L’Église dans l’espace public - De quel droit prend-elle part à ses débats ?

Extrait
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L’Église dans l’espace public
De quel droit prend-elle part à ses débats ?
M. Bertrand, Genève/Lyon, Éd. Labor et Fides/Olivétan, 2011, 478 p., 25 €.

L’Église dans l’espace public - De quel droit prend-elle part à ses débats ?

Qu’est-ce qui autorise l’Église à s’exprimer dans une société laïque ? Quelle peut être la légitimité de sa prise de parole dans le débat public et comment la fonder au regard de ses convictions théologiques et ecclésiologiques ? Comment la communauté chrétienne peut-elle être actrice du vivre ensemble et porter une parole au cœur de la cité, sans pour autant retomber dans ses vieux démons hégémoniques ?

Au travers d’un parcours exigeant mais passionnant, Michel Bertrand – professeur de théologie pratique à la Faculté de Montpellier et ancien président du Conseil National de l’Église Réformée de France (qu’il a présidé de 1992 à 2001) – livre toute son expérience institutionnelle et sa réflexion théologique au service de l’exploration de ces questions.

Le fil de son ouvrage est un fil d’Ariane. Il se laisse suivre avec docilité tout au long des 478 pages qui tissent la pensée de l’auteur. Dans un premier temps, Michel Bertrand se donne et nous donne pour objectif d’identifier – pour mieux les dépasser – les difficultés internes au protestantisme qui rendent son existence publique problématique. Il nomme les raisons historiques, sociologiques, culturelles mais aussi les motifs bibliques, théologiques et ecclésiologiques qui, trop souvent, servent d’alibis aux protestants pour ne pas se risquer à une prise de parole dans l’espace public.

Il y a notamment de très belles pages sur le déficit institutionnel du protestantisme, avec cette question en toile de fond : comment l’Église pourrait-elle davantage exister en tant que corps constitué, institué, visible socialement (p.11) afin que sa parole soit audible et repérable par nos contemporains ? Et ceci sans tomber pour autant dans le piège d’une dérive magistérielle… Il y a là certainement de quoi méditer !

L’auteur propose également un développement utile sur la façon dont l’Église pourrait pénétrer – au nom même de sa mission et avec le discernement nécessaire – les logiques de la communication moderne. L’auteur nous invite à déjouer les pièges de la communication moderne : piège de l’audimat souverain, du simplisme réducteur ; le primat de l’émotion, la tyrannie de l’urgence du temps médiatique. Il s’agit de mieux connaître les faiblesses et les tentations des médias modernes, d’en posséder la grammaire afin de mieux communiquer notre message essentiel. M. Bertrand finit cette section avec une formule remarquable : finalement, la question n’est pas de savoir s’il faut ou non utiliser les médias mais, plutôt, comment les utiliser sans renoncer à être soi-même (p.97). Le défi est lancé, à nous de jouer !

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