PRÉSENTATION DE LIVRE CEP/HS12

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Pratiques de la prédication, Thomas G. Long
Labor et Fides 2009, Collection pratiques n°24, 308p., 28€

PRÉSENTATION DE LIVRE CEP/HS12

Les éditions Labor et Fides poursuivent leur effort précieux de mise à disposition des lecteurs francophones des manuels homilétiques majeurs, nous leur en sommes reconnaissants. Cet effort avait commencé par le toujours indispensable « Prêcher » de Fred B. Craddock. Si ce premier s’adressait d’abord à des prédicateurs ayant déjà une expérience acquise, l’ouvrage de Thomas G. Long, « Pratiques de la Prédication », sera apprécié tout autant du prédicateur en formation initiale, que du prédicateur expérimenté désireux de revisiter les fondamentaux, de renouveler et d’approfondir sa vision et sa pratique pour un service mieux maitrisé.


« Pratiques de la prédication » donne du sens à l’activité théologique. La finalité de la dogmatique, de l’exégèse, de l’histoire, etc. … c’est d’annoncer aux hommes de notre temps la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. L’intention de Long n’est pas la bonne prédication exceptionnelle, mais le bon pain quotidien. Il ré-examine l’acte de la prédication rassemblant une communauté, un prédicateur, le sermon et la présence du Christ, invitant à réfléchir au geste sérieux du prédicateur ne se prenant pas lui même trop au sérieux.


Pour repenser la relation entre la Parole de Dieu, le prédicateur et l’assemblée, l’auteur fait appel aux trois métaphores classiques du prédicateur comme héraut, pasteur et conteur. Il propose un bilan des qualités et des limites de chacune de ces postures : le héraut se focalisant sur le travail biblique, sur la dimension transcendantale, mais peu soucieux de ceux auxquels il s’adresse ; le pasteur soucieux d’aider des gens à donner du sens à leur existence et à s’engager vers une vie plus responsable (p.48), attentif au pouvoir guérissant de l’Évangile et avec la métaphore du conteur pénétrant toute la richesse de la narrativité non comme de l’ornemental mais bien comme une force pénétrante fondamentale de la révélation biblique. Long invite le prédicateur pasteur à éviter l’écueil de ne se focaliser que sur des situations humaines de détresse. Le pasteur s’adresse aussi aux potentialités, aux compétences, aux énergies à l’intelligence. « L’Évangile se conjugue au passé et au futur, et pas seulement au présent. La prédication doit faire plus que de venir en aide aux personnes ici et maintenant. Elle doit rafraîchir la mémoire du peuple de Dieu et annoncer la promesse du futur de Dieu » (p.54). Pour concilier les promesses des trois métaphores Long en ouvre une quatrième, celle du témoin.


Le chapitres 2 et 3 sont centrés autour de : Bible et prédication. « Cette dernière (la prédication) devient prédication biblique parce que le prédicateur laisse au texte biblique la possibilité de devenir l’élan qui traverse le sermon. En clair, la prédication biblique implique de porter un témoignage, en vérité, de l’appel du texte sur notre vie. La prédication biblique ne se limite pas à utiliser la Bible comme un recueil d’arguments doctrinaux, ou encore de la restreindre à une liste de «principes» à appliquer chaque jour » (p.77). C’est avec le chapitre 3 « Exégèse biblique pour la prédication » que ce livre devient vraiment un manuel. Long se manifeste comme ce qu’il est d’abord, un remarquable professeur d’homilétique. Il prend le lecteur par la main et l’accompagne, pas après pas dans une initiation à l’exégèse en vue de la prédication. Il n’est ni réducteur, ni contraignant, il pose des repères et ouvre des possibilités.


Être témoin, c’est voir et raconter. Pour Thomas Long, c’est bien voir pour bien raconter. Aller du texte biblique au sermon, c’est passer du « voir » au « dire », le chapitre 4 y est consacré et représente une articulation naturelle avec les 150 pages suivantes (ch.5 à ch.9) où l’auteur accompagne le lecteur dans l’indispensable travail sur la forme : « comment dire, ce que nous avons vu ? ». Le chapitre 9 « Du bureau à la chaire » pose la question de l’oralité. L’auteur examine les avantages et les inconvénients à venir en chaire avec ou sans notes. Le chapitre final (ch.10) rassemble un jeu de questions très diverses : planification des sermons ; utilisation de clips vidéo, de Power Point ; sur la durée du sermon ; sur les ornières stylistiques.


Cet ouvrage évoque sérieusement des questions essentielles pour les prédicateurs d’aujourd’hui et de demain tout en demeurant un livre facile à lire comme devrait l’être tout livre de prédicateur.

 

Thomas G. Long, est professeur d’homilétique à la Candler School of Theology de l’Université d’Emory ; il est un prédicateur réputé aux États-unis. « Pratiques de la prédication » est le manuel d’homilétique qu’il a destiné d’abord à ses étudiants. Nous en recommandons vivement la lecture.

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