Qui sont les chrétiens spirituels ?

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C'est une tentation permanente, surtout chez ceux qui insistent sur le sérieux de la vie chrétienne, de faire un tri entre les chrétiens et de distinguer les " spirituels " des autres. Robert Somerville, qui a longtemps été le directeur de l'Ecole Pastorale, essaie de prévenir ce danger dans cette étude principalement centrée sur les écrits de l'apôtre Paul.

Qui sont les chrétiens spirituels ?

Il n'est pas rare d'entendre, dans nos Eglises, des jugements sur le degré de "spiritualité" des chrétiens. "Celui-ci est vraiment spirituel. Mais celui-là non". On établit donc une distinction entre deux catégories de chrétiens: les "spirituels" et les autres, généralement qualifiés de "charnels". J'aimerais poser quelques questions à ce sujet. Le Nouveau Testament nous autorise-t-il à faire une telle distinction? Sur quels passages se base-t-on pour cela? Quels sont les critères qui permettent de reconnaître qu'un chrétien est spirituel ou non?

L'adjectif "pneumatikos" (spirituel), s'appliquant à des personnes, n'apparaît que rarement dans le Nouveau Testament . Sur les 21 cas où ce terme est employé (toujours dans des épîtres, dont près de la moitié dans 1 Corinthiens), c'est seulement à trois reprises que ce terme caractérise des personnes : deux fois dans 1 Corinthiens (2.15 et 3.1) et une dans Galates (6.1). Dans les autres cas, il s'agit des biens spirituels (Ep 1.3, Ro 15.27), ou des choses spirituelles (1 Co 2.13, 10.3), des dons spirituels (1 Co 12.1, 14.1), de la sagesse spirituelle (Co 1.9), de la maison spirituelle qu'est l'Eglise ( 1 Pi 2.5), etc.

Des chrétiens fiers d'être spirituels

Il vaut la peine de se poser la question: pourquoi l'apôtre Paul donne-t-il tant de place à ce mot dans l'épître aux Corinthiens et si peu dans ses autres lettres? La raison reconnue par les commentateurs est qu'il s'agit là d'un mot qui faisait partie du vocabulaire religieux des Corinthiens, mais qui était utilisé par eux dans un sens que l'apôtre jugeait dangereux et qu'il devait donc chercher à corriger.

En effet, ce que les chrétiens de Corinthe entendaient par "spirituel" était bien plus influencé par la pensée païenne dominante, celle de l'hellénisme, que par l'Evangile. Les "spirituels" étaient selon eux des hommes ayant atteint un niveau supérieur de connaissance, une sagesse divine réservée à ceux qui, grâce à un initiation ou une illumination, s'étaient affranchis des servitudes du monde matériel corrompu et participaient déjà de la nature céleste. On peut remarquer à ce sujet l'emploi de l'adverbe "déjà" au chapitre 4, verset 8 et la manière dont Paul se moque de leur façon de se glorifier dans tout ce passage. Ils se voient déjà arrivés, "parfaits". Ils sont des super-chrétiens. Ils recherchent la confirmation de ce sujet de fierté dans des expériences mystiques, surnaturelles en particulier dans le culte. D'où leur attirance vers le don des langues plutôt que vers les autres dons. Cela leur permet de se vanter de leur supériorité (4.6, 4.18, 5.2) malgré les exemples d'immoralité qu'on rencontre chez eux (5.6). Peu importe à leurs yeux. Ils sont libres ("tout est permis"); puisque le monde matériel est de toute façon mauvais, l'usage qu'ils font de leur corps n'a rien à voir avec leur vie spirituelle. Les lois morales de la Bible ne sont contraignantes que pour les gens simples, immatures. Eux peuvent jouir de leur liberté, sans se soucier des autres.

Convaincus de leur supériorité "spirituelle", ils considèrent que la prédication de Paul centrée sur l'événement historique de la croix de Jésus-Christ révèle une sagesse élémentaire. Ils ont, eux, dépassé ce stade dans leur recherche de la sagesse et de la connaissance. A leurs yeux, Paul n'est pas réellement spirituel. Il néglige le niveau supérieur, qui donne accès à la connaissance de Dieu grâce à une initiation et des exercices "spirituels", sans passer par le Christ crucifié et ressuscité. Ils ne croient pas au message de la résurrection (chapitre 15): le corps n'ayant aucune valeur, ce qui lui arrive est sans importance. Comme ils ont déjà atteint le stade d'une existence angélique, l'espérance de la résurrection ne les intéresse pas. L'édification de l'Eglise ne les préoccupe pas non plus, d'où leur comportement lors de la Cène (11.20-22) et le peu de cas qu'ils font du risque d'être une occasion de chute pour les faibles (8.9-13, 10.32-33).

Il est clair qu'aux yeux de Paul, de tels chrétiens, qui se vantent d'être spirituels, ne le sont pas en réalité. Bien que ce ne soit pas son vocabulaire habituel, Paul reprend ce terme "spirituel", qu'ils affectionnent, pour corriger leurs déviations.

Spirituels ou psychiques (1 Corinthiens 2)

Dans deux des trois cas où Paul applique l'adjectif "pneumatikos" à des humains, il est vraisemblable qu'il s'en sert pour désigner les croyants sans distinction. Au chapitre 2, verset 15, il oppose l'homme spirituel à l'homme "psychique". Segond a traduit ce mot par "animal"; la Colombe par "naturel"; la T.O.B, "l'homme laissé à sa seule nature", le Français courant "l'homme qui ne compte que sur ses facultés naturelles"; la Bible du Semeur "l'homme réduit à ses seules forces".

Bien que la compréhension de ce passage soit difficile et ait donné lieu à des interprétation différentes (1), il me semble qu'ici Paul parle des païens, des incroyants, de ceux qui n'ont pas cru à l'Evangile et qui ont "l'esprit du monde" (v.12), mais non le Saint-Esprit. Ils se vantent de leur sagesse, mais en réalité ils ne peuvent pas connaître les choses de Dieu. Aucune technique religieuse ou" spirituelle" ne peut donner la vraie connaissance de Dieu. Seul le Saint-Esprit peut nous faire connaître Dieu. Or, pour l'apôtre Paul, comme pour le reste du Nouveau Testament, le Saint-Esprit est donné à tous ceux qui, ayant entendu l'Evangile du Christ crucifié, le reçoivent par la foi ( Rom 8.15-16,1 Cor 3.16, 12.3, 12.7,12.13, Gal 3.2, Eph 1.13, etc.). L'homme spirituel n'est donc pas ici un chrétien supérieur, qui aurait gravi un degré de plus dans la connaissance de Dieu, mais tout chrétien né de l'Esprit, qui bénéficie des dons de la grâce de Dieu (le salut d'abord, la vie nouvelle, puis les "charismes"). Il convient de noter ici le parallèle entre le "nous" du verset 12 (ce que Dieu nous a donné par grâce) et le "vous" des versets 4 à 8 du premier chapitre de l'épître où Paul parle de "la grâce de Dieu qui vous a été accordée en Christ, vous avez été enrichis en lui en toute parole et en toute connaissance"). Ces mots s'adressent à l'ensemble des chrétiens de Corinthe et non à une élite de "spirituels". Il est donc exclu qu'au chapitre 2, il les range parmi les "psychiques", qui ont reçu l'esprit du monde et non l'Esprit de Dieu (et dont les "princes de ce siècles" mentionnés aux vv. 6 et 8, sont un exemple frappant). Sinon, comment l'apôtre aurait-il pu les décrire, sans se contredire, comme "ceux qui ont été sanctifiés" (1.2) et leur dire:"Vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l'Esprit de notre Dieu (6.11), ou encore: "Votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu et vous n'êtes pas à vous-mêmes. car vous avez été rachetés à un grand prix" (6.19-20)? Ainsi donc, lorsque Paul parle de l'"homme psychique" ou "naturel", en 2.14, il ne vise pas des chrétiens ignorants ou infidèles, mais les incroyants, ceux qui n'ont pas cru à l'Evangile du crucifié et n'ont pas reçu le don du Saint-Esprit .

De la même façon, il y a tout lieu de penser que, dans Ga 6.1, Paul pense à l'ensemble des chrétiens des Eglises de Galatie lorsqu'il écrit: "Vous qui êtes spirituels". L'épître est adressée aux Eglises, à tous leurs membres, et non à des chrétiens de niveau supérieur.

Spirituels ou charnels

Mais n'en va-t-il pas autrement des chrétiens de Corinthe à qui Paul adresse des reproches au début du chapitre 3 ? Là, il semble bien faire une distinction entre deux sortes de chrétiens: ceux qui sont spirituels et ceux qui, comme les Corinthiens, sont charnels. Il exprime en effet le regret de ne pas pouvoir leur parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, de petits enfants en Christ.

A première vue, l'apôtre refuse ici la qualification de "spirituels" à certains chrétiens. Mais à y regarder de plus près, il ne met pas en doute le fait qu'ils ont reçu l'Esprit. A plusieurs reprises dans l'épître, Paul tient pour acquis que les chrétiens de Corinthe à qui il écrit ont reçu le Saint-Esprit (3.16, 6.11, 6.19, 12.3, 12.13). Il peut le dire, bien qu'ils se comportent encore comme des païens, des hommes dont les pensées et le comportement restent davantage influencés par l'esprit du monde que par l'Esprit de Dieu. A cause de cela, il ne peut pas leur parler comme à des spirituels, alors qu'il devrait pouvoir le faire puisqu'ils ont reçu le Saint-Esprit . Il s'attriste de constater qu'ils ne tirent pas les conséquence de leur statut en Christ. Il leur dit en quelque sorte: " Vous avez reçu l'Esprit (vous êtes donc des spirituels), eh bien, conduisez-vous comme tels!".

L'opposition ici n'est plus entre spirituel et "psychique", mais entre spirituel et "charnel", ou entre petit enfant et adulte. Il est clair que le petit enfant est déjà né! Mais ses parents ont parfois des raisons de s'inquiéter en voyant qu'il ne grandit pas, qu'il ne progresse pas, n'apprend pas à marcher, à parler, à lire, à jouer avec les autres, etc. Que des croyants convertis restent encore "charnels", c'est-à-dire davantage soumis à leurs propres raisonnements, à leurs propres volontés, à leurs propres désirs qu'à ceux de Dieu est une évidence. Toutes les exhortations du Nouveau Testament qui invitent les chrétiens à se laisser instruire par Dieu, à changer de comportement, à progresser dans la foi et dans l'amour, nous montrent que ce que nous constatons dans nos Eglises existait déjà dans les Eglises du premier siècle. Tous les pasteurs, je pense, peuvent, comme Paul, regretter que tel ou tel disciple de Jésus ne progresse pas et parfois même régresse, en retombant dans des habitudes dont on le croyait libéré et qui n'honorent certes pas le Seigneur.

Tous les chrétiens ne progressent pas au même rythme. La chose essentielle, bien entendu, est de partir, de se convertir, de se remettre au Seigneur Jésus pour le suivre et le servir. C'est là le changement décisif, produit par l'action du Saint-Esprit (1 Co 12.3), mais qui doit être suivi de bien d'autres changements. L'homme nouveau (ou la nouvelle nature) doit "se renouveler en vue d'une pleine connaissance selon l'image de celui qui l'a créée" (Col 3.10). Le rôle des conducteurs de l'Eglise et surtout des pasteurs-enseignants (mais aussi d'autres frères et sœurs dans la foi), est d'"avertir et d'instruire tout homme en toute sagesse, afin de rendre tout homme parfait (ou: accompli, ayant atteint la pleine maturité) en Christ" (Col 2.28). Pour cela, il faut commencer par un enseignement élémentaire, puis avancer vers une connaissance plus approfondie de la Parole de Dieu, une meilleure compréhension de sa grâce et de sa volonté, une mentalité nouvelle, libérée des influences du "monde" et permettant de voir toutes choses dans une lumière nouvelle, celle de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ (Rom 12.2). Cela implique, tout au long du chemin, des changements, des repentances, des renoncements à des manières de penser ou d'agir qui sont incompatibles avec l'appartenance à Christ. On ne peut que reconnaître que tous les chrétiens ne se trouvent pas, à un moment donné, aussi avancés dans la marche vers la maturité chrétienne.

En ce sens, on peut dire que certains sont plus "spirituels" que d'autres. A plusieurs reprises, il nous est dit que tel ou tel croyant est "rempli du Saint-Esprit", soit à un moment donné, en vue d'une action particulière (Ac 4.8, 13.9), soit de manière habituelle (Ac 6.3, 6.5, 11.24). Mais cela n'est pas le cas de tous les chrétiens à tout moment. Sinon, Paul ne prendrait pas la peine d'écrire:"Soyez remplis de l'Esprit" (Ep 5.18).

Parallèlement, Paul s'inquiète de voir les Galates en danger de "finir par la chair" après avoir" commencé par l'Esprit" (3.3). C'est pourquoi il les exhorte par ces mots:"Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi par l'Esprit" ou comme traduit la Bible du Semeur:"Puisque l'Esprit est la source de notre vie, laissons-le aussi diriger notre conduite" (5.25). Il reconnaît par ailleurs que les chrétiens eux-mêmes peuvent attrister le Saint-Esprit Ep 4.30) ou même l'éteindre (1 Th 5.19).

On peut à cet égard faire un parallèle entre les termes "spirituels" et "saints". Tous les chrétiens sont saints, puisqu'ils appartiennent à Dieu et qu'ils sont été sanctifiés. Paul peut donc écrire "aux saints" qui sont à Philippes ou à Colosses ou "à ceux qui ont été sanctifiés en Christ-Jésus" à Corinthe. Tous les chrétiens sont sanctifiés en Christ, mais tous sont appelés à progresser dans la sanctification, même si certains sont plus avancés que les autres. Mais nulle part, le Nouveau Testament ne fige cette différence, en distinguant deux catégories de chrétiens, les chrétiens supérieurs, qui sont pleinement saints et "spirituels, et ceux qui ne le sont qu'à moitié. Même les plus avancés ont encore besoin de progresser. Tous sont saints, mais aucun n'a encore atteint le but.

Une distinction à faire avec prudence

Je crois qu'il y a de réels dangers à vouloir étiqueter les chrétiens d'une Eglise et à les ranger dans deux catégories bien distinctes: les spirituels et les charnels. Et cela, pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, il n'est pas sage de s'appuyer sur un texte isolé (celui de 1 Co 3) pour établir une distinction permanente entre chrétiens. Répétons-le: si Paul a recours ici (et dans ce seul cas) à l'adjectif "spirituel" c'est en fonction de la situation particulière des Corinthiens, qui s'attribuaient cette qualité pour s'en glorifier. L'apôtre cherche à démonter les prétentions des soi-disant "spirituels" de Corinthe.

Ensuite, dans toute ses épîtres, Paul se garde bien de cloisonner l'Eglise, de la séparer en catégories plus ou moins proches de Dieu. Il lutte contre l'esprit de clan, contre toute prétention à une supériorité "spirituelle", contre l'orgueil qui se permet de juger et de mépriser les autres. Il n'établit pas de hiérarchie entre les chrétiens. Il ne connaît pas de super-chrétiens. Redisons-le: ses épîtres sont adressées à tous les chrétiens d'une Eglise, il les tient tous pour des frères en Christ, il reconnaît qu'ils ont tous part au Saint-Esprit.

En troisième lieu, la vie spirituelle n'est pas statique. Elle est une marche avec Christ, une croissance. Un instantané ne peut en donner qu'une image imparfaite. La vraie question n'est pas tant:"Quel niveau ai-je atteint?", mais: "Suis-je en marche ou arrêté?". Il faut donc veiller à ne pas porter un jugement définitif sur des personnes qui sont en évolution, en les enfermant dans des catégories figées. Les termes d'enfant et d'adulte évitent plus facilement cet écueil, puisqu'ils évoquent l'idée de croissance.

En outre, il est bon de se poser la question:"A partir de quel niveau de sainteté, de piété, de fidélité pratique peut-on dire que quelqu'un est vraiment spirituel? Sommes-nous sûrs de l'être nous-mêmes? Sans doute, si "spirituel" veut dire simplement "conduit par l'Esprit", nous pouvons avoir l'assurance que le Saint-Esprit nous conduit. Mais "nous bronchons tous" dit Jacques (3.2) et Jean renchérit:"Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n'est pas en nous" (1 Jn 1.8). Autrement dit, aucun de nous ne peut affirmer avec une pleine assurance qu'il se laisse toujours conduire par l'Esprit et qu'il ne reste plus rien d'humain ou de charnel dans ses pensées et son comportement. La grande faiblesse des Corinthiens est précisément de se proclamer "spirituels", de s'enorgueillir. Etablir une, classification, une sorte de hiérarchie parmi les chrétiens (les spirituels et le non-spirituels, les saints et les moins saints, les bons et les mauvais), c'est s'exposer au danger de pharisaïsme.

Quels critères ?

De plus, il faut s'interroger sur les critères qui pourraient nous permettre de distinguer les chrétiens spirituels des chrétiens charnels, les adultes des petits enfants. Je crains que très souvent les critères que nous utilisons ne soient pas les mêmes que ceux que nous indique le Nouveau Testament.

Je puis me tromper, mais il me semble que, parmi les critères le plus souvent évoqués pour juger si un croyant est "spirituel" ou non, on peut citer la piété, l'engagement dans l'Eglise, le zèle, les dons spirituels, le comportement moral, la connaissance de la Parole de Dieu. Je suis bien d'accord pour dire qu'on peut s'attendre à ce qu'un chrétien adulte, conduit par l'Esprit fasse preuve d'une grande fidélité dans tous ces domaines. Mais nous pouvons aussi porter des jugements contestables en nous fiant trop exclusivement à de tels critères. Nous ne connaissons que très imparfaitement ce qui se passe dans le cœur des humains. Nous risquons de juger selon les apparences, à la manière des pharisiens.

Prenons par exemple, la piété. Il ne fait pas de doute qu'un chrétien conduit par l'Esprit aura une vie de prière, tant personnelle que communautaire, forte et persévérante. L'Esprit nous pousse à prier, à louer Dieu, à intercéder pour les autres. Mais à quoi se juge l'authenticité de la prière? Jésus nous met en garde contre le danger de juger selon ce que l'on voit ou que l'on entend. Ceux qui prient le mieux ne sont pas forcément ceux qu'on entend le plus prier. Le vraie prière, dit le Seigneur, n'est pas celle qui s'affiche, mais celle qui est cachée:"Entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est dans le lieu secret" (Mt 6.6). J'ai plusieurs fois été irrité d'entendre dire d'un frère qu'il ne prie pas assez, sans savoir ce qui se passe dans le secret de sa chambre. Jésus nous dit aussi que la prière ne se mesure pas en quantité. Ce n'est pas forcément en priant longtemps et beaucoup que l'on prie mieux (Mt 6.7-8). Attention à ne pas porter de jugement sur la piété des autres en se fondant sur la longueur ou la beauté de ses prières. La plupart des prières que Jésus a exaucées, dans l'Evangile, étaient brèves, l'exemple-type étant simplement:" Aie pitié de moi" et, parmi les modèles de prières d'intercession, on peut citer celle de Marie:"Ils n'ont plus de vin" (Jn2.2) ou celle des sœurs de Lazare:"Celui que tu aimes est malade" (Jn 11.3). Il m'est arrivé, au cours de mon ministère, de découvrir un jour que tel frère ou telle sœur avait un merveilleux ministère d'intercession. mais il ou elle l'exerçait dans une discrétion telle que tous ou presque l'ignoraient.

D'autre part, la piété, les actes religieux ne sont qu'un aspect de la marche avec le Christ. Il est important de ne pas confondre "religieux" et "spirituel". Jésus reproche aux pharisiens de prendre prétextes de leurs devoirs religieux pour ne pas aimer leur prochain en action et en vérité (Mt 12.9-13, 15.1-9, etc.). Les prophètes de l'Ancien Testament tenaient souvent le même langage, allant jusqu'à affirmer que prières et sacrifices sont en horreur à Dieu s'ils ne sont pas accompagnés de justice et de miséricorde envers les hommes ( Es 1.10-17, Amos 5-22-24, etc.). Il est parfois plus spirituel de prendre un balai ou de faire la vaisselle que de prier.

Le zèle et l'engagement dans l'Eglise sont aussi pour beaucoup un critère décisif. Là encore, il est certain que le Saint-Esprit rassemble les chrétiens pour qu'ils forment une communauté et il demande à chacun d'eux de "mettre au service des autres le don qu'il a reçu". Celui qui se tient à l'écart de l'assemblée, qui n'y vient qu'en passager ou en spectateur quand cela lui chante, qui ne donne que le minimum de temps ou d'argent à son Eglise ne fait certes pas preuve de maturité spirituelle. Il n'est d'aucune utilité pour les autres et s'affaiblit lui-même. Mais ce n'est pas non plus toujours celui qui consacre le plus de temps à l'Eglise qui sert le mieux le Seigneur. On peut s'engager à fond dans son Eglise pour de mauvaises raisons: pour se convaincre qu'on est un meilleur chrétien que les autres, parce que cela nous donne un certain prestige, sinon un pouvoir, pour que Dieu nous aime davantage, parce que rien d'autre ne nous intéresse. D'autre part, le service du Seigneur ne se limite pas à l'Eglise locale, même si c'est là son premier terrain d'application. Il arrive que Dieu confie à des chrétiens, membres d'Eglise, des responsabilités qui les obligent à être parfois absents de leur communauté. Cela peut présenter des dangers; il y a un équilibre à trouver. Mais il est injuste de reprocher à un frère ou une sœur d'accepter des engagements dans une oeuvre autre que son Eglise locale, s'il s'agit pour lui de répondre à un appel de Dieu. Ne vaut-il pas mieux le considérer, à l'exemple d'un missionnaire, comme un envoyé de l'Eglise pour qui on prie? Un chrétien conduit par l'Esprit doit être à la disposition de son Seigneur, pas nécessairement de son pasteur. De la même façon, la mère de famille , qui a plusieurs enfants en bas âge, sera moins disponible pour le service de l'Eglise que la plupart des chrétiens; Le temps et les soins qu'elle donne à ses enfants ne font-ils pas aussi partie de son engagement chrétien?

La manifestation des dons spirituels (ou de certains d'entre eux) est aux yeux de plusieurs, un bon critère de spiritualité. "S'il a reçu ce charisme, c'est sûrement qu'il est en communion profonde avec le Seigneur". Les chrétiens de Corinthe attachaient surtout de l'importance au parler en langues: un charisme dont l'origine surnaturelle était évidente et qui les désignaient à leurs yeux comme des chrétiens supérieurs. Pour l'apôtre Paul, le parler en langues est bien un don du Saint-Esprit. Il ne doit donc pas être méprisé, mais il ne justifie aucun sentiment de supériorité. Paul insiste aussi sur le fait que l'Esprit distribue ses dons à chacun en particulier, comme il veut: 1 Cor 12.11). Les dons sont un effet de la libre grâce de Dieu (comme l'indique le terme "charisme") et non une récompense pour une vie spirituelle de qualité supérieure. En outre, ce qui compte, c'est la manière dont on met en oeuvre le don reçu. Il doit servir à l'utilité commune (1 Cor 12.7) et à l'édification de la communauté (1 Cor 14.12). Or, celui qui parle en langue s'édifie lui-même plutôt que l'Eglise. Enfin, l'apôtre nous demande de ne pas mépriser ceux dont les dons sont les moins évidents ou les moins glorieux, mais au contraire de les entourer de plus d'honneur (1 Co12.22-25). Les charismes ne doivent en aucun cas devenir une source de rivalité et de division dans l'Eglise. Celui qui a reçu un don et qui l'exerce pour sa propre gloire ou pour dominer les autres n'est pas spirituel, quel que soit le don qu'il a reçu.

Je pourrais également mentionner parmi les critères de "spiritualité" les connaissances biblique, la bonne doctrine ou la rectitude théologique. Paul nous met en garde contre la connaissance lorsqu'elle devient un motif de s'enorgueillir (1 Co 8.1). Par ailleurs, il ne s'inquiète pas des différences d'opinion qui existent dans l'Eglise sur des questions qui ne sont pas d'importance capitale (Rom 14, Phi 3.15-16). Mais d'autres vérités lui apparaissent tellement essentielles qu'à ses yeux, ceux qui les rejettent ne peuvent être inspirés par le Saint-Esprit. C'est le cas de la confession "Jésus est Seigneur" (1 Cor 12.3; voir aussi 1 Jn 2.22) et de la prédication de l'Evangile du salut par grâce (Gal 1.8-9 et toute l'épître). De son côté, Jean déclare que "tout esprit qui confesse Jésus venu en chair est de Dieu et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n'est pas de Dieu" (1 Jn 4.2-3). Mais ces vérités fondamentales ne sont-elles pas ce que croient tous les chrétiens? Leur confession n'est-elle pas demandée à tout baptisé?

Puisque l'emploi de l'adjectif "spirituel", surtout en parlant des chrétiens, se trouve principalement dans la première lettre aux Corinthiens, on me permettra de me référer à cette épître pour essayer de discerner à quoi on peut reconnaître qu'un chrétien est conduit par le Saint-Esprit dans sa marche vers la maturité. Je répète que tous les critères que j'ai mentionnés plus haut donnent des indications utiles, mais relatives, et doivent donc être utilisés avec beaucoup de prudence, surtout s'il s'agit de faire une distinction entre des croyants qui, les uns comme les autres, appartiennent à Jésus-Christ.

L'humilité

On ne peut manquer d'être frappé par l'insistance avec laquelle l'apôtre Paul met ses frères en garde contre la tentation de s'enorgueillir, de se vanter d'être de super-chrétiens (comme les Corinthiens). C'est cette prétention (et certes pas le Saint-Esprit) qui les conduit à proclamer:" Moi, je suis de Paul ou de Pierre, etc."), à quoi Paul répond:"Que personne ne mette sa gloire dans les hommes" (3.21). Son souci, c'est que personne ne puisse s'enorgueillir devant Dieu (1.29). Tous nos dons, tous nos progrès nous les devons à la grâce de Dieu:" Qu'as-tu que tu n'aies reçu? Et si tu l'as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l'avais pas reçu?" (4.7). Dans Ph 3.4-9, l'apôtre explique comment il a lui-même traduit cette découverte de la grâce dans sa propre vie: "Ce qui était pour moi un gain, je l'ai considéré comme une perte à cause du Christ". En cela, il est en plein accord avec le Seigneur Jésus qui a sévèrement averti "ceux qui se persuadent d'être justes et qui méprisent les autres" en affirmant: "Celui qui s'élève sera abaissé et celui qui s'abaisse sera élevé" (Luc18.9-14) et avec d'autres apôtres, comme Jacques et Pierre, qui tous deux citent le proverbe:"Dieu résiste aux orgueilleux et il fait grâce aux humbles" (Jac 4.6, 1 Pi 5.5). Au chapitre 14 de sa lettre aux Romains, Paul pose des questions qui s'adressent aux chrétiens d'aujourd'hui autant qu'à ceux d'autrefois:" Qui es-tu, toi qui juges un serviteurs d'autrui? (v. 4), "Mais toi, pourquoi juges-tu ton frères? ou toi pourquoi méprises-tu ton frère? Nous comparaîtrons-tous devant le tribunal de Dieu." Aux Galates ("Vous qui êtes spirituels"), il écrit:"Si quelqu'un pense être quelque chose, alors qu'il n'est rien, il s'illusionne lui-même. Que chacun examine son oeuvre propre, et alors, il trouvera en lui seul, et non dans les autres, le sujet de se glorifier". "Les autres" sont ceux qui sont surpris en quelque faute et que nous serions donc tenté de qualifier de chrétiens non spirituels.

Tous ces passages nous donnent une des caractéristiques d'une spiritualité authentique: l'humilité, la libération du besoin de nous faire valoir, de nous convaincre de notre propre justice, de notre haute valeur spirituelle, tout spécialement en jugeant les autres pour démontrer notre supériorité. Une phrase de Luther me parait tout à fait pertinente ici, même si on peut la juger excessive:" Le propre de l'homme charnel est de se croire spirituel et de se plaire; le propre de l'homme spirituel est de se croire charnel et de se déplaire". Il va de soi que celui qui a compris que l'orgueil est l'ennemi n° 1 de la vie spirituelle fera preuve de beaucoup d'humilité et de prudence en portant un jugement sur les autres, donc en cherchant à les classer en "charnels" ou "spirituels".

L'amour

Pour l'apôtre Paul, le test de l'authenticité de la foi se trouve moins dans ce qu'on peut appeler la vie religieuse ou la piété que dans le comportement quotidien des croyants. Dans ses exhortations aux chrétiens, il se préoccupe principalement de la manière dont ils vivent concrètement leur foi, non seulement dans l'Eglise, mais dans tous les domaines de la vie et principalement dans les rapports qu'ils ont les uns avec les autres. Une conduite qui bafoue la volonté de Dieu, qui se résume dans le commandement d'aimer, met en question la réalité de la foi de celui qui se comporte ainsi. L'esprit de division des Corinthiens révèle qu'ils sont encore des enfants en Christ (3.1ss); des dérapages de caractère sexuel obligent l'apôtre non seulement à reprendre ses correspondant (ch. 6), mais à prendre des mesures disciplinaires (ch. 5 ), l'égoïsme et le mépris des plus faibles détruisent la communion entre frères (chapitres 8, 10 et 11). Le même accent se retrouve dans les autres épîtres, où les exhortations apostoliques portent surtout sur la mise en pratique de l'amour que le Seigneur a commandé à ses disciples (Rom, chapitres12 à 14, Eph 4.1 à 6.9, Phi 2.1-18, Col, chapitres 3 et 4, etc.). Aux Galates, il rappelle que la vie nouvelle des croyants, la liberté que le Christ leur a accordée se voit à l'amour qu'ils ont les uns pour les autres et par lequel ils se font serviteurs les uns des autres (5.13). C'est en portant le fruit de l'Esprit, qui est l'amour et tout ce que l'amour produit dans une vie, qu'un chrétien témoigne qu'il est bien né de l'Esprit, qu'il est donc spirituel.

Cela correspond parfaitement à l'enseignement du Seigneur Jésus. "C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez" (Mat 7.20), "A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples si vous avez de l'amour les uns pour les autres" (Jean 13.35).

L'amour que demande le Seigneur ne peut se limiter à un sentiment, à une vague bienveillance. Il doit se traduire par des actes. L'apôtre Jean le rappelle:"N'aimons pas en parole; ni avec la langue, mais en action et en vérité(1 Jean 3.18). Tout le Nouveau Testament, pour nous aider à comprendre ce qu'aimer veut dire, utilise des verbes actifs: accueillir, servir, pardonner, se soumettre, encourager, supporter, faire du bien, etc.

Le texte sans doute le plus décisif à ce sujet est le chapitre 13 de la première épître aux Corinthiens. C'est en quelque sorte la clef de voûte de toute l'épître. Les chrétiens de Corinthe, enclins à se dire spirituels et fiers de l'être, croyaient pouvoir s'appuyer sur des manifestations spectaculaires de l'Esprit pour étayer leurs prétentions. Paul leur répond que toutes les manifestations qu'on est porté à dire spirituelles n'ont aucune valeur si l'amour n'est pas là. Le don des langues, la connaissance, la prophétie, le dévouement, le martyre même ne valent rien sans amour. L'amour ne se voit pas tant à l'extraordinaire, qu'à l'ordinaire de la vie. En effet, la description de cet amour que fait ensuite l'apôtre s'applique aux relations ordinaires et quotidiennes que l'on peut avoir avec les autres. Cela inclut la patience, l'esprit de service, l'humilité, le désintéressement, la maîtrise de soi, la vérité, le pardon, la confiance, l'espérance.

Voilà ce qui caractérise un chrétien "spirituel".

Dans un langage différent, un petit chœur, inspiré du psaume 15, résume bien l'essentiel de ce qui caractérise le chrétien "spirituel":

Seigneur, qui entrera dans le sanctuaire pour t'adorer?

Celui qui a les mains lavées, le cœur purifié, (voir 1 Co 6.11)

qui n'a pas de vanité (voir 1 Co 1.29)

et qui sait aimer (voir 1 Co 13)

1. Les commentaires reconnaissent que la compréhension des versets 10 à 16 du chapitre 2 de 1 Corinthiens n'est pas simple. Deux interprétations en dehors de celle que je propose ci-dessus (avec Morris, Fee, Maillot, Bornkamm, etc.) doivent être signalées. Selon la première (Godet, par exemple), Paul oppose non les croyants aux incroyants, mais les Corinthiens aux apôtres: malgré leur prétention à être spirituels, les Corinthiens sont dans l'erreur, parce qu'ils ne reçoivent pas l'enseignement de Paul (et des autres apôtres). Le pronom "nous" qui revient à plusieurs reprises, spécialement au v. 16 "Nous avons la pensée de Christ", désignerait les apôtres, qui ont posé le fondement de l'Eglise et reçu la vraie connaissance de Dieu. Pour la seconde interprétation (Senft, Héring, etc.), le terme "psychique" du ch. 2 et le terme " charnel" du ch. 3 désignent les mêmes personnes, à savoir les Corinthiens (ou la plupart d'entre eux). En principe, tous ont reçu les Saint-Esprit. En pratique, certains continuent à avoir la pensée du monde et ont une conception "gnostique" de la religion. Le "nous" désigne donc les vrais spirituels, dont Paul fait évidemment partie. J'ai expliqué plus haut dans cet article pourquoi ces deux interprétations me paraissent erronées. Signalons enfin les deux traductions possibles du verset 13:"expliquant les choses spirituelles" ... "à des hommes spirituels" (Colombe, Français courant) ou "en termes spirituels" (TOB, Semeur). Il n'est pas facile de trancher.

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Commentaires

Chrétien
03 mars 2014, à 16:31
Salut à tous,
Je crois que parmi les religieux il y a des personnes qui ne font pas la volonté du Père, et parmi les non-croyants certains la font. Pour moi ce sont eux les chrétiens, et personne d'autre. Qu'ils aient une robe officielle ou non, des lieux "sacrés" ou non (même le ciel peut être assiégé par Satan et ses hordes). La véritable autorité vient de Dieu et non des Hommes.
Lorsque quelqu'un aura vraiment autorité, (ce sera probablement ce consolateur/défenseur que le Christ demandera au Père de nous envoyer), les vrais serviteurs du Christ, le vrai troupeau, reconnaitra alors sont berger, il verra la communion de cet "envoyé" avec le Christ et Dieu, et personne ne pourra rien faire contre son autorité; ni les pharisiens modernes, ni les riches qui gouvernent ce monde, et il enlèvera toutes causes de chute, et rendra à Dieu ce qui lui appartient.
Voilà ce que je crois, mais je me trompe peut être.
Paix à votre âme.
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Misticozinzin
19 mai 2014, à 21:08
Je ne fais plus aucun effort pour m'améliorer : trop coûteux, trop difficile, trop compliqué. Je me contente d'une relation simple avec Dieu, me convaincant qu'il s'en contentera et agira à sa manière, c'est-à-dire dans le secret, à mon insu, et que par conséquent aucun progrés visible ne saurait être constaté, qui en plus me rendrait orgueilleux. Je vois donc dans la stabilité de mon imperfection le gage d'être en bonnes mains et sur la bonne voie. Je ne vais plus à la messe qui m'embête, ni ne me confesse qui embête les prêtres et les dames pieuses qui font la queue, ni ne lis plus la Bible dont je pense avoir tiré l'essentiel et qui pour le reste me parle moins de Dieu qu'un bon documentaire à la télé. Je songe à écrire un livre de spiritualité pour guider les âmes.
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Administrateur des C.e.p.
24 mai 2014, à 16:27
Bonjour cher Misticozinzin, je ne sais si votre commentaire est sérieux ou ironique. S'il traduit une réalité de votre vie spirituelle, permettez-moi de discuter alors un instant avec vous.

Plutôt que de parler de spiritualité, trop limitatif à mon goût, parlons de piété. Je crois qu'elle ne peut être passive, attentiste comme vous semblez la décrire. Bien évidemment, la piété ne peut pas se résumer à une pratique extérieure mais doit demeurer l'expression d’un être transformé par la révélation de l’amour de Dieu.

En ce sens la piété est davantage une manière de vivre qu’une ou des pratiques. La piété est une manière de vivre au quotidien des relations ordinaires à la faveur de la relation extraordinaire que nous vivons avec notre Dieu et Père.

Pour autant, elle ne peut être l'expression d'une foi individualisante. La piété a pour base notre relation à Dieu, une relation vivante, qui s'épanouit s'enrichit continuellement dans cette relation avec le Créateur et ne peut donc s'affranchir d'une méditation régulière de la Bible. Une relation ne peut s'arrêter à une connaissance donnée de ce que nous avons appris de l'autre, sinon l'on se dirige vers l’appauvrissement de cette relation jusqu'à la voir s'éteindre.

Je ne savais pas que la télévision offrait du contenu digne d'intérêt, surtout dans le domaine de la foi et la connaissance de Dieu. Vous m'en voyez plus que surpris de votre remarque. Bref, si vous songez toujours à écrire ce livre, qui je l'imagine ne peut être que la pointe d'humour de votre commentaire, je vous suggère un titre à tout hasard : "Spiritualité d'un enfant de la télé".
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