Sanctification ou entrée dans un conformisme ?

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Sanctification ou entrée dans un conformisme ?

Introduction

"Recherchez la paix avec tous et surtout la sanctification sans laquelle personne ne verra Dieu" (Hé 12.14). Ces paroles de l'auteur de l'épître aux Hébreux nous avertissent sur l'importance du sujet. La sanctification n'est pas une option de la vie chrétienne. Elle est au centre de la volonté de Dieu pour nous. L'apôtre Paul le précise dans sa première lettre aux Thessaloniciens : "ce que Dieu veut c'est votre sanctification" (1 Th 4.3).

La conversion n'est pas une fin en soi, elle débouche forcément sur une nouvelle manière de vivre. Seulement n'y a-t-il pas un risque d'enfermement dans un code de conduite, un moralisme, voire un légalisme ? Après l'expérience de ce grand retour vers Dieu qu'est la conversion, comment vivons-nous tous ces multiples retours au quotidien ? Tout comme sa propre expérience de la conversion peut devenir une grille de lecture pour la conversion des autres, n'y a-t-il pas le risque de voir son propre vécu de la sanctification avec les repères que nous nous forgeons devenir à son tour une norme pour "évaluer" le degré de sanctification des autres ? Ce sont ces questions qui guideront notre réflexion.

Avant d'en venir à la sanctification et aux dérives qui peuvent se manifester, je commencerai par préciser la notion biblique de sainteté. Puis je conclurai par quelques pistes de réflexions pratiques sur le ministère pastoral.

I - Bases bibliques : aux sources de la notion de sainteté

1- QDS : débat sur l'étymologie

Deux mots d'abord sur la racine qadosh qui en hébreux traduit à la fois la sainteté et le sacré. L'étude de cette racine montre bien à la fois la richesse et la complexité de la notion biblique de sainteté. Pendant longtemps, on a interprété cette racine en termes de séparation. C'est l'interprétation traditionnelle : "est saint celui qui est mis à part, séparé"(1) Cette interprétation a forgé une conception souvent négative de la notion de sainteté, avec ses dérives vers un certain moralisme. Pour être saint, il suffirait de faire ou plutôt de ne pas faire toute une série de choses. Le risque est grand à partir de cette définition de réduire la sanctification à une série d'interdictions oubliant qu'elle est avant tout une question de relation avec Dieu.

Mais cette approche qui repose essentiellement sur l'étymologie a été largement remise en question ces dernières décennies. Elle s'avère insuffisante pour rendre compte de la signification des mots. "L'étymologie, écrit Jean Brun, convie donc a un voyage initiatique au bout duquel il est impossible de déchiffrer le voile ultime devant lequel ce voyage nous a conduit"(2). On s'oriente plus vers une étude de l'usage du terme qui ne considère plus seulement la racine d'un mot mais son évolution, son histoire. Si vous prenez par exemple le verbe étonner. À l'origine il voulait dire "frapper du tonnerre". Mais aujourd'hui plus personne ne songe à cet usage !

L'essor de l'archéologie a d'ailleurs largement ouvert les portes du Proche Orient Ancien (P.O.A.). Un nombre suffisant de textes ont été mis à jour pour entreprendre une relecture de la racine qadosh. C'est Claude-Bernard Costecalde qui dans un ouvrage paru en 1986, remet en question l'interprétation traditionnelle(3). À partir d'une étude comparative impressionnante sur l'usage de cette racine dans le P.O.A. allant de la Mésopotamie à Carthage, Claude-Bernard Costecalde en vient à la conclusion que l'usage de qadosh ne fait pas appel à une notion négative de séparation mais plutôt à un principe positif de consécration, d'appartenance. "La consécration est apparue comme un 'don' et non pas comme un 'retrait' : comme une introduction et non pas comme une interdiction : elle introduit l'homme en présence du Dieu Saint, elle ne lui interdit pas l'accès"(4).

Alors : séparation ou consécration, introduction dans la présence de Dieu ou interdiction ? On sent bien que derrière ce débat il y a une notion à la fois riche et complexe qui dès le départ peut donner lieu à des dérives. Pour ma part il ne me semble pas nécessaire de devoir choisir. S'en tenir à l'étymologie, c'est incontestablement prendre le risque de s'enfermer dans le "faire et ne pas faire". Alors que l'usage du terme nous ouvre sur "l'être", la relation et le mouvement vers Dieu (consécration). On retrouve d'ailleurs ici les deux mouvements caractéristiques de la conversion avec la dimension négative de repentance et celle positive de rencontre (5). Le grand mérite de l'étude de Claude-Bernard Costecalde est d'avoir ouvert la notion de sainteté à sa dimension positive d'appartenance qui était jusque là occultée par une approche trop négative. Seulement si l'on s'en tient au donné biblique, il semble difficile d'évacuer toute notion de séparation de l'idée de sainteté. "Vous serez saints pour moi car je suis saint, moi l'Éternel ; je vous ai séparés des peuples afin que vous soyez à moi" (Lv 20.24)(6). L'erreur serait de vouloir réduire la notion de sainteté à l'une ou l'autre de ces définitions. D'autant que les deux définitions ne sont pas incompatibles. "La sainteté a un double aspect, elle est séparation d'avec tout ce qui est délié de Dieu, et consécration à Dieu, à son service, à l'accueil de sa parole, à l'accomplissement de sa volonté"(7). Il me semble qu'une juste définition de la sainteté dépend de l'équilibre de ces deux dimensions qui reflètent deux aspects essentiels de la révélation de Dieu aux hommes : sa transcendance et son immanence.

2- La sainteté dans la Bible : AT et NT.

L'un des livres bibliques qui utilise le plus la racine qadosh est le Lévitique. Dieu s'y présente comme le Dieu saint : "Je suis saint, moi l'Éternel votre Dieu"(8). La sainteté fait partie de l'essence même de Dieu. Dieu est saint et n'a pas besoin de se sanctifier. À d'autres endroits on lit : "je suis le Seigneur qui vous sanctifie"(9). La sainteté vient de Dieu et c'est lui qui la communique. Israël ne peut exprimer sa sainteté que parce que Dieu l'a choisi et parce qu'il lui ordonne de devenir saint. Il ne peut pas se sanctifier lui-même. Tout comme Dieu permet le retour (conversion), il permet aussi la sanctification.

Pour autant le peuple élu ne reste pas passif dans le processus de sanctification. S'il est "déclaré saint"(10), Dieu l'exhorte aussi à "devenir saint" : "soyez saints" (20.26), "efforcez-vous d'être saints"(11) (11.44). Mais c'est toujours grâce à Dieu et pour Dieu que le peuple d'Israël se sanctifie. La sainteté du peuple d'Israël est entièrement conditionnée par la relation d'alliance entre Dieu et son peuple. Elle est une réponse à l'élection divine.

Le commandement "vous serez saints car je suis saint" se rencontre lui aussi à plusieurs reprises dans le Lévitique. Ce précepte touche au cœur de l'alliance conclue entre Dieu et son peuple. Le Lévitique (avec l'ensemble de la révélation biblique) ignore l'éclatement de la réalité en secteurs spécialisés comme c'est le cas dans notre société moderne. Le précepte de sainteté s'applique à toutes les dimensions de la vie : cultuelle (c'est particulièrement vrai du système sacrificiel et de la sainteté requise pour le sacerdoce), éthique (en Lv 19.2 par exemple, ce précepte introduit toute une série de recommandations éthiques que l'on a pu rapprocher du décalogue) ou sociale (cf. la question du pur et de l'impur appliquée aux lois alimentaires, à l'accouchement, aux maladies, aux relations sexuelles sans que la sainteté ait ici une dimension éthique). Même le domaine du temps et de la durée n'échappe pas à son emprise. En appelant les fêtes religieuses des "saintes convocations" (Lv 23), l'auteur souligne que la sainteté investit également les catégories temporelles. Le précepte de sainteté s'applique à l'ensemble de la communauté et de chaque individu qui la compose.

La notion de sainteté déborde largement la dimension morale qui n'est que dérivée dans le Pentateuque :

  • La sainteté y est souvent affaire de plénitude et de perfection notamment physique. C'est ainsi par exemple que le prêtre ne doit pas se faire d'incision. Cette mise en garde se lit trois fois dans le Pentateuque et se trouve toujours rattachée à l'exhortation à la sainteté(12). Autre exemple qui concerne cette fois les prescriptions sur la pureté : la personne atteinte de la lèpre est impure sauf celle entièrement couverte par la lèpre (Lv 13.13).

  • À côté de l'idée de perfection, la sainteté rejoint aussi les notions d'ordre, de distinction. Lv 20.24b-26 : "Je suis le Seigneur votre Dieu, qui vous ai séparé des autres nations. C'est pourquoi vous devez respecter la distinction entre animaux purs et impurs, vous ne devez pas vous rendre impurs vous-mêmes en touchant ceux qui son impurs, animaux, oiseaux ou bestioles qui se déplacent au ras du sol. J'ai établi cette distinction pour que vous sachiez reconnaître ceux qui sont impurs. Soyez saints, consacrés à mon service, car je suis saint, moi, le Seigneur ; je vous ai séparés des autres nations pour que vous m'apparteniez". Une ethnologue Mary Douglas écrit au sujet de la notion de sainteté dans la Thora : "être saint, c'est distinguer soigneusement les différentes catégories de la création, c'est élaborer des définitions justes, c'est être capable de discrimination et d'ordre"(13). Lors de la création en effet, Dieu sépare, il différencie(14) et à la fin il sanctifie le septième jour(15) (unique usage de qadosh dans la genèse). En sanctifiant le 7ème jour qui reste ouvert, Dieu scelle sa création et introduit l'homme dont le mandat est de gérer la création, dans la sainteté. L'homme est le seul à pouvoir discerner les lignes de démarcations inscrites dans la création, à pouvoir nommer la création. Seulement après la chute son sens de la création se brouille et son discernement s'obscurcit. Au lieu de discerner l'homme va confondre ; au lieu de gérer la création il va la détruire. Au cœur de cette entreprise de "décréation", il y a les abominations du Lévitique qui sont des actes de transgression, de confusion (parmi lesquelles l'inceste, l'adultère, l'homosexualité et la zoophilie(16)). En revanche, en respectant les prescriptions du Lévitique, Israël se sanctifie et en se sanctifiant, il se conforme aux ordonnances de la création. On voit que par les distinctions qu'elle opère, la sainteté réhabilite en l'homme les facultés de discernement et l'introduit dans la vraie liberté(17). Si la conversion permet à l'homme de retrouver son humanité, la sanctification lui permet de répondre à sa vraie vocation là où Dieu le place et pas seulement dans des lieux cultuels.

Par la suite la notion de sainteté évolue. Avec Ésaïe la présence trois fois sainte de Dieu n'est plus confinée au lieu très saint mais elle remplit tout le sanctuaire. Elle déborde la sphère du sacré. C'est le cas dans le récit de la vocation d'Ésaïe où le verbe remplir se lit à trois reprises. Les séparations si importantes dans le Lévitique entre le lieu saint et le lieu très saint, s'estompent chez Ésaïe. La notion de sainteté se recentre sur la personne du Messie comme le souligne l'expression "le Saint d'Israël" si spécifique à la prophétie isaïenne. Ésaïe s'adresse à un peuple incapable d'observer le précepte de sainteté. Devant une telle situation, le salut ne peut venir que d'ailleurs. Le Saint d'Israël prélude à une ère nouvelle où la sainteté ne sera plus affaire de crainte et d'exclusion(18) mais de relation et de confiance. Chez Osée Dieu renonce à punir Israël parce qu'il est saint : "je suis le Saint au milieu de toi, je ne viendrai pas avec colère" (Os 11.9). La notion de sainteté rejoint ici l'espérance messianique pour parvenir à son plein accomplissement en Jésus-Christ.

Dans le Nouveau Testament (NT), le titre "le saint" qui jusque là était réservé à Dieu, sert à désigner Jésus(19). Le vocabulaire biblique pour parler de la sainteté dans le NT s'élargit. Il s'applique à Dieu qui nous appelle à la sainteté (1 Pi 1.15), au Fils qui nous sauve et nous sanctifie (Hé 13.12), et à l'Esprit-Saint qui nous conduit dans la voie de la sanctification mais aussi aux membres de l'Église qui sont appelés "saints". Ainsi ce qui restait au stade de l'espérance pour l'Israël de l'ancienne alliance se mue en certitude pour l'Église de la nouvelle alliance. Notons que si le NT n'appelle pas les chrétiens les baptisés ou les convertis, il les appelle les saints. Ce pluriel collectif complète l'appellation de "peuple saint" pour Israël dans l'AT (Es 62.12). Il est intéressant de souligner que le mot en grec est toujours au pluriel(20). Cela montre que si l'appel à la sainteté est personnel, il est indissociable de sa dimension collective, de l'Église : nous sommes une "nation sainte" (1 Pi 2.9). Trop insister sur la dimension individuelle de la sanctification peut conduire à des excès (notamment dans le domaine de l'ascétisme). Le vocabulaire sur la sainteté se "moralise" aussi dans le NT puisque les appels à la sanctification sont souvent accompagnés de recommandations à changer de conduite. Dans sa première épître, Pierre reprend le précepte de sainteté du Lévitique et il ajoute : "soyez saints dans toute votre conduite" (1 Pi 1.15-16). Tout comme c'était le cas dans l'AT, la sanctification continue de s'appliquer à tous les domaines de la vie dans le NT.

Ce bref survol nous permet de conclure que la sainteté est une notion riche, difficile à cerner. Peut-être est-ce la raison pour laquelle on la caricature si facilement. La sainteté n'est pas perçue comme un conformisme mais comme le chemin qui débouche sur le projet de Dieu pour l'homme. Elle concerne toute la vie. Elle ouvre les voies de la sagesse et du discernement.

II - La sanctification et ses dérives

Je propose d'abord de voir deux caractéristiques de la sanctification.

1ère caractéristique : la sanctification se situe dans la continuité de la conversion

Certaines dérives proviennent de la manière dont on interprète (ou enseigne) le rapport entre la conversion et la sanctification. Si on admet volontiers que Dieu est à l'origine de la conversion, que nous sommes sauvés par grâce, sans aucun mérite de notre part, la tentation est grande de "récupérer" les choses par une vie sainte qui reposerait essentiellement sur nos efforts. C'est oublier que Dieu est à l'origine de l'un et de l'autre. Cette récupération perce parfois jusque dans la prédication dont le discours tendrait à dire : "maintenant que vous êtes sauvés, tâchez de vivre différemment" (ce qui n'est pas faux dans la mesure où l'exhortation reste enracinée dans l'œuvre de la grâce). Tout comme l'homme ne peut pas se sauver par lui-même, il ne peut pas non plus se sanctifier par lui-même. Dieu qui est pas l'acteur de notre salut, ne devient pas le spectateur de notre sanctification. En 1 Co 1.30, l'apôtre nous dit : "Jésus-Christ a été fait pour nous sanctification et rédemption".

Si l'Église catholique romaine a eu tendance à confondre les deux, les piétistes (peut-être par réaction) ont eu tendance à les séparer (Wesley, Oswald, Finney ...). Cela a ouvert la voie à l'idée d'une deuxième expérience. Wesley qui déclare qu'un "homme peut être parfait au point de ne pas pécher"(21) prêchait la nécessité d'une deuxième expérience pour obtenir la sanctification. Le salut s'obtiendrait en deux étapes : d'abord on accepte Christ comme son Sauveur (il est à la porte) puis comme son Seigneur (il entre vraiment). Ainsi on pourrait recevoir la justification sans la sanctification. Cette distinction (Sauveur/Seigneur) est utile pour prendre conscience des progrès qu'il reste à faire une fois sauvé. Mais en voulant distinguer, il convient de ne pas séparer ce qui est profondément uni dans la Parole de Dieu. D'ailleurs quand l'apôtre Pierre utilise cette expression, c'est toujours dans l'autre ordre : Seigneur et Sauveur(22).

Tout comme une naissance aboutit à la croissance, la nouvelle naissance aboutit à la sanctification. On ne peut pas séparer l'un de l'autre. D'ailleurs on l'a vu, l'apôtre Paul s'adresse aux chrétiens de Corinthe en les appelant les saints (2 Co 1.1). Dans sa première épître, il commence en disant : "à ceux qui ont été sanctifiés" (1 Co 1.2) et un peu plus loin il leur dit : "vous avez été sanctifiés" (1 Co 6.11). Il ajoute dans le même verset "mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l'Esprit de notre Dieu". Pourtant ces mêmes chrétiens sont loin d'être parfaits puisqu'ils sont charnels (1 Co 2.1). Mais en même temps ils sont saints ! La sainteté est donc dans le NT la position commune de tous les nouveaux nés spirituels. Elle n'est pas réservée à une élite.

Pour illustrer cette unité quelqu'un a comparé la justification à la porte d'un temple dont l'édifice serait la sanctification. On pourrait aussi dire qu'une maison nous appartient dès l'instant où nous avons signé l'acte de vente et qu'on nous a remis les clefs. Mais cette maison ne devient vraiment nôtre que quand elle est débarrassée de tout ce que l'ancien propriétaire a pu y laisser et que nous nous la sommes appropriée en la décorant, en l'aménageant et y mettant des objets personnels. C'est Jules-Marcel Nicole qui, utilisant cette image, ajoute : "Je ne peux pas changer à mon gré mon nouveau domicile avant d'en avoir fait l'achat : et je serais bien sot de l'acquérir sans y apporter les transformations indispensables"(23).

Séparer la justification de la sanctification conduit à des dérives :

  • la première est de se laisser séduire par l'illusion d'une solution instantanée aux problèmes qui subsisteraient après la conversion. La mentalité du "tout, tout de suite" caractéristique du cadet dans la parabole du fils prodigue et particulièrement présente aujourd'hui alimente le besoin d'une réponse immédiate aux difficultés que nous pouvons rencontrer. Nourrir l'illusion d'une solution instantanée au détriment d'une progression plus laborieuse mais plus authentique n'est-il pas à l'origine dans certains cas d'attitudes "rétrogrades" telles que des chrétiens aigris, déçus, découragés ou même blasés ?

  • la deuxième dérive est de nourrir la secrète vanité d'être des chrétiens de première classe(24).

Alors une deuxième bénédiction ? Bien sûr disait quelqu'un et une troisième, une quatrième, une dixième, ... une millième(25).

2ème caractéristique : la tension entre le "déjà" et le "pas encore"

Une deuxième caractéristique de la sanctification dans la Bible tient à la tension entre les textes qui déclarent que nous sommes déjà saints et ceux qui nous incitent à rechercher la sanctification. Nous avons déjà mentionné que l'apôtre Paul appelle les chrétiens de Corinthe "les saints" (2 Co 1.2), "les sanctifiés" (1 Co 6.11). L'auteur de l'épître aux Hébreux dit que "nous sommes sanctifiés, par l'offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes" (Hé 10.10). Mais le même auteur nous incite un peu plus loin à rechercher la sanctification, à devenir saints "recherchez la sanctification sans laquelle personne ne verra le Seigneur" (Hé 12.14). Et dans Apocalypse 22.11 nous lisons : "que celui qui est saint soit encore sanctifié". Comme souvent dans l'Écriture, la vérité consiste à maintenir ensemble deux extrêmes qui sans se contredire nous obligent à garder un juste équilibre afin d'éviter les dérives. Nous sommes un peu comme un équilibriste qui avance sur une corde tendue avec son balancier.

À la différence de la conversion marquée par l'urgence : déjà, Dieu a parlé et bientôt vient le jugement (d'où l'insistance sur le aujourd'hui), la sanctification est marquée par la patience : nous vivons dans l'assurance de la vie éternelle (c'est cette espérance qui nous purifie selon 1 Jn 3.3) et dans confiance que Dieu terminera l'œuvre qu'il a commencée en nous (Ph 1.6). Seulement, force est de constater que nous sommes souvent impatients. Un étudiant demanda un jour à son professeur s'il pouvait suivre son cours en moins de temps qu'il n'était prévu par le programme d'études. Le professeur de lui répondre. "Tout dépend ce que vous voulez devenir. Pour former un chêne, il faut 100 ans, 6 mois suffisent pour former une courge"(26). Si la conversion est instantanée, la sanctification est un processus qui s'étale dans le temps. Le temps de Dieu ne coïncide pas toujours avec notre temps.

Dieu nous rend saints en principe, une fois pour toutes, et c'est sur cette base que notre vie s'améliore de jour en jour. Dans ce sens la sanctification consiste à laisser Dieu agir en nous. Elle n'est pas une œuvre humaine qui s'appuierait sur des techniques, une morale, l'observance de règles ou de pratiques comme voudrait nous le faire croire le moralisme. Godet dit ceci à propos de la différence entre la sanctification et le moralisme : "le moralisme dit à l'homme : deviens ce que tu veux être, la sanctification dit au croyant : devient ce que tu es déjà en Christ"(27). Puisque la conversion opère un décentrage par rapport à nous-mêmes et un recentrage sur Dieu(28), la sanctification est ce processus qui nous permet de découvrir notre vraie identité dans ce nouveau centre qu'est Jésus-Christ. La sanctification est l'œuvre de Dieu (1 Th 5.23), plus particulièrement du Saint-Esprit qui forme en nous l'image de Jésus-Christ (Rm 8.29)(29).

Mais nous ne sommes pas pour autant passifs dans ce processus. Cette œuvre divine demande notre coopération. Elle implique un partenariat dans le cadre de l'alliance avec Dieu qui nous met au travail : "la grâce de Dieu envers moi n'a pas été inefficace au contraire, j'ai travaillé plus que tous les autres apôtres - non pas moi en réalité, mais la grâce de Dieu qui agit en moi" 1 Co 15.10. Comme on le voit dans ce texte, cette coopération consiste moins en un effort personnel qu'en une soumission à l'Esprit-Saint qui agit en nous (1 Co 3.7). Notre participation ne consiste pas tant à faire qu'à laisser faire Dieu ; elle ne consiste pas tant à lutter qu'à résister(30), voire à abandonner nos propres résistances. Il s'agit de s'appuyer sur l'aide que le Dieu Tout-Puissant met à notre disposition par son Esprit sachant que : "Celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde" (1 Jn 4.4). C'est Francisco Lacueva qui pour illustrer cette dimension de la sanctification utilise l'image du chrétien qui remet au Saint-Esprit toutes les clés de son cœur. Dieu peut alors aller où il veut et détrôner les idoles qui se cachent dans les pièces les plus sombres(31). Le combat du chrétien ne consiste-t-il pas alors à ne pas reprendre les clés ?

C'est dans ce contexte qu'il convient d'envisager la lutte contre le péché, le combat spirituel entre le vieil homme et l'homme nouveau. Cette lutte a deux aspects : l'un négatif, c'est la purification du vieil homme (mortification) lequel a été intégralement détruit dans la mort du Christ (Rm 8.3). L'autre positif : c'est le développement de l'homme nouveau. Ainsi celui qui est uni à Christ devient une nouvelle créature.

Cette tension dans laquelle nous sommes entre ce que nous est acquis en Christ et ce qui reste à réaliser dans notre vie par l'œuvre de l'Esprit est essentielle à maintenir. Elle nous préserve d'une passivité coupable, d'un certain laxisme : si c'est bien Dieu "qui produit en nous le vouloir et le faire selon son bon plaisir", l'apôtre Paul nous exhorte juste avant à travailler à notre salut (Ph 2.12-13). Cette tension nous préserve aussi de l'idée que l'on pourrait se sanctifier soi-même, par ses propres efforts et donc d'un certain activisme. Ce qui nous conduirait tout droit à l'attitude de propre justice des pharisiens. "Je suis le cep, dit Jésus, vous les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruits car sans moi vous ne pouvez rien faire" (Jn 15.5).

Après ces deux caractéristiques, j'en viens à deux questions:

Première question : comment concilier l'effort et la grâce ?

Si le principe est clair, la pratique l'est souvent moins. Le principe, c'est que notre effort procède de la grâce, c'est à dire de l'œuvre de Jésus-Christ. C'est le fameux "en Christ" de Paul. C'est en resserrant les liens qui nous unissent au Christ que nous progressons dans la sanctification. Il s'agit donc d'une œuvre qui commence à l'intérieur pour se manifester à l'extérieur et non pas l'inverse. Or il est à craindre que parfois la sanctification dépende davantage de la conformité à certaines règles ou interdits, certains codes ou langage, bref à des signes extérieurs qui définissent plus l'appartenance à un groupe qu'une vie sainte. Si cela peut rassurer (autant le membre d'Église que le pasteur !), on peut se demander si ce n'est pas là aussi au détriment d'une vraie démarche de sanctification. "Le vrai juif est celui qui l'est intérieurement, qui est circoncis dans son cœur, d'une circoncision qui dépend de l'Esprit de Dieu" Rm 2.29. Quand la sanctification s'opère à partir de signes extérieurs, elle n'est qu'apparence et elle empêche alors les vrais changements de s'opérer à l'intérieur (mentalité, choix éthiques etc. ..). Une séparation s'instaure avec le monde sans vraie consécration à Dieu, à son service, à l'accueil de sa parole, à l'accomplissement de sa volonté(32).

Les moyens pour parvenir à cette sanctification ne manquent pas : la parole de Dieu (l'épée de l'Esprit d'après Ep 6.17) : "sanctifie-les par la vérité, ta Parole est la vérité" (Jn 17.17) ; la prière : "veillez et priez afin que vous ne tombiez pas dans la tentation" (Mt 26.41) ; la koinonia : "veillons les uns sur les autres afin de nous encourager à mieux aimer et à faire des oeuvres bonnes" (Hé 10.24)(33)... Mais dans la pratique, chacun de ces moyens peut être détourné de son vrai usage pour devenir une fin en soi et être réduit à une "technique religieuse", voire à un moyen de pression sur Dieu (prières, jeûnes ...). Le risque d'oublier la grâce n'est alors pas loin et la tentation du légalisme frappe déjà à la porte. Ce n'est pas pour rien si juste après avoir dit : "efforcez-vous de mener une vie sainte ; car sans cela personne ne pourra voir le Seigneur" l'auteur de l'épître aux Hébreux ajoute : "prenez garde que personne ne se détourne de la grâce de Dieu" (12.14-15).

Se conformer à certaines pratiques "plus spirituelles" ou faire dépendre sa sanctification de signes extérieures ou de techniques religieuses laisse la porte ouverte aux dérives légalistes. Dans son livre "Touché par la grâce", Philip Yancey se réfère à Léon Tolstoï qui "lutta contre le légalisme toute sa vie et comprit la faiblesse d'une religion basée sur les signes extérieurs ... Selon Tolstoï, tous les systèmes religieux tendent à promouvoir les règles extérieures, ou le moralisme. Au contraire, Jésus refusa de définir une série de règles que ses disciples pourraient alors accomplir avec un sentiment de satisfaction. On ne peut jamais "arriver" si l'on tient compte de commandements aussi fondamentaux que "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée ... Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait" ... Et Philip Yancey de citer Tolstoï : "Un homme qui professe une loi extérieure est semblable à quelqu'un qui se tient sous la lumière d'une lanterne fixée à un poteau. Il y a de la lumière autour de lui mais il n'y a pas d'autre endroit où il puisse continuer à marcher. Un homme qui professe l'enseignement de Christ est semblable à un homme qui porte une lanterne devant lui sur une longue perche, ou une perche pas si longue que cela : la lumière est devant lui, éclairant sans cesse un terrain nouveau et l'encourageant sans cesse à aller plus loin"(34)

Examinons à présent brièvement la deuxième question : à quel degrés de sainteté peut-on parvenir ? Si l'apôtre Paul nous appelle à marcher de progrès en progrès, lui-même confesse n'avoir jamais atteint la perfection (Ph 3.12). Jacques reconnaît que "nous commettons tous des erreurs et de plusieurs manières" (Jc 3.2). Quant à l'apôtre Jean, il déclare : "si nous disons que nous n'avons pas péché nous nous séduisons nous-mêmes" (1 Jn 1.8 et 10). C'est au ciel que nous serons pleinement sanctifiés. "Alors nous serons semblables à Christ" (1 Jn 3.2). "Nous paraîtrons devant sa gloire irrépréhensibles et dans l'allégresse" (Jude 24). C'est d'ailleurs ce qui nous motive à nous purifier même si nous savons qu'ici-bas, nous ne faisons que tendre vers la perfection (1 Jn 3.3). Ces textes devraient nous rendre attentifs contre les dérives perfectionnistes.

Cela dit, cette croissance se traduit par des progrès réels, même s'ils ne sont pas toujours perceptibles et s'ils demandent souvent du temps. Ces progrès sont rendus visibles notamment par les oeuvres bonnes, une vie de service, des fruits au premier rang desquels la bonne conscience : "nous sommes certains que nous avons une bonne conscience, car nous désirons bien nous conduire en toute occasion" (Hé 13.18). Nous le savons bien cette progression n'est pas rectiligne mais plutôt "sinueuse". Les acquis restent précaires : "que celui qui pense être debout prenne garde de tomber" (1 Co 10.12). Raison de plus pour être patient sachant que c'est Dieu qui mène à son terme ce qu'il a commencé en nous : "je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ" (Ph 1.6).

III- Conséquences pratiques (il s'agit de pistes de réflexions par rapport à la vie d'Église et à la pratique pastorale).

Ministère de la Parole

  • Il est facile de réduire la sanctification à une série de choses à faire ou à ne pas faire. Le meilleur antidote contre les dérives notamment légalistes ou conformistes n'est-il pas la prédication axée sur la grâce de Dieu ? C'est Philip Yancey qui fait remarquer qu'en anglais, les notes d'agrément que le compositeur ajoute à sa partition se nomment "grace notes"(35). Jouer la partition sans ces fioritures est certes possible, mais l'œuvre risque fort de devenir austère. Une prédication fermement arrimée à la grâce saura éviter les écueils du formalisme et du légalisme. La grâce nous aide à voir la sanctification dans sa richesse. Non pas comme un conformisme mais comme une voie ouverte vers la volonté de Dieu pour nous.

  • Si la Parole de Dieu est le moyen par excellence de sanctification (Jn 17.17), sa lecture devrait sans doute occuper une place importante dans le déroulement du culte.

Ministère d'écoute et d'accompagnement dans la prière

  • Parce que la sanctification est l'œuvre de Dieu au même titre que la conversion, nous pouvons être confiants dans le Seigneur : il fera lui-même croître les frères et sœurs dont nous avons la charge dans la ressemblance à Jésus-Christ. C'est ce que nous rappelle la parabole de la semence qui croit automatiquement en Marc 4.26-29. Après la parabole du semeur qui souligne la résistance à recevoir la Parole (1 terrain sur 4 seulement porte du fruit), cette parabole insiste sur l'extraordinaire force de la semence. C'est Dieu qui fait croître. C'est lui qui nous sanctifie tout entier. Il est fidèle. Il achèvera lui-même ce qu'il a commencé en nous (1 Th 5.25). Il y a là un puissant encouragement pour notre ministère d'écoute et de relation d'aide. Alphonse Maillot écrit : "nous sommes tentés d'aller voir si la semence pousse bien ou mal, tentés d'étudier les causes de la mauvaise germination, de chercher les conditions d'une meilleure récolte et surtout tentés d'aider cette germination, de tirer sur la plante fragile pour la faire grandir. Ce qui revient toujours à la tuer"(36). L'auteur de nous exhorter à nous concentrer sur les semailles et à combattre la tendance naturelle à l'inquiétude, voire au pessimisme. "Ce ne sont ni nos veilles, ni nos angoisses, ni nos tourments, ni nos oeuvres qui feront germer la semence"(37). La même chose peut s'appliquer dans le domaine de la sanctification.

  • Cela dit tout bon jardinier doit veiller. Le rôle de l'écoute est important. Dans ce domaine, les questions font plus avancer que les réponses toutes faites et surtout nous l'avons vu la patience.

Accueil et discipline

Savoir accueillir ceux dont la vie n'est pas conforme à l'évangile tout en restant vigilant, il y a là un juste équilibre à trouver car le pas est vite franchit entre laxisme et légalisme. Sans doute y aurait-il besoin ici d'une réflexion sur un juste usage de la discipline. Gerald Bray nous interpelle là-dessus : "il nous incombe de bien entendre l'appel à la pureté dans la vie de l'Église. Des mouvements sectaires sont nés à cause de lui et se sont développés lorsque des croyants ont négligé de prendre au sérieux leurs responsabilités ... Les réformateurs ont enseigné que la discipline est l'une des marques de la véritable Église"(38).

Quelques questions pour conclure

  • Ne serait-il pas utile de prévenir la tendance naturelle à faire dépendre la sanctification des signes extérieures en acceptant, voire en encourageant la pluralité des expressions dans la pratique du culte ? Dans le domaine de la louange par exemple, la sanctification ne se mesure pas à la hauteur des bras levés, pas plus qu'elle ne se mesure à la longueur des cheveux.
  • Dans notre zèle pour la bonne marche de l'Église, n'y a t-il pas le risque de confondre activisme (présence à beaucoup de rencontres) avec sanctification ? Ou de laisser croire que la sanctification se mesure à la participation au plus grand nombre de réunions ?
  • Enfin comment envisageons-nous le rôle que peut jouer la communion fraternelle dans la sanctification ?

1. Des études portant sur l'étymologie de la racine QDS sont venues appuyer cette interprétation. L'une des plus importante date de plus d'une siècle (cf. W.W. BAUDISSIN, Studien zur semitischen Religionsgeschichte, Heft II, Leipzig, 1898).

2. Jean BRUN, L'homme et le langage, PBU, Paris, 1985, p. 30.

3. Claude-Bernard COSTECALDE, Aux origines du sacré biblique, Letouzey & Ané, Paris, 1986.

4. Op. Cit., p. 138.14

5. cf. précédent article de Bernard BOLAY sur la conversion.

6. Ce passage est absent de l'analyse de Claude-Bernard Costecalde qui il est vrai, se livre pour l'essentiel, à une étude comparative des données du P.O.A.

7. G. AUZOU, De la servitude au service, Paris, éditions de l'Orante, 1961, p. 252.

8. cf. Lv 11.44 ; 19.2 ; 20.26 ; 21.8.

9. cf. Lv 20.8 ; 21.8.

10. En hébreu, il s'agit de l'usage du pi'el.

11. Traduction du hitpa'el

12. Lv 19.27, 28 ; 21.6 et Dt 14.1.

13. Mary DOUGLAS, De la souillure, FM fondations, Paris, 1981, p.73.

14. C'est sans doute l'expression "selon son espèce" qui rend le mieux compte de cette différenciation (cf. Henri BLOCHER, Révélation des origines, PBU, Lausanne, 1979, p. 64). Or la Thora utilise ce terme (mîn en hébreu) avec parcimonie et de façon sporadique. On le trouve essentiellement dans le récit de la création, celui du déluge et au chapitre 11 du Lévitique pour les prescriptions alimentaires.

15. Cet usage est à relever car la racine QDS est rarissime dans le premier livre de la Bible.

16. cf. chapitres 18 et 20 du Lévitique.

17. Sur la question de la sainteté dans le Lévitique, voir mon article : "La notion biblique de sainteté", La Revue Réformée, n° 173 avril 1992, pp. 22-30.

18. Je pense en particulier au tragique épisode de Nadab et Abihu, exterminés sans doute par mesure de grâce vis-à-vis de tout le peuple (Lv 10.1-6).

19. cf. Ac 3.14 et la confession de Pierre : "tu es le saint de Dieu" (Jn 6.69).

20. A l'exception d'un passage toutefois (Ph 4.21) mais où le sens retenu est finalement aussi un pluriel.

21. cf. Jules-Marcel Nicole, Précis de Doctrine Chrétienne, éd de l'IBN, Nogent-sur-Marne, 1983, p. 215.

22. 1 Pi 1.11 ; 2.20 ; 3.2 ; 3.18.

23. Jules-Marcel NICOLE, Op. Cit., p.208.

24. Sur ces deux dérives, voir Henri BLOCHER, La doctrine du péché et de la rédemption, fac étude, Vaux-sur-Seine, 1983, p.408.

25. Ibid.

26. cf. Francisco LACUEVA, l'œuvre de la grâce, éd grâce et vérité, Mulhouse, 1984, p. 94.

27. Frédéric GODET, Commentaire de l'épître aux Romains, chapitre 6, verset 11.

28. cf. conférence de Bernard BOLAY sur la conversion.

29. Francisco LACUEVA, Op. Cit., p.93.

30. Il est intéressant de noter que dans Éphésiens 6, l'apôtre Paul envisage le combat spirituel avant tout comme une œuvre de résistance et non pas d'avancée sur le terrain ennemi.

31. Francisco LACUEVA, Op. Cit., p. 95.

32. Pour reprendre ici la citation de G. AUZOU (infra note 7).

33. La liste n'est pas exhaustive, on pourrait ajouter notamment les épreuves qui émondent (Jean 15).

34. Philip YANCEY, Touché par la grâce, Vida, 2000, pp. 224-225.

35. Philip YANCEY, Op. Cit., pp. 8-9.

36. Alphonse MAILLOT, Paraboles de Jésus, Labor et Fides, Cerf, 1993, p. 32.

37. Ibid. p. 33.

38. Gerald BRAY, "La vie chrétienne", La Revue Réformée, juin 1997/3, p. 93.

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