Comment trouver la liberté : la méthode vérité

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Comment trouver la liberté : la méthode vérité

Chacun de nous rencontre tôt ou tard des problèmes : relations, famille, santé, vie spirituelle... Lorsqu’ils en recherchent  les causes, certains chrétiens semblent tout spiritualiser, estimant que tout le mal est la faute du diable, d’un esprit. En revanche, d’autres chrétiens rationalisent tout à l’extrême. L’idée que leur problème puisse avoir une cause spirituelle n’effleure même pas leur esprit. Aucune des deux positions n’est biblique.
Dans notre accompagnement pastoral, nous parlerons des problèmes spirituels, du diable et de l’effet que le péché peut avoir sur nous. Il faut en parler, mais juste assez pour que nous connaissions ses attaques et ses ruses, et que nous sachions le vaincre. En tout temps, nous recherchons un équilibre biblique.

Quelques fondements

Avant d’entrer dans le sujet de la délivrance, il est nécessaire de poser quelques fondements. Ceux-ci seront très utiles dans notre discussion et surtout lorsque nous cherchons à aider des chrétiens à résoudre leurs problèmes spirituels, quelles que soient les méthodes que nous utilisons.

1)    L’ennemi n’est pas responsable de tous nos problèmes, car nous vivons dans un monde de péché.

Si j’insiste dès le début sur ce point, c’est qu’il y a un réel danger à spiritualiser nos problèmes et les épreuves que nous pouvons traverser. Il arrive à certaines personnes de diminuer la responsabilité humaine ou l’œuvre de la chair en accusant un démon ou « un esprit de ceci ou de cela » d’être la cause de tous leurs problèmes (ou presque). Pourtant, la Bible ne dit pas que le diable et les démons sont la cause de tous nos problèmes.
En voici un exemple : le fait de vous mettre en colère ne veut pas dire que vous avez obligatoirement, un esprit de colère dont vous devez être délivré. L’apôtre Paul écrit : « Si vous vous mettez en colère, ne péchez pas ; que le soleil ne se couche pas sur votre irritation ; ne donnez pas accès au diable » (Éphésiens 4.26-27). Paul ne dit pas que le diable ou le démon est dans la colère, ni que la colère ici est un démon. La colère est une réaction à une situation. Le texte dit que l’activité démoniaque peut venir après, à cause d’une colère non résolue. Ne confondons donc pas « émotion » et « démon ». Les démons peuvent agir sur nos émotions ou les influencer, mais nous ne devons pas occulter ou nier cet aspect de l’être humain que sont nos émotions.

2)    Tout être vivant dans le ciel ou sur la terre est soumis à l’autorité de Jésus-Christ.

Tout effort de notre part de résister à nos ennemis en comptant sur notre force ou notre bonne volonté seules est voué à l’échec car ce n’est pas nous qui les avons vaincus. Nos efforts et notre bonne volonté ne sont pas des armes spirituelles. Dans le combat spirituel, il faut compter avant tout sur la victoire de Jésus et sur son autorité.

3)    Le sang de Jésus nous délivre du pouvoir de Satan, nous purifie de nos péchés et nous protège contre les forces du mal.

Le sang est une puissance qui nous délivre de l’ennemi. Par le sang, Dieu nous couvre de son pardon. Le sang de l’alliance rompt et rend inefficace une fois pour toutes, toute autre alliance. Par sa mort et sa résurrection, le Christ a vaincu Satan. Son sang, c'est-à-dire le don de sa vie en sacrifice, nous procure le pardon de tout péché, et cela nous donne la liberté et la victoire.

4)    La conversion ne met pas fin, de façon automatique, à tous nos problèmes.

Une porte déjà ouverte avant la conversion pourrait suivre la personne dans sa vie nouvelle. Nos péchés sont comme des portes ouvertes qui donnent à Satan une opportunité d’avoir une mauvaise influence sur notre vie. Malheureusement, au moment de la conversion, nous n’avons pas forcément renoncé à tous nos péchés (passés et présents). Après la conversion, nous ne le faisons pas toujours non plus. Ce qui veut dire que des problèmes spirituels peuvent continuer à influencer la vie du nouveau chrétien, et que plus tard, de nouveaux problèmes peuvent se manifester. À un moment ou un autre, une d’aide sera nécessaire ; mais quel type d’aide ? Pour être délivré ou pour être libéré ?

Délivrance

Dans nos communautés, le mot « délivrance » est chargé de sens. Mais le sens qu’on donne au mot varie selon les communautés ! Il arrive que des chrétiens prennent contact avec nous en vue d’une délivrance. Ils ont un problème et la solution, selon eux, est une délivrance. Mais de quoi ont-ils besoin d’être délivrés ? Et y a-t-il vraiment un démon à chasser ? Je suis entièrement d’accord avec Peter Horrobin d’Ellel Ministries lorsqu’il dit :

Juste un mot d’avertissement – le ministère de délivrance ne doit jamais être considéré comme une solution de substitution à une saine marche avec le Seigneur, en obéissant à ses commandements et en traitant les problèmes liés à la chair(1).

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il me semble utile de différencier la délivrance en tant que réalité spirituelle de la délivrance en tant qu’intervention qui vise à mettre fin à un problème spirituel. En tant que réalité spirituelle, la délivrance est un état spirituel où l’ennemi n’a plus de prise ou d’ascendant sur le chrétien. Maurice Ray situe la délivrance dans le cadre du rétablissement de l’autorité du Seigneur dans la vie d’une personne :

L’activité satanique vient à l’encontre de l’amour de Dieu pour ce monde et doit être dénoncée et combattue. Le ministère de la délivrance s’inscrit dans cette perspective. Il est un rétablissement de l’autorité et des droits du Seigneur sur toute chair, et non pas seulement un affrontement constant avec l’Ennemi(2).

Au sujet de la délivrance en tant qu’intervention, j’aime cette image de la délivrance de Marie-Madeleine telle que Charles Spurgeon la dépeint. Ses paroles soulignent bien l’état de la personne attaquée, l’impuissance humaine pour secourir et donc le besoin d’une intervention divine :

Marie-Madeleine était la victime d’un mal terrible. Elle n’était pas possédée par un seul démon mais par sept. Ces horribles résidents infligeaient beaucoup de souffrance et de pollution à ce pauvre corps où ils avaient trouvé demeure. Son cas était sans espoir, horrible. Elle ne pouvait rien faire elle-même pour améliorer son état, aucun être humain ne pouvait lui venir en aide. Mais Jésus est passé par là, et sans qu’on le lui demande, et sans doute malgré la résistance du démon, il a énoncé une parole de puissance, et Marie-Madeleine est devenue un trophée de la puissance guérissante de Jésus. Les sept démons l’ont quittée, partis pour ne jamais revenir, éjectés avec force par le Seigneur de toute vie. Quelle délivrance bénie ! Quel changement heureux ! Elle est passée du délire à la joie, du désespoir à la paix, de l’enfer au paradis !(3)

Chaque fois que j’ai été amené à faire une délivrance, j’ai toujours mis l’accent sur une seule chose : la liberté ! C’est ça notre but, la transformation d’une vie.

Libération

Jésus a dit : « vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres » (Jean 8.32). Mais de quelle liberté s’agit-il ? Voici une définition de la liberté très appropriée pour notre discussion :
La liberté, pour moi, ne consiste pas à faire ce qu’on l’on veut. Cela, tout le monde le peut, et quantité de gens le font. La liberté, c’est « avoir le pouvoir de faire ce que l’on sait devoir faire ». La plupart des gens savent ce qu’ils devraient faire, mais ils n’en ont pas le pouvoir. Ils sont esclaves. »(4)

Selon une note en bas de page de l’éditeur de l’Institution Chrétienne de Jean Calvin, Calvin : « …considère comme Luther que « toute la somme de la vie chrétienne y est contenue, si l’on en comprend le sens ». La liberté chrétienne n’est pas la liberté au sens métaphysique, la liberté de choisir et de poser un commencement nouveau. C’est plus exactement la libération des autorités extérieures qui veulent asservir l’âme, l’affranchissement des tyrannies spirituelles et des contraintes religieuses.(5)

Cette liberté devient la nôtre dès que nous mettons notre foi en Jésus pour le pardon de nos péchés : nous ne sommes plus esclaves du péché, ni du diable. Mais la conversion n’est que le début de la vie spirituelle. Quand les gens viennent au Seigneur, ils peuvent venir avec un bagage. À cause du bagage, ils peuvent avoir des difficultés à marcher avec le Seigneur, à grandir vers la maturité spirituelle, et à s’engager pleinement dans le service pour le Royaume de Dieu. Dans quelques cas, la marche avec le Seigneur et l’obéissance sembleront très difficiles, voire impossibles. En tant que pasteur ou responsable, on pourrait penser qu’« un tel ne veut rien faire, qu’il n’a pas envie de s’engager ». Mais peut-être que le problème ne se situe pas au niveau de la volonté mais de la liberté (ou plutôt son absence).

Dans de nombreuses situations, donner des conseils tels que « vous devez lire plus souvent la Bible », ou « vous devez prier davantage » ne serviront à rien. S’ils le pouvaient, ils le feraient ! Ce n’est qu’en confessant les péchés et en renonçant à toute influence ou œuvre de l’ennemi qui sont à la racine de ces problèmes, qu’ils trouveront une liberté d’action et de vie. Certes, il y a une question de volonté personnelle dans l’engagement de devenir disciple de Jésus. Mais que faire quand la personne ne peut pas s’engager, ou quand quelque chose entrave ou bloque son développement spirituel ?

Derrière tout acte de confession se trouve la vérité. D’un côté, la vérité concernant notre état, nos actes et notre repentance. De l’autre côté, la vérité de Dieu concernant son pardon, sa grâce, son œuvre à notre égard et la nouvelle identité qu’il nous donne. Cette vérité est puissante pour nous libérer du péché, briser les liens, démasquer les mensonges et rendre l’ennemi impuissant. Par la proclamation de ce qui est vrai, le croyant prend position contre le mal et les ouvriers du malin. Ainsi peut-il mettre fin à leur influence dans sa vie et chasser tout esprit mauvais qui agit en lui ou autour de lui.

Huit raisons en faveur de la méthode « vérité »

Dans un chapitre précédent, plusieurs méthodes de délivrance ont été relevées. Je peux donc me limiter à mentionner celle que j’utilise le plus souvent dans les entretiens que je fais : la méthode vérité, aussi appelée truth encounter. Mais cela ne veut pas dire que je ne fais jamais d’exorcisme, car il peut m’arriver d’être confronté à une manifestation démoniaque qui ne peut être réglée que par une délivrance. Notre réponse – exorcisme ou démarche de confession et de repentance – sera déterminée par la situation devant nous, par sa gravité et en fonction de ce que la personne peut faire elle-même. Dans la grande majorité des cas, le fait de traiter et d’éliminer les causes d’une influence ou présence spirituelle mauvaise est suffisant pour amener le chrétien à la liberté. Voici donc les raisons qui m’amènent à faire un travail de libération :

1) La libération vient lorsque le croyant s’appuie sur la vérité de Jésus-Christ et sur la libération du péché que la croix nous offre.
2) Le personnage-clé n’est pas celui qui par la force de sa foi ou par ses dons « délivre » le chrétien opprimé, mais le Seigneur Jésus-Christ dont le sang versé à la croix nous libère du péché et de l’emprise du malin.
3) C’est une approche plus « soft », avec moins de confrontation dure ; c’est moins fatiguant, et on arrive au même résultat. Il y a moins de risque que l’accompagnateur ou la personne qu’on aide prenne des coups ou soit blessé.
4) La délivrance n’est pas la solution à tous les problèmes spirituels qu’un chrétien peut avoir. Pour de nombreux problèmes, une démarche de confession et de repentance, suivie d’une prise de position sur la victoire de Jésus est suffisante pour mettre fin à l’attaque ou pour résoudre le problème.
5) Cette approche nous permet d’accomplir un travail en profondeur, touchant ainsi les croyances et émotions cachées au fond du cœur.
6) Elle nous permet d’approfondir la relation entre le croyant et son Seigneur.
7) Cette approche considère le croyant comme responsable de sa vie : c’est lui qui doit se soumettre à Dieu, lui qui doit résister au diable ; lui qui doit rester pur.
8) Sachant qu’il a trouvé la liberté avec l’aide de Jésus et de l’Esprit, le croyant pourra lui-même résister davantage aux attaques de l’ennemi, en comptant sur le Seigneur et son autorité.

Notre approche

Voici ma définition de l’objectif de l’œuvre de délivrance et de libération : sa finalité est d’être libéré de toute entrave à la croissance spirituelle et de toute barrière à une relation intime avec Dieu, Jésus et le Saint-Esprit, afin de servir dans l’Église avec joie et amour.
Notre approche pour en arriver là est un mélange de méthodes : un peu de Neil Anderson (cf. son livre Le Libérateur), un peu d’ailleurs, un peu de nous-mêmes. Lors des entretiens, nous cherchons, avec la participation active de celui qui demande de l’aide, à :

  • Identifier les fausses croyances et les fausses attentes et les changer ;
  • Démasquer les mensonges et y renoncer ;
  • Confesser et renoncer aux péchés spécifiques, aux œuvres de l’ennemi ;
  • Pardonner à ceux qui nous ont offensé ;
  • Proclamer la vérité ;
  • Mettre en pratique un comportement biblique.


Avant, pendant ou après les entretiens, nous utilisons :

  • Un questionnaire que j’ai écrit et que la personne remplit avant la première rencontre. Le questionnaire aborde plusieurs aspects de la vie (famille, santé, passé spirituel, etc.) et nous permet de découvrir des domaines ou problèmes à traiter.
  • Les sept étapes proposées par Neil Anderson, que nous avons un peu modifiées ;
  • Plusieurs de mes enseignements sur des thèmes ciblés que la personne lira avant ou après un entretien ainsi qu’un livre d’étude que j’ai écrit également sur la première épître de Pierre qui aide le croyant à comprendre sa nouvelle identité spirituelle et à l’appliquer à sa vie ;
  • L’écoute, beaucoup de questions et de discussions, de l’expérience (notre propre passé familial et spirituel).


Nous n’avons pas besoin d’y aller par quatre chemins pour trouver la libération. Les moyens que Dieu nous donne pour nous défendre (et nous libérer) des attaques, sont clairement exposés dans la Bible. Quel que soit le niveau d’oppression spirituelle, il y a une solution biblique. La meilleure solution aux problèmes spirituels qu’un chrétien pourrait avoir est de prendre au sérieux les avertissements bibliques quant aux ruses et attaques de notre Adversaire, de mettre sa vie en règle avec le Seigneur, et de marcher dans l’obéissance à sa Parole et à sa volonté. C’est pour cette raison que je préfère utiliser la méthode « vérité » plutôt que la délivrance.
Voyons maintenant six grandes lignes d’une démarche qui vise non seulement la liberté du chrétien oppressé mais la formation, ou plutôt la « transformation » de la vie du disciple de Jésus-Christ.

1) Prêcher TOUT le conseil de Dieu

Il est important que notre enseignement apporte une réponse claire à ce que vivent les gens, à l’influence « anti-Dieu » de la société, aux diverses ruses et pièges du diable. L’objectif est d’amener les gens à un renouvellement de leur intelligence. Cela veut donc dire qu’aucun sujet n’est tabou : que ce soit le combat spirituel, le péché, l’occultisme si répandu dans la société, l’argent ou la sexualité.

2) Prendre en compte l’influence du passé

Quelle que soit la méthode utilisée dans l’accompagnement des chrétiens, il est essentiel de prendre en compte trois choses : l’être humain dans son ensemble, la sanctification et l’approfondissement de la relation avec Dieu. 1 Thessaloniciens 5.23 dit : « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers ; que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé sans reproche à l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ». Certains disent que ce verset révèle la nature tripartite de l’homme : esprit, âme et corps. J’aimerais plutôt insister sur un autre aspect du verset et de l’œuvre divine : Dieu veut sanctifier le chrétien dans tout ce qu’il est : un être spirituel, psychologique et physique. Puisque Dieu veut agir dans tous ces domaines-là, toute aide apportée aux chrétiens doit les prendre en compte. Elle doit considérer le fait que ces domaines peuvent influer les uns sur les autres. Il n’y a pas de barrières impénétrables entre eux. Par exemple, ce que vous vivez sur le plan relationnel peut avoir une influence positive ou négative sur l’image que vous avez de Dieu.

Il peut arriver que les racines d’un problème se trouvent dans le passé familial : pratique occulte, transmission de pouvoir occulte, alcoolisme, abus sexuel, ou autre. Quand un enfant est traité avec violence, cela laissera des traces, et pas uniquement sur son corps. C’est pourquoi nous demandons à ceux qui viennent nous voir de remplir un questionnaire personnel. Ce questionnaire nous donne un aperçu de son passé familial et spirituel. Dans les réponses, nous trouvons assez souvent des éléments qui nous aident dans les entretiens. Parfois, nous trouvons les causes du problème pour lequel la personne nous demande de l’aide.

3) Apprendre à lutter contre la tentation

Un chrétien doit apprendre à discerner quelles sont les différentes sources de tentation et comment y résister. Il incombe donc aux pasteurs de rendre les membres de leurs communautés attentifs aux différents moyens de tentation qui existent dans le monde : des idées chuchotées à notre oreille comme le diable l’a fait avec Ananias et Saphira ; les plaisirs du monde ou de la chair (par exemple, comment le monde nous incite à une sexualité sans limites, sans tabous où tout est permis) ; ce que nous voyons avec les yeux (à la télé, au cinéma ou sur Internet…) ou que nous convoitons dans le cœur, etc. Un domaine dont nous ne parlons pas assez, me semble-t-il, est celui de la pornographie sur Internet. Que regardons-nous lorsque personne ne nous regarde ? Avez-vous installé et activé un contrôle parental sur votre ordinateur pour protéger vos enfants et vous-même ?

Malheureusement, certains sujets sont tabous dans un certain nombre d’Églises ; par exemple, la sexualité et le combat spirituel. Pourtant, la Bible parle, et de la sexualité et du combat spirituel. Elle souligne la nécessité de rester pur et de veiller. Pour Dieu aucun sujet n’est tabou. Ne nous privons donc pas des instructions de Dieu dans un domaine particulier sous prétexte qu’il s’agit d’un sujet tabou ou « gênant ». C’est notre responsabilité d’apprendre afin de plaire à notre Seigneur et Sauveur.

Dans les domaines de la sexualité et du combat spirituel, un problème auquel tous les chrétiens doivent faire face est celui de la tentation. Une des solutions est d’enseigner aux croyants leur nouvelle identité en Christ et comment, par leur position « en Christ », ils peuvent dire non à la tentation. Le chrétien n’est plus contraint à pécher, s’il le fait, c’est son choix. Pour l’éviter, nous devons choisir la vérité et prendre position contre la tentation. C’est ce qu’Ève et Adam n’ont pas fait dans le jardin d’Éden. Mais c’est bien comme cela que Jésus a vaincu le tentateur dans le désert (Luc 4). Quant la tentation arrive, nous devons réagir tout de suite en la renvoyant à son expéditeur, comme s’il s’agissait d’un colis dont nous ne voulons pas et que nous réexpédions sans prendre le temps de l’ouvrir. On peut le comparer aussi à des appels téléphoniques non sollicités aux heures des repas. On raccroche tout de suite, sans donner le temps à celui qui appelle de terminer la première phrase de son offre commerciale.

Au moment de la tentation, le chrétien peut résister en disant « non ». Mais que faire s’il se sent trop faible, ou trop attiré par une tentation particulière ? La première chose à faire est de ne pas compter sur sa propre force. Par la prière, il peut soumettre tout ce qu’il entend ou pense à l’autorité de Jésus. Certains chrétiens trouvent utile de citer des versets bibliques, comme Jésus l’a fait dans le désert. C’est une bonne chose à faire, pourvu que nous n’accordions pas à ces textes une fonction et un pouvoir magiques. Il faut que ces versets expriment le désir de notre cœur, comme c’était le cas quand Jésus a cité la Parole pour résister à la tentation.

4) Détruire les blocages spirituels

Ceux qui ressentent des blocages spirituels n’ont pas besoin d’une délivrance ; ils ont besoin d’apprendre à combattre. Parfois, les gens peuvent être bloqués sans connaître la cause ou la source même du blocage. Je pensais plus à l'influence du blocage. En tout cas, l’apôtre Jacques a écrit : « Soumettez-vous à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous » (4.7). Il ne suffit pas d’enseigner ce verset ; il faut aussi enseigner comment se soumettre à Dieu, et dans quels domaines de la vie. Un moyen efficace pour nous de résister au diable est de nous soumettre à Dieu en confessant nos péchés et en demandant pardon. Poursuivre la sainteté est effectivement faire de la résistance contre le diable. Un blocage peut aussi exister à cause d’un manque de pardon. Pour le briser, il est nécessaire que le chrétien pardonne à ceux qui l’ont offensé, et qu’il demande pardon à ceux qu’il a offensés.

Confession et repentance

Il est décourageant de constater combien de chrétiens n’ont pas confessé leurs péchés. Pourtant, c’est une pratique biblique. Dans 1 Jean 1.9 nous lisons : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice ».

Lorsqu’un enfant de Dieu fait une démarche de confession et de repentance spécifique, Dieu lui accorde son pardon, et le sang de Jésus purifie son être de toute injustice. Au lieu de « toute injustice », certaines traductions parlent de « toute iniquité ». Ces termes revêtent deux sens : d’abord quantitatif – quelle que soit la quantité de péchés que nous ayons commis, Dieu nous les pardonnera pourvu que nous les confessions. Ensuite qualitatif – quel que soit le type de péché, tout peut être pardonné sauf le blasphème contre le Saint-Esprit (qui revient à rejeter Jésus comme Sauveur). Même un meurtrier comme le pharisien Saul a pu être pardonné, et par la suite Dieu lui a permis de devenir l’apôtre Paul.

Selon un certain nombre de chrétiens évangéliques, certains péchés ne peuvent pas être pardonnés, comme par exemple le meurtre ou l’avortement. Quand je rencontre cette opinion lors d’un enseignement ou d’un entretien, je demande toujours de relire 1 Jean 1.9 et de me dire si les mots « toute iniquité » veut dire 75 % des péchés, ou bien 85% des péchés, ou encore 100% des péchés. On ne peut répondre que « 100% », mais alors, on se trouve face à un décalage entre ce que le chrétien affirme à l’Église et ce qu’il croit véritablement dans son cœur. Timothy Warner appelle cela une « théologie fonctionnelle », c’est-à-dire des croyances cachées au fond du cœur qui déterminent largement le comportement du croyant.

L’espérance que tous nos péchés seront pardonnés est très importante. La puissance de Satan et toute influence qu’il aurait gagnée dans la vie d’un croyant, à cause de ses péchés, seront brisées au moment où il aura confessé ses péchés et reçu le pardon divin. C’est là où l’usage des sept étapes s’avère utile. Par une démarche de confession et de repentance à la fin de chaque étape, le croyant met de l’ordre dans sa vie spirituelle. Il est évident que trois facteurs auront une influence sur l’efficacité de ce travail : premièrement, le chrétien doit être honnête avec lui-même ; deuxièmement, il doit vouloir changer de vie en renonçant à tout péché ; troisièmement, il doit s’engager à poursuivre la sainteté.

La confession, c’est ce que nous admettons : « oui, Seigneur mon Dieu, c’est vrai que j’ai fait telle chose. Je te la confesse et je te demande de me pardonner ». La repentance, c’est simplement notre décision de ne plus faire ce qui est contraire à la volonté divine. Je voudrais insister sur un point : on peut toujours confesser un péché sans vouloir s’en repentir. Voici un exemple qui s’est reproduit plus d’une fois dans notre travail : un chrétien admet avoir trompé sa femme, mais il ne veut pas demander pardon au Seigneur, ni à sa femme. Devant un tel refus, nous sommes obligés de l’avertir quant aux risques qu’il encourt dans sa vie spirituelle et dans la relation avec sa femme. La confession sans la repentance, quel que soit le péché commis, n’amène pas le pardon. Il ne s’agit pas de lui « faire la morale », mais de l’avertir. Puisque « toute Écriture est utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice » (2 Tim. 3.16), nous lui montrons ce que dit Dieu dans sa Parole.

Renoncer et rejeter – un témoignage personnel

La confession et la repentance sont donc les premières armes de notre résistance contre les attaques de l’ennemi. Une deuxième arme à déployer est le renoncement aux pouvoirs occultes, en nous appuyant sur le sang de Jésus, le sacrifice de sa vie qui efface toute autre alliance et l’autorité qu’elle pourrait avoir.

J’ai déjà aidé un certain nombre de chrétiens qui, avant leur conversion, avaient des pouvoirs occultes. Ces pouvoirs ne partent pas toujours, de façon automatique, dès la conversion. Je le dis en connaissance de cause. Avant d’accepter Jésus, j’avais assez souvent des flashs de connaissance qui me permettaient de voir un endroit inconnu avant de m’y trouver. Plus tard, quand je me retrouvais dans cet endroit, il était exactement comme je l’avais vu. Il m’arrivait aussi de savoir à l’avance ce que j’allais dire à quelqu’un, parfois un ou deux mois plus tôt ! Au moment où je sentais monter ces mots, je pouvais même m’empêcher de les prononcer. À d’autres occasions, j’arrivais à savoir que dans un temps futur quelqu’un allait me dire telle ou telle parole. Et plus tard, cela se passait exactement comme je l’avais vu.

Bien des années après ma conversion, j’ai appris que ce « don » n’était en fait qu’une forme de divination. Une voyante m’a même dit que j’avais un incroyable don que je n’exploitais pas. Lorsque j’ai enfin appris que Dieu est contre la divination et contre la voyance, j’ai confessé ce « don », je l’ai soumis à l’autorité de Jésus, et l’ai rejeté. Depuis ce jour-là, plus de flashs, plus de mots venant à l’esprit. Le « don » ne fonctionnait plus.
Le fait que ce « don » ait cessé, prouve que la source n’en était pas Dieu, ni une capacité innée. Il en est de même pour les soi-disant dons de guérison des magnétiseurs, des radiesthésistes, et des coupeurs de feu qui guérissent les brûlures, etc.

À cet égard, certains chrétiens pensent que de tels dons, ou au moins certains d’entre eux, peuvent relever d’un « don créationnel », de quelque chose qui est dans l’être humain en tant que tel et qui n’est pas d’origine occulte. Tout en acceptant que nous ne savons pas tout (par exemple, pourquoi nous n’utilisons pas tout notre cerveau), je précise quand même que je n’ai jamais rencontré un tel don qui soit resté fonctionnel après que la personne concernée l’ait soumis au test de l’autorité de Jésus. Ce test est tout simple : on invoque à haute voix l’autorité de Jésus, son sang et sa victoire sur le corps et l’esprit de la personne, puis on ordonne à tout pouvoir dont la source n’est pas le vrai Dieu et qui n’est pas conforme à sa volonté pour la personne, de cesser désormais toute activité et de partir.

Peut-être un tel don existe-t-il, mais je reste très prudent tant que le contraire ne sera pas prouvé. Les véritables sources de ces faux dons peuvent être si bien cachées que nous croyons que leur source est juste « naturelle ». Par exemple, il y a, à ma connaissance, au moins huit explications différentes pour l’existence du don de sourcier et de son œuvre, mais elles se contredisent les unes les autres ! J’ai déjà aidé un certain nombre de chrétiens à renoncer à ce don après leur conversion. Une fois qu’ils y ont renoncé, ils ont perdu toute capacité à trouver de l’eau ou des objets cachés. Pourquoi ? Parce que le don du sourcier est en réalité une forme de divination, qui permet de « voir » quelque chose d’inconnu ou de caché, puis de le trouver.

Des emprises spirituelles ainsi que des pouvoirs occultes peuvent se transmettre au travers des générations : soit un pouvoir est transmis d’une génération à l’autre, soit une faute est transmise à la génération suivante. La transmission est faite par le sang ; la transposition se fait sur la base de la conséquence d’une faute et non d’une responsabilité personnelle. La différence entre « transmission » et « transposition » pourrait sembler infime, mais dans la réalité elle est importante. L’influence spirituelle néfaste peut continuer aussi longtemps que la faute n’est pas confessée ou que la transmission n’est pas rejetée par le chrétien. Satan cherchera à en profiter aussi longtemps que sa présence et son influence ne rencontrent aucune opposition.
C’est pourquoi nous amenons la personne concernée à briser tout lien qui pourrait exister dans sa vie à cause des pratiques et des pouvoirs de ses parents et de ses grands-parents. 

Le chrétien ne demandera pas pardon pour le péché de ses ancêtres. Ce qu’il fait, en revanche, est de briser toute transmission ou transposition, en se réclamant de Jésus qui a donné sa vie pour vaincre le mal sous toutes ses formes. Si le chrétien n’est pas responsable de la faute de son ascendance, il peut néanmoins en subir les conséquences. Nous savons très bien ce qui peut arriver aux enfants de parents alcooliques, et aux enfants abusés par leurs parents. Les traces laissées par le comportement de leurs parents se manifesteront dans la façon dont ils traitent leurs propres enfants. Si nous savons reconnaître que de telles choses arrivent sur les plans physique et psychique, qu’est-ce qui nous empêche de reconnaître que de telles choses peuvent également se produire sur le plan spirituel ?

Une troisième arme à déployer est le rejet des mensonges. Cette arme est importante car même après avoir purifié sa vie de pécheur, le chrétien peut encore entendre dans son esprit des voix accusatrices. Ici je pense uniquement au domaine spirituel, pas à d’autres sources de voix, telles une maladie psychiatrique. Si une voix d’accusation l’interpelle, le chrétien peut y résister en proclamant à haute voix (parce que Satan et ses démons ne lisent pas nos pensées) qu’en Christ, Dieu lui a pardonné ses péchés puisqu’il les a confessés. Ceci est vrai, quelle que soit la nature du péché ou son degré de gravité, car « Dieu est fidèle et juste… » (1 Jean 1.9).

Ensuite, par l’autorité de Jésus, il ordonnera à tout esprit mauvais qui cherche à semer des mensonges dans son esprit de se taire, de partir, et de ne jamais revenir.

Jeter les objets

Quelques chrétiens m’ont dit avoir reçu en cadeau un gri-gri. Pourtant, un gri-gri est une amulette et pas un petit bijou anodin. C’est une source de protection spirituelle. Au lieu de les garder, il est important de s’en débarrasser, comme de tout autre objet de culte païen : statuettes, amulettes, ou encore des objets « culte », utilisés dans les cérémonies et pratiques : couteaux, pierres, même des tables.

De tels objets renvoient à l’idolâtrie qui est une abomination aux yeux de Dieu. C’est pourquoi Dieu a donné l’ordre au peuple d’Israël de se débarrasser de tout objet de culte païen. Aucun objet de culte « étranger » ne devait se trouver chez eux : «…vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs stèles, vous abattrez leurs poteaux d’Achéra et vous brûlerez au feu leurs statues…Tu n’introduiras pas une horreur dans ta maison, afin que tu ne sois pas, comme elle, voué à l’interdit ; tu la tiendras pour quelque chose d’abominable et d’horrible, car c’est un interdit » (Deut. 7. 6 et 26).

Aujourd’hui les objets en question peuvent être des statues d’idoles ou des masques religieux, des bijoux ou des pierres précieuses dont on se sert dans l’ésotérisme, ou encore des livres sur la magie noire.

Une seconde raison pour laquelle il convient de jeter ce genre d’objets est que des forces spirituelles peuvent y être attachées. Pour un esprit, un objet est juste un « véhicule » ou « port d’attache » parmi d’autres. Je connais trois cas de livres occultes qui ne prenaient pas feu avant qu’on n’ait invoqué à haute voix l’autorité de Jésus. Dans le premier cas, il s’agissait de grimoires de sorciers, dans le deuxième cas de livres utilisés par un radiesthésiste qui avait un esprit-guide en lui, et dans le troisième cas de livres sur la sorcellerie. Même avec de l’essence ces livres ne brûlaient pas. Pour y arriver, à chaque fois il a fallu invoquer la victoire et l’autorité de Jésus sur les puissances du mal.

Le livre des Actes raconte que les nouveaux chrétiens à Éphèse ont confessé leurs péchés dans le domaine des arts magiques, et ensuite brûlé tous leurs livres. Cette démarche de repentance et de renoncement aux pratiques, en rejetant les objets occultes, fut suivie d’une croissance spirituelle remarquable : « C’est ainsi que la parole du Seigneur croissait en puissance et en force » (19. 18-20). Ce résultat devrait nous encourager à faire ce type de nettoyage.

5) Mettre fin aux oppressions et à la présence démoniaque

La libération du croyant s’opère par la confession des péchés, par la repentance et par la victoire de Jésus sur notre ennemi. Dans certains cas, ce n’est pas aussi facile que l’on puisse penser ; le combat peut être acharné. Satan n’aime pas partir, il n’aime pas perdre. Il cherchera à empêcher la personne de retrouver sa pleine liberté. Voici une liste non exhaustive de ce qui est arrivé à des chrétiens oppressés au moment où ils cherchaient à en être libérés :

  • des pensées si brouillées que le croyant ne savait plus ce qu’on faisait ensemble ou ce qu’il allait dire ou faire ; parfois il était dans l’incapacité de répondre aux questions ;
  • la bouche qui ne s’ouvrait plus ou des paroles qui ne sortaient plus lorsque le croyant essayait de prier ;
  • des voix qui disaient au croyant qu’elles lui feraient du mal ou le tueraient s’il renonçait à son passé ;
  • des visites d’esprits la nuit pour faire peur ou faire du mal ;
  • une voix nouvelle qui sortait de la bouche du chrétien, proférant des menaces ou des cris.

Dans de tels cas, il n’y a pas une règle fixe à suivre, car les situations varient selon la nature de leurs difficultés et de leurs causes. Ceci étant, voici une liste d’éléments essentiels à retenir dans toute intervention auprès d’un chrétien souffrant d’oppression spirituelle :

  • Nous devons à tout moment rester nous-mêmes soumis à l’autorité de Jésus et à sa seigneurie pour notre vie. Nous ne sommes pas des « chasseurs de démons » et nous ne devons pas en tirer la moindre gloire.
  • Lorsqu’un démon se manifeste (les manifestations peuvent arriver de maintes façons – changement de voix ou de visage, blocage de la parole, la personne devient rigide ou tombe par terre avec convulsions ou autres mouvements, etc.), l’élément essentiel sera toujours l’autorité et le sang du Christ qui à la croix a vaincu tous nos ennemis.
  • Quel que soit le type de manifestation, n’ayez pas peur ! En Christ nous avons la victoire. Si l’ennemi cherche à nous faire peur, c’est pour que nous arrêtions toute démarche de libération. Étant les ambassadeurs de Christ, nous avons à notre disposition toute son autorité sur le monde spirituel.
  • L’autorité ne s’affirme, ni ne s’impose en criant à haute voix ; en fait, crier fort est même contre-productif car cela vous fatiguera !
  • Aucun croyant n’a plus d’autorité qu’un autre, car cette autorité vient du Seigneur Jésus qui a reçu tout pouvoir (ou « autorité ») dans le ciel et sur la terre (Matthieu 28.18).
  • En nous servant de cette autorité, nous intervenons afin que le croyant soit capable de renoncer lui-même à tout péché non confessé à la source de cette oppression. Autant que possible, le croyant devra affirmer lui-même à haute voix que Jésus est son Sauveur et son Seigneur, et que l’ennemi doit le quitter. C’est au croyant de prendre position en s’appuyant sur la victoire de Jésus pour sa propre vie et en la proclamant ; notre intervention doit l’aider à pouvoir le faire. Si un blocage se manifeste, vous devez invoquer à haute voix l’autorité de Jésus sur tout esprit mauvais qui cherche à empêcher le chrétien de retrouver la liberté, puis ordonner que ce blocage cesse immédiatement.
  • Nous n’avons pas à crier des phrases telles que « Satan, je brise tes chaînes ! » ou « Satan, je te lie ! », car ce n’est pas nous qui le faisons mais Jésus (et il a déjà lié l’homme fort !). Par contre, nous pouvons dire des phrases telles que « Par le nom de Jésus, je t’ordonne… ! » (cf. Actes 16.18 où l’apôtre Paul chasse un démon en disant « Je t’ordonne, au nom de Jésus-Christ, de sortir d’elle ! »).
  • Si le corps de la personne commence à s’agiter, à tomber, etc., il vous suffit de proclamer à voix haute que, par l’autorité de Jésus, aucun esprit mauvais ne peut agir dans ce corps, ni lui faire du mal.
  • Si le démon fait des menaces contre vous, contre la personne qu’il opprime ou encore une autre personne (comme, par exemple, un membre de la famille), il suffit, toujours à voix haute, de lui interdire par le nom de Jésus telle volonté ou tel acte. S’il commence à parler de vous (cela peut arriver pour que vous pensiez plus à vous-même qu’à la libération de la personne que vous aidez), il suffit de lui dire quelque chose comme « Au nom de Jésus, je t’interdis de parler de moi ! »
  • Il arrive souvent qu’il faille ordonner au démon de partir, mais la question est toujours « Où faut-il l’envoyer ? ». Je crois que le mieux est toujours de dire « Tu dois te soumettre à l’autorité de Jésus et tu dois aller maintenant là où il t’envoie et tu ne peux plus jamais revenir. » Ainsi, le démon est sous le contrôle de notre Seigneur et doit partir là où Jésus l’envoie. Cela règle également la question de savoir si ce démon pourrait revenir ou pas.

L‘action suivante est de demander au Saint-Esprit de remplir l’espace libéré par l’influence démoniaque. Cette démarche est importante. Il s’agit d’accorder davantage de place à l’Esprit afin que l’Esprit soit libre d’agir en lui.

Une fois arrivé à la fin des entretiens ou d’une délivrance, nous avons l’habitude de demander à la personne de faire une déclaration à haute voix. Elle proclamera dans tous les lieux célestes que par sa position en Christ elle est désormais libre de toute influence satanique dans sa vie venant de son propre passé ou celui de sa famille. Tout démon doit partir, car entre elle et Satan il n’y a plus rien !

Ce travail de purification que nous cherchons à faire avec les chrétiens est semblable à celui que les Églises des premiers siècles faisaient avec les catéchumènes avant leur baptême. Ces croyants sortaient en grande majorité de milieux où étaient pratiqués la magie, la sorcellerie, l’idolâtrie et d’une société qui donnait libre cours au péché. Ce qui me fait penser qu’à bien des égards leur époque n’était pas très différente de la nôtre !

6) Puis, poursuivre la sanctification

Au sujet de la délivrance, j’entends souvent des chrétiens parler du risque des « sept démons qui vont revenir ». Ils font référence à ces paroles de Jésus : « Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il traverse des lieux arides, cherche du repos et n’en trouve pas. Alors il dit : Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti, et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va et prend avec lui sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première » (Matthieu 12.43-45).

Mon problème avec cette interprétation est qu’elle n’est fidèle ni au contexte ni à l’intention de Jésus lui-même. Le contexte de Matthieu 12 est l’opposition ouverte et grandissante des pharisiens et d’autres hommes de la loi à l’égard de Jésus. Ils refusent d’accepter qu’il soit le Messie ; ils refusent que le pouvoir qui lui permet de faire des miracles tels que chasser des démons vienne de Dieu. Au verset 39, Jésus leur dit : « Une génération mauvaise et adultère recherche un signe… ». Ensuite, il conclut avec la parabole de l’esprit mauvais qui revient avec sept autres encore plus mauvais et ces paroles : « Il en sera de même pour cette génération mauvaise ». Il s’agit donc avant tout d’un avertissement du danger qu’encourent ceux qui rejettent Jésus et qui blasphèment contre le Saint-Esprit et non d’un enseignement sur l’état d’une personne délivrée d’un démon. C’est pour cette raison que je préfère ne pas citer ce passage lorsqu’on parle des gens libérés de toute influence spirituelle. Il vaut mieux parler de la nécessité de remplir notre esprit, nos pensées et notre cœur avec l’enseignement de Jésus et le Saint-Esprit et de la nécessité de poursuivre la sainteté.

Pour rester libre, et pour résister à toutes sortes d’attaques, la meilleure défense est l’engagement du chrétien à devenir imitateur de Dieu et de son Seigneur Jésus-Christ. L’apôtre Paul donne ce même conseil aux nouveaux croyants à Éphèse :

« Je vous exhorte donc… à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience » (4.1-2).
« Voici donc ce que je dis et ce que j’atteste dans le Seigneur : c’est que vous ne devez plus marcher comme les païens, qui marchent selon la vanité de leur intelligence » (4.17).
« Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés ; et marchez dans l’amour, de même que le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous en offrande et en sacrifice comme un parfum de bonne odeur » (5.1-3).

Conclusion

L’apôtre Paul, dans Colossiens 2.15, parle du cortège victorieux du Christ dont nous faisons partie. Au lieu d’être une procession victorieuse dans une seule ville comme à l’époque de l’empire romain, le triomphe de Christ est une procession sur la terre comme dans tous les lieux spirituels. En tant que disciples au service du Seigneur triomphant, il nous précède, où que nous allions. Son triomphe est la garantie de l’accomplissement de sa promesse : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28.18-20).

Qui est avec nous ? Christ, le Vainqueur ! Pendant toute notre vie et dans n’importe quel service au sein de l’Église du Seigneur, c’est cette vérité qui doit dominer nos pensées, diriger nos pas, et remplir notre bouche de louanges. Tous les jours nous pouvons louer le Seigneur Jésus parce qu’il nous emmène vers la victoire finale.

1. Peter Horrobin, Healing through Deliverance (Chichester, England : Sovereign World Limited, 1991), p. 21.

2. Maurice Ray, Pour que nous soyons libérés (Théologie pratique vol. 4 ; Lausanne, LLB, 1999), p. 68.

3. Charles H. Spurgeon, Morning and Evening (Logos édition électronique), méditation du soir, 9 août.

4. Josh McDowell, Bien plus qu’un charpentier (Editions Vida), p. 115.

5. Jean Calvin, Institution Chrétienne (Editions Kerygma-Editions Farel, 1978, 4 volumes), III, XIX, 1, n°1.

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Commentaires

kristelle
28 mai 2015, à 10:33
Merci pour ce texte et ces conseils, les cultes païens tels que la voyance ont toujours existé et effectivement, les objets qui y sont attachés sont des véhicules pour les esprits. Le Tarot de Marseille utilisé par les voyantes en fait donc partie.
Note du commentaire :
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