparaître Dieu sous un angle très particulier. C’est ainsi que nous allons voir successivement :

1. Un Dieu merveilleux

2. Un Dieu déroutant

3. Un Dieu motivant

4. Un Dieu incontournable

...

...

Vous aimerez aussi

Lors d'une session de l'École Pastorale sur l'accompagnement spirituel, sœur...
Un élément clé dans le ministère pastoral en général, et dans...
Autrefois universellement pratiquée, la visite est aujourd’hui, dans bien des...
Aborder l’accompagnement pastoral de l’homosexualité pour l’Église est...

Commentaires

Ajouter un commentaire

OK
Chargement en cours ...