Au nom de Jésus, libérer le corps, l’âme, l’esprit

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Au nom de Jésus, libérer le corps, l’âme, l’esprit - Gilles Boucomont
Éditions Première partie, 2010, 288 p.

Présenté par Georges Mary.

Au nom de Jésus, libérer le corps, l’âme, l’esprit

Gilles Boucomont est pasteur de l’Église Réformée de France à Paris (paroisse du Marais). En plus de la théologie, il a étudié les sciences politiques, l’écoute pastorale et les soins palliatifs.

Son livre est consacré à l’accompagnement spirituel. Il y écrit en introduction : « Cet ouvrage est le fruit d’une pratique d’accompagnement de plusieurs années maintenant. Nous avons fait, au nom de Jésus, beaucoup de chemin à côté de non-croyants qui marchaient vers la foi, et de chrétiens qui marchaient vers la libération… En faisant route avec eux, en écoutant, en parlant ensemble, des déplacements s’opèrent progressivement, dans la continuité ou parfois par à-coups, mais les déplacements ne sont pas ceux qu’on croit… La plupart pensent que le chemin mènera au Seigneur et découvrent que… c’est le Seigneur qui est le chemin » (page 13).

Ce livre est un premier volet pour introduire la suite, une sorte de « point de passage qui nous permettra d’avoir un langage commun autour des représentations de l’humain telles que la Bible les dessine, au gré des siècles de son écriture ». De fait, c’est une description de l’homme en trois composants, corps, âme et esprit que propose et étaye l’ensemble du livre. Cette approche sert de fondement théorique à la pratique d’accompagnement préconisée. L’auteur relativise toutefois en écrivant que tenter de « rendre cohérent un vocabulaire autour du corps, de l’âme et de l’esprit est... complexe car il y a de très nombreuses représentations de l’humain comme corps, âme et esprit…. Nous faisons ici le choix de privilégier une anthropologie majoritaire à l’aube du christianisme, sans prétendre qu’elle soit universelle, ni parfaite » (page 23).

Sans jamais verser dans le clivage charismatiques-non-charismatiques, l’auteur ne nous en rend pas moins sensibles au besoin d’être équipés par le Seigneur pour agir en son nom. Charismes et dons spirituels doivent être au service des ministères confiés par le Seigneur. L’auteur précise toutefois : « il n’y a pas de ministère de délivrance ! C’est à tout le monde que Jésus donne l’autorité de libérer ses frères et soeurs. Ce n’est pas une fonction, ce n’est pas un rôle de quelques-uns, c’est l’autorité de tout chrétien » (page 130).

Du reste, il préconise de vivre l’accompagnement spirituel en binômes. Cette manière de faire devrait permettre d’atténuer certains risques (orgueil, transfert et contre-transfert…) et enrichir l’accompagnement. Une formation lui semble également nécessaire avant de se mettre au travail.

Des centaines de citations bibliques émaillent et enrichissent le propos. Leur relation au texte n’a toutefois pas toujours la même évidence.

Nous avons trouvé particulièrement stimulants les passages consacrés aux « liens d’âme » (structurants ou inappropriés, nécessaires un moment mais qui doivent être rompus le moment venu).
L’auteur a le souci de la précision et de la rigueur même s’il doit reconnaître assez régulièrement que son livre n’est pas le lieu prévu pour étayer tel ou tel sujet. On pourra regretter toutefois de temps en temps des affirmations un peu rapides et pouvant être sujettes à caution, par exemple la distinction entre louange et adoration, certes classique dans certains milieux mais peu étayée scripturairement, ici comme ailleurs. Ceci étant, le livre fourmille d’idées, de pistes, de réflexions, de clarifications… stimulantes et fort utiles.

Il a également l’avantage de ne jamais disjoindre une réflexion intellectuelle solidement ancrée d’une pratique elle-même avérée. En s’exprimant et en témoignant à propos d’un sujet si sensible à partir d’un point de vue légèrement décalé par rapport aux milieux évangéliques traditionnels ou charismatiques, ce livre sera grandement utile aux uns et aux autres.

Nous attendons pour notre part avec impatience le volume suivant.

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Commentaires

erick
12 juin 2013, à 11:56
Le ciel est la capitale du christianisme.
Ce qui importe n'est pas la grandeur de notre foi, mais Celui sur lequel repose cette foi.
Il n'y a rien de trop petit que Dieu puisse écouter, il n'y a rien de trop grand que Dieu ne puisse accomplir.
Dieu s'est toujours réservé le domaine de l'impossible.
On ne se débarrasse pas des difficultés liées au chemin de la foi en cherchant à les éviter ; il faut les surmonter par la puissance de Dieu.
Vivre par la foi, c'est, sur l'ordre de Dieu, marcher avec, semble-t-il, le vide devant soi.
Pour le chrétien, mourir c'est cesser d'être visible ; ce n'est pas cesser d'être, ce n'est même pas changer de mode d'existence, c'est prendre possession d'une vie commencée depuis longtemps déjà. La mort devient une naissance et l'homme intérieur s'épanouit aux réalités invisibles. Ceux qui s'avancent vers le soleil ne remarquent pas l'ombre qui les suit ; les yeux fixés sur l'aube naissante, ils courent au-devant des clartés éternelles.
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