La grâce de donner - 2 Corinthiens 8.1-15

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Dans le déroulement du culte chaque dimanche il y a plusieurs éléments qui ne changent pas. Nous écoutons toujours des passages bibliques, nous avons un temps de louange, un temps de confession, d’intercession, une prédication, et ainsi de suite. Certains dimanches nous célébrons aussi la Sainte-Cène, et nous savons bien pourquoi toutes ces choses font partie du culte. Et bien sûr, il y a l’offrande. L’offrande ? Mais au juste, pourquoi l’offrande fait-elle partie de notre culte ?

La grâce de donner - 2 Corinthiens 8.1-15

Il y a bien des Églises où l’offrande se fait très discrètement, dans un tronc qui est placé à l’entrée, par exemple. Et si dans certaines Églises, l’offrande est moins visible que dans la nôtre, il y a d’autres Églises où l’offrande, on pourrait presque dire la collecte de fonds, joue un rôle beaucoup plus central. Et il y a certaines émissions chrétiennes à la télévision où la place de l’argent peut nous mettre franchement très mal à l’aise. Dans certaines Églises, il y a des règles sur la dîme : si vous êtes membre de telle Église, vous êtes censé donner la dîme, 10 % de vos revenus, à l’Église, et il peut y avoir même une forte pression pour que vous le fassiez. Dans d’autres Églises, comme la nôtre, beaucoup donnent sans doute la dîme, mais il n’y a aucune vérification sur ce que chacun donne, sauf bien sûr en ce qui concerne les reçus fiscaux. Certains trouvent que nous ne parlons pas assez de notre gestion de l’argent en tant que chrétiens, et c’est sans doute vrai. Mais comment trouver le juste milieu, comment parler d’argent sans mettre les gens sous une pression humaine ?

La Bible nous donne bien sûr beaucoup de principes sur l’offrande. Dans l’Ancien Testament, les sacrifices, la dîme et les offrandes avaient trois grands buts : d’abord, pour demander le pardon des péchés ; puis pour le maintien du culte : la construction du tabernacle et du temple, le soutien des prêtres et des lévites, et finalement pour aider les pauvres : dans le livre du Deutéronome il est souvent question de l’immigrant, de l’orphelin et de la veuve(1).

Et le principe de l’offrande continue dans le Nouveau Testament. Bien sûr, Jésus-Christ s’est offert une fois pour toutes pour payer le prix de notre péché : nous ne faisons pas l’offrande pour demander le pardon, mais pour remercier Dieu de nous avoir pardonnés, et les offrandes pour le maintien du culte (ce qui comprend l’évangélisation), et pour les pauvres sont maintenues comme nous allons voir.

Nous allons lire un passage ce matin tiré d’une des lettres de Paul à l’Église de Corinthe. C’était une Église où il y avait beaucoup de problèmes en même temps qu’une grande ferveur. Paul essaie de les aider à résoudre ces problèmes, et il leur parle aussi de l’offrande dans ses deux lettres. Il est clair que le but de l’offrande dont il parle ici était pour répondre à un besoin particulier, mais il donne des principes qui sont valables pour d’autres occasions aussi. La situation particulière était celle-ci : les chrétiens de la Judée menaient une existence très précaire, certains ayant été rejetés par leurs familles à cause de leur foi, et ils étaient les premiers à connaître la persécution. Cela semble avoir été un besoin chronique, et les Églises de la Grèce et de l’Asie Mineure avaient donc résolu d’envoyer de l’aide humanitaire à leurs frères et sœurs en Judée.

Lecture à faire : 2 Corinthiens 8.1-15 (ce message est basé sur la version “à la Colombe”, mais vous pouvez lire le texte dans d’autres versions).

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais Paul utilise des mots indirects pour parler de cette offrande. Il ne parle jamais ici de quête ou de collecte, et même le mot offrande est seulement utilisé dans le chapitre qui suit. Au contraire, il parle de libéralité, de service (dans d’autres traductions : générosité, aide) et même d’une œuvre de grâce aux versets 6 et 7. Et nous arrivons au centre de l’idée biblique de l’offrande ici. Le mot grâce ou rendre grâces se trouve 5 fois dans ce passage et 5 fois en 1 Corinthiens 9.6-16, même si certaines versions traduisent le mot grâce différemment chaque fois : parfois par grâce, parfois par faveur ou par générosité, mais en grec, et dans la version à la Colombe, tous ces termes se résument au mot grâce. C’est ce mot qui va guider notre étude ce matin, car dans ce passage nous voyons que la grâce précède l’offrande, elle l’accompagne, et elle la suit.

D’abord, la grâce qui précède l’offrande

Il s’agit bien sûr de la grâce que nous recevons de la part de Dieu, et cela devrait être la grande motivation de notre offrande à Dieu. Voir ce que dit Paul aux versets 8-9 : 

Je ne dis pas cela pour donner un ordre, mais pour éprouver, par l’empressement des autres, la sincérité de votre amour. Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ qui pour vous s’est fait pauvre de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis. 

Et de nouveau, au chapitre 9 v. 15 : 

Grâces soient rendues à Dieu pour son don ineffable !

C’est pourquoi Paul ne veut pas donner un ordre à ce sujet. Un ordre spécial n’est pas nécessaire, car notre désir de donner devrait découler de notre amour pour Dieu en retour de son amour pour nous. Nous disons que nous aimons Dieu – mais qu’en est-il de notre amour ? Est-ce tout simplement un sentiment de bienveillance envers Dieu, ou est-ce que nous nous rendons compte......

1. Deutéronome 10.18, 14.29, 24.19, etc. Voir aussi Exode 23.9, Lévitique 19.10, ...

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