Ressources bibliographiques CEP/HS12

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Ressources bibliographiques CEP/HS12

Brian Chapell, Prêcher. L’art et la manière, Charols, Excelsis, 478 pages, 28 €.

Ce livre (traduit de l’américain) est un manuel de prédication très complet, de la plume d’un prédicateur et enseignant expérimenté. L’ouvrage est long, ce qui peut faire peur au départ ; mais il n’est pas forcément destiné à être lu d’un trait ; et on peut aussi le consulter par chapitres et sections, car la table des matières est très détaillée. L’auteur se situe dans la ligne de ceux qui pensent que la prédication est fondamentalement liée au texte biblique lu par le prédicateur ; il cherche à promouvoir une prédication christocentrique et marquée par la grâce divine. En plus des aspects théologiques de son ouvrage, il évoque divers aspects techniques : le plan, l’introduction, la conclusion, les illustrations, et même la tenue du prédicateur…

L’approche est classique : on y apprend comment construire une prédication claire, bien structurée, correctement illustrée, en plusieurs points. L’auteur souligne la nécessaire logique d’ensemble, le mouvement qui conduit au message à communiquer. On ne lira pas ce livre pour y chercher de l’originalité, mais pour faire le tour de toutes les questions qui se posent au prédicateur. Il peut constituer un excellent point de départ pour un prédicateur débutant mais motivé ; ou permettre au prédicateur déjà expérimenté de vérifier ses bases, de ramener sa prédication « dans les clous » du texte biblique, de s’arracher à la tendance moralisante qui peut vite gagner le discours chrétien.

Fred Craddock, Prêcher, Genève, Labor et Fides, 1991.

Le livre de Craddock a ouvert les yeux à de nombreux prédicateurs : publié (traduit de l’américain) à une époque où les livres d’homilétique se faisaient rares sur les étagères des librairies, ce manuel, rédigé par un spécialiste fiable et constructif, pose les bases des différents aspects de la prédication. Malheureusement, l’ouvrage est aujourd’hui épuisé en librairie. Mais il a été suivi de nombreux autres, à présents disponibles.

Raphaël Picon (sous dir.), L’art de prêcher, Lyon, Olivétan, 2008, 190 p., 18 €.

Un livre très récent, collectif, rédigé en français par une équipe de pasteurs et enseignants luthériens et réformés. Très accessible, le livre a l’avantage de la diversité et l’inconvénient de l’« incohérence » (seulement très partielle) qu’elle génère parfois. Il arrive que les différents chapitres se recoupent et que les différents articles de ce collectif soient d’un intérêt inégal. Néanmoins, beaucoup de réflexions sont stimulantes et font réfléchir. Les auteurs se situent clairement et explicitement dans une ligne selon laquelle la Bible « n’est pas la Parole de Dieu » (formule répétée plusieurs fois), ce qui fait que l’autorité de la parole prêchée (également affirmée) est difficile à situer pour le lecteur évangélique. On y trouve régulièrement de belles citations qui stimulent la réflexion (par exemple Luther : « La simplicité est le grand art du prédicateur »).

On ne conseillera pas l’ouvrage au prédicateur débutant, à cause des questions théologiques qu’il soulève et qui ne sont pas nécessairement prioritaires dans l’apprentissage du prédicateur évangélique, mais aussi parce que le parcours que construit la diversité des auteurs n’est pas suffisamment linéaire. Mais un prédicateur plus expérimenté y trouvera matière à réflexion sur sa propre pratique.

Thomas Long, Pratiques de la prédication. Positionnements, élaborations, expériences, Genève, Labor et Fides, 2009, 307 pages, 28 €.

Pour ceux qui ont acquis les fondements de la prédication, ce livre (traduit de l’américain), dernier arrivé de la liste, permet de prendre du recul sur sa pratique, de réfléchir à la méthode utilisée, et en particulier à la forme homilétique employée. L’auteur rend compte des tendances de l’homilétique américaine de ces dernières années. Le panorama qu’il dresse permet de se situer soi-même ou de prendre connaissance de l’existence de débats. L’auteur choisit pour ce qui le concerne le modèle du prédicateur-témoin, à distinguer du proclamateur ou du conteur, pour citer d’autres modèles. L’image, même si elle ne peut prétendre à l’exclusivité, est en effet riche de sens.

Thomas Long critique les approches homilétiques trop classiques (prédication en trois points, etc.), même si la démarche homilétique qu’il propose n’en s’en éloigne finalement pas trop. Pour bien apprécier ses critiques et pour en tirer profit, il semble préférable d’avoir soi-même acquis les éléments classiques de la prédication, car à vouloir prendre ses distances par rapport à une méthode que l’on ne maîtrise pas, on risquerait vite de se perdre… Ses réflexions sur la forme de la prédication sont tout particulièrement instructives et stimulantes. On appréciera aussi sa façon de décrire la démarche complète de préparation d’une prédication, et les exemples qu’il donne. Enfin, les questions qu’il se pose sur le passage de l’étude du texte biblique à la formulation du sermon sont très utiles.

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