Service ou servitude ?

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Prédication d’envoi donnée en novembre 2016 par Joëlle Razanajohary à l’occasion de la pastorale nationale de la Fédération des Églises Évangéliques Baptistes de France. Le message qui suit s’inscrit dans le thème choisi pour cette pastorale : « Le ministère pastoral : service ou servitude ? ». Une vraie question qui se pose ou se posera, à un moment ou à un autre, à tout serviteur se frottant à la réalité exigeante du ministère. Comment servir et jusqu’où ? Existe-t-il des limites à poser, ou s’agit-il plutôt d’un état d’esprit à rechercher et à habiter ?

À la suite des enseignements donnés par John Wilson et Anne Meynier-Schweitzer, Joëlle Razanajohary nous aide à réfléchir à une juste posture pour demeurer, à la suite du Christ, un serviteur libre. Cette réflexion, prioritairement adressée aux pasteurs et responsables d’Église, sera aussi profitable aux paroissiens souhaitant prendre soin de leurs bergers.

Service ou servitude ?

Psaume d’un pasteur baptiste inconnu…

« Ah Seigneur, mon âme est triste à mourir (Mt 26-38). Écoute ma prière. Penche ton oreille vers ton serviteur et vers les paroles de ma bouche (Ps 54). Ne te dérobe pas à mes supplications ! J’erre çà et là en proie à l’agitation et je soupire dans ma détresse à cause de la voix de l’ennemi. Je fais face à l’oppression des méchants. Ils font s’abattre sur moi le malheur et m’accusent avec colère. Mon cœur tremble au-dedans de moi et les terreurs de la mort tombent sur moi (Ps 55). J’ai tout donné pour ton peuple et ils aiguisent leur langue comme une épée. Ils lancent leurs flèches, des paroles acerbes, pour tirer sur un homme intègre ; ils tirent sur lui à l’improviste et n’ont aucune crainte (Ps 64). Sauve-moi, ô Dieu ! Car les eaux me viennent jusqu’à la gorge. J’enfonce dans la fange profonde, sans pouvoir me tenir, je suis parvenu au tréfonds des eaux, un courant me submerge. Je m’épuise à crier, mon gosier se dessèche. Mes yeux défaillent dans l’attente de mon Dieu (Ps 69). Mais je sais que tu m’écoutes, Éternel, toi qui m’as fait. Toi qui m’as choisi et qui m’as façonné depuis ma naissance. Toi qui es mon soutien et grâce à qui je suis sans crainte. Oui, je suis ton serviteur, et je crois que tu répandras des eaux sur le sol altéré et fatigué de mon cœur, des ruisseaux sur la terre desséchée de mon âme. Tu répandras ton esprit sur l’œuvre de mes mains et ta bénédiction sur la communauté où tu m’as placé et elle germera comme les saules près des courants d’eau parce que tu es Dieu… ». (Es 44.1-4)

Vous avez certainement reconnu les auteurs de ces paroles, illustres serviteurs du Seigneur qui nous ont précédés et qui ont souffert avant nous. Comme eux, nous avons tous ressenti un jour cette profonde détresse, ce sentiment douloureux d’avoir tout donné, d’avoir fait tout ce qui était humainement possible dans une certaine situation ou dans un ministère et de n’avoir reçu en retour que reproches et critiques, amertume et rejet. Chacun de nous aurait alors pu écrire un psaume similaire, mélange de souffrances et de plaintes, de sentiments d’incompréhension, aussi bien de la part des hommes que de Dieu. Où donc est notre Dieu, lorsque le ministère pèse ainsi sur nos épaules, comme une chape de plomb ? Où est sa délivrance, son soutien ? Pourquoi n’agit-il pas ici et maintenant pour remédier aux torts qui me sont faits ? Ou pour résoudre cette situation qui encombre si violemment la vie de la communauté ? Pourquoi n’ouvre-t-il pas les yeux de ce frère, de cette sœur qui a tant d‘attentes injustifiées à mon égard, ce qui finit par transformer mon ministère en « calvaire »…

Ô Dieu… Entre service et servitude, il semble n’y avoir qu’un pas, un tout petit pas que je franchis si souvent, même si je ne le souhaite pas… Nous opposons souvent ces deux réalités comme si elles s’excluaient l’une l’autre, accueillant la première, rejetant la seconde. Et pourtant je me questionne : Jésus lui-même n’aurait-il pas exprimé quelque chose de l’ordre du poids de la servitude lorsqu’il s’est écrié ...

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