L'utilisation des dons spirituels dans la vie du croyant

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Chacun sait qu'être ouvert à la pratique des dons nécessite de la sagesse. Les chemins de bien des problèmes sont pavés des meilleures intentions. André Wilkinson, pasteur à Lens, a une longue expérience de l'exercice de certains dons et ministères. Dans les lignes qui suivent, et qui seront utiles à tous, il nous fait part, avec simplicité et humour, de conseils très concrets qui peuvent éviter bien des erreurs.

L'utilisation des dons spirituels dans la vie du croyant

Il est important de savoir que nous avons la possibilité de nos jours de lire la Bible pour nous mêmes ; nous oublions souvent que les croyants du N.T. n'avaient pas cet avantage. Nous avons même pris l'habitude d'interpréter la Parole selon la compréhension que nous en avons. Cela nous mène sur un terrain difficile, celui de la question des dons de l'Esprit et de leur utilisation, voire de leur expression dans la vie du croyant et dans l'assemblée de l'église. Jésus, en parlant de son rôle à l'égard des croyants, dit en Jean 10 que les brebis connaissent la voix du berger, et ceci concerne un progrès dans la vie. Il insiste plus loin (v.16 b), "elles entendront ma voix et il y aura un seul troupeau et un seul berger".

Paul, lorsqu'il parle du don de parler en langues, dit que le croyant s'édifie lui-même. Il est possible de s'exhorter et de s'édifier par l'expression des dons. Il dit également que celui qui prophétise édifie l'église. Il y a donc une dimension individuelle ou communautaire dans l'expression de la vie d'un chrétien.

Nous savons que les dons sont accordés dès le commencement "pour l'utilité commune". Il est nécessaire de dire qu'il n'y a pas de corrélation entre ce qui est fruit de l'Esprit et les dons du même Esprit. Le fait d'exercer un don n'est pas un signe de maturité ou d'une vie sanctifiée. Nous avons néanmoins besoin d'accueillir l'expression des dons spirituels dans la vie du croyant et dans la vie de la communauté. Les passages dans la Bible qui encouragent l'utilisation des dons sont plus nombreux que ceux qui incitent le croyant à avoir un culte personnel. Cela ne doit pas nous empêcher d'avoir et d'encourager les autres à avoir un tel temps de culte personnel...

La prophétie comporte deux dimensions :
1) La proclamation, qui ne nous pose pas trop de problèmes (sauf quand celui qui veut faire cette proclamation dépasse le temps convenu).
2) La prédiction, qui est plus difficile à gérer.

Combien de livres avons-nous lus sur le retour imminent de notre Sauveur et il n'est cependant pas encore venu ? Combien avons-nous entendu de proclamations sur le réveil qui va venir (futur proche) et nous l'attendons encore ?

Cela donne malheureusement une mauvaise image de la prophétie. À cause de choses entendues, certains se détournent de tel prédicateur ou rejettent telle église. Pour prendre un exemple, ce ne sont pas les excès de table des autres qui m'empêchent de manger. Mais nous pouvons plutôt apprendre à devenir sensibles aux dangers pour notre foi(e) !

La communication et la gestion

Il s'agit des dimensions qui posent sans doute le plus de problèmes.

Lorsque l'on considère la prophétie, il y a souvent quatre personnes qui sont impliquées :
1) Dieu, qui a le désir de dire des choses pour diriger son peuple comme dans les temps de l'Ancien et du Nouveau Testaments. Si nous sommes persuadés que Dieu n'a rien à dire sur la vie d'aujourd'hui, il n'est pas nécessaire de lui demander de changer les situations dans la vie des gens. Il est cependant difficile de concevoir un Dieu qui n'est que spectateur de la vie quotidienne. Les exemples d'Agabus dans les Actes (11 et 21) nous montrent que Dieu parle par la bouche des hommes et pas uniquement par révélation directe comme pour Saul de Tarse.

2) Une personne qui reçoit une pensée de Dieu pour quelqu'un. Le plus souvent, c'est une révélation pour elle-même. C'est le cas du pasteur ou du prédicateur qui vient à Dieu pour lui demander sa pensée pour la communauté à laquelle il doit adresser sa prédication ! Il est important de garder à l'esprit 1 Timothée 2.5 : "Car il y a un seul Dieu et aussi un seul médiateur entre Dieu, et les hommes, le Christ Jésus homme". En même temps, nous avons besoin des autres pour nous aider dans notre vie avec Dieu et il serait dangereux de dire que l'on n'entend que ce que Dieu nous dit directement. Nous savons que, même si un homme dirige bien sa propre maison, il y a des moments (sans doute exceptionnels) où son épouse ou même un de ses enfants peuvent lui apporter un conseil qui l'aide dans le gouvernement de sa maison...

3) La personne à qui la pensée est destinée, à qui elle s'adresse. Comme nous l'avons dit plus haut, il peut s'agir de la personne même qui la reçoit ! II est important de prendre le temps de discerner les choses.

4) La personne qui est le témoin des choses partagées car dans la plupart des cas, il est imprudent de recevoir ou de donner ainsi une pensée "en privé".

Dieu s'intéresse à la vie de ses enfants, pas uniquement pour leur communiquer la saine doctrine mais aussi pour les diriger dans leurs choix comme lors des épreuves que le disciple rencontrera.

Le croyant qui aspire à être un canal du don

Quel que soit le service auquel Dieu nous destine, nous avons le devoir de nous imprégner de Sa Parole. Rien ne peut remplacer cela. Toute parole prophétique qui donne une direction contraire à celle de la Bible doit être remise en question. Pour cela il n'est pas nécessaire de beaucoup de discernement. Mais, dans d'autres cas, le don de discernement est nécessaire, autrement nous n'aurions pas souvent besoin de ce don.

Il est important d'aspirer à être utilisé par Dieu dans ces dimensions, sinon nous pourrions ressembler à Caïphe lorsqu'il prononçait ces mots, "II est avantageux pour vous qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation entière ne périsse pas ; or il ne dit pas cela de lui-même mais étant souverain sacrificateur cette année-là il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation." (Jn 11.50-51).

Si nous aspirons aux dons spirituels, nous suivons le désir de l'apôtre (1 Co 12.31 ; 14.1).
"Recherchez l'amour" : je dois vouloir exprimer l'amour. Il n'est jamais dit dans la Bible de se laisser aimer par les autres mais plutôt de les aimer. Ainsi lorsque Paul nous dit, dans le même passage, d'aspirer aux dons spirituels, il ne veut pas dire "pour que les autres les reçoivent", mais il souligne que nous devons aspirer à les utiliser pour le bien des autres. Paul va plus loin en disant que nous devons surtout aspirer à celui de prophétie.

Le fait d'aspirer à un don spirituel ne peut pas remplacer une relation profonde avec Dieu. Il est important de voir que ceux qui ont cette intimité avec Dieu sont ceux qui sont utilisés le plus souvent pour être ses messagers. Car l'exercice d'un don n'est pas simplement la transmission d'un message. Nombreux sont les prédicateurs qui savent que ce qui est dit peut être annulé pour les auditeurs par le cœur de celui qui parle. La relation avec Dieu n'est pas un monologue mais un dialogue entre un Père et son enfant ; un maître et son disciple. Nous pouvons lui parler mais il veut aussi nous parler et nous faire connaître ce qu'il pense. Nous assistons même, durant la vie terrestre de Jésus, à trois moments au moins où le Père parle du ciel d'une voix audible. Vous connaissez la publicité qui vantait une radio "le monde appartient à celui qui l'écoute". Nous aussi devons être à l'écoute de Dieu. Jérémie parle du ministère des prophètes qui "s'ils avaient assisté à mon conseil, auraient dû faire entendre mes paroles à mon peuple et les faire revenir de leurs mauvaises voies" (Jr 23. 22). Même si notre sujet n'est pas le ministère du prophète, nous voyons que, déjà sous l'ancienne alliance, l'homme pouvait assister au conseil de Dieu.

Dans la question du don, la clé c'est la communication. Nous ne devons pas simplement transmettre des informations. Il existe un monde entre communiquer et informer. Nous avons aujourd'hui beaucoup d'informations dans le monde, et même plusieurs radios entièrement consacrées à la diffusion d'informations. Mais cela ne supprime pas la solitude pour beaucoup de personnes car on communique de moins en moins, y compris dans certaines familles. Nous devons être sensibles aux autres car, si nous voulons communiquer quelque chose, nous devons nous mettre à leur portée. Nous ne parlons pas à un enfant de la même manière qu'à un adulte. Nous devons savoir si ces personnes peuvent comprendre ; par exemple parlent-elles la même langue que moi ? Il n'est ainsi pas utile de donner un Nouveau Testament grec à un homme de la rue sans lui avoir demandé s'il a déjà étudié le grec. Il est important de voir si la personne est dans une condition telle qu'elle puisse recevoir ce que nous voulons lui communiquer. Si vous rencontrez un homme ivre dans la rue, il n'est pas sûr qu'il va vous écouter pour apprendre à connaître le Seigneur Jésus.

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Commentaires

Administrateur des C.e.p.
15 octobre 2014, à 17:54
Bonjour cher frère,

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