Texte de prédication : « Quand Dieu s'engage, Il tient ce qu'Il promet » ... [Romains 8.32]

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Cette prédication a été donnée en maintes occasions en raison d’un ministère en partie «itinérant». La première fois, ce fut en l’Assemblée de Dieu d’Albi en avril 1997. Je m’y rendais pour dire au revoir à une Église avec laquelle j’avais collaboré tout au long de mon ministère dans les Églises baptiste d’Albi et libre de Carmaux. Le choix du texte a eu deux ressorts : la volonté de prêcher sur un texte riche que je n’avais jamais abordé et la sensibilité à la fidélité de Dieu en un temps où j’étais éprouvé dans ma santé. La densité du texte m’a conduit à me concentrer sur un seul verset (1) qui me semblait pouvoir rendre compte de la richesse de l’ensemble.

Texte de prédication : « Quand Dieu s'engage, Il tient ce qu'Il promet » ... [Romains 8.32]

Vous avez tous eu sur votre écran d’ordinateur des pop-up, de ces fenêtres publicitaires non sollicitées qui vous promettent monts et merveilles! La dernière m’a annoncé que j’étais sélectionné d’une façon exceptionnelle pour gagner une BMW série 1. Je me suis pris brièvement à rêver et pourtant je sais que la sélection loin d’être exceptionnelle s’apparente à du matraquage publicitaire - depuis cette 1ère annonce, j’en ai vu s’ouvrir une dizaine d’autres toutes aussi enthousiastes pour le même jeu - et surtout je sais que je ne gagnerai pas, pas plus qu’à tous les jeux qui me sont quasi imposés.

Quel rapport avec Pâques et avec le texte que je viens de lire, me direz vous? C’est celui de la promesse que Dieu fait ici en son Fils livré pour nous (2). Ce que j’observe, c’est qu’à force d’être l’objet de promesses mirobolantes qui ne se vérifient jamais - pensez simplement aux promesses électorales dont certains hommes politiques disent avec cynisme «Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent». Nous devenons blasés et il nous en faut toujours plus pour éveiller notre capacité à croire. Et ces allers-retours incessants entre désillusion et espoir insensé tendent à influencer notre foi. Je ne m’explique pas autrement cette recherche de plus en plus marquée dans une bonne part du christianisme pour l’hyper méga extraordinaire qui n’a d’égal que la misère intérieure de beaucoup de frères et sœurs qui n’arrivent pas à s’emparer des promesses de Dieu et à croire en sa bonté pour eux. Je voudrais vous montrer en ce temps de Pâques que les promesses de Dieu n’ont rien à voir avec celles des hommes, quand il s’engage il tient ce qu’il promet et ce qu’il promet dépasse tout ce que nous pouvons imaginer ou même penser.

Scrutons sa promesse en Romains 8.32 en posant 3 questions:

Quelle garantie nous offre Dieu?Quel est le contenu de sa promesse?À quelle condition, pouvons-nous en bénéficier?Une sérieuse garantie

Elle tient à un petit mot - il faut toujours lire ce qui est écrit en petits caractères dans les contrats - qui lient le contenu de la promesse - ce qui est à venir - à ce que Dieu a déjà fait dans le passé, très précisément ce qu’il a accompli en son Fils.

Ce petit mot c’est aussi→ Dieu nous donnera toute chose comme il nous a déjà tout donné en Christ à la croix.

Il y a là une triple garantie:

a) la promesse repose sur un acte historique indéniable qui a bouleversé l’histoire de l’humanité. Il ne s’agit donc pas d’un pari ou d’une spéculation. Pour le dire en termes financiers, Dieu a d’avance provisionné le compte qu’il nous destine. b) la promesse s’enracine dans un engagement d’une valeur inestimable. C’est son propre Fils que Dieu a livré, la valeur de son engagement est celui d’un contrat scellé par le sang le plus précieux. À l’heure où le sang coule à nouveau à flot pour satisfaire les exigences d’Allah ou d’autres dieux, il n’est pas inutile de remarquer que Dieu ne dépouille personne, n’exige ni otages, ni sang versé mais qu’il pourvoit lui-même au sacrifice. Pour le dire encore une fois en termes financiers, non seulement Dieu a d’avance provisionné le compte, mais il l’accompagne d’une garantie illimitée de paiement.c) La promesse est si certaine qu’elle précise les bénéficiaires: il l’a livré pour nous tous. Nous touchons là à la souveraineté mystérieuse et incontestable de Dieu que Paul évoque plus tôt en ces termes ceux qu’il a connus d’avance… il les a aussi prédestinés ou dans la lettre aux Éphésiens Dieu nous a élus avant la fondation du monde.

Pour revenir à notre image bancaire, Dieu a non seulement d’avance provisionné un compte, garanti par une caution incontestable, mais il a encore rédigé des chèques à notre nom avant même qu’aucun des jours de notre vie n’existe. → Quand il nous arrive de douter de l’amour de Dieu, c’est que nous oublions qu’il n’a plus rien à nous prouver parce qu’il a déjà tout accompli en son Fils: la garantie est en béton armé. Il y a là un combat de la pensée à mener avec l’aide de l’Esprit pour ne pas nous laisser troubler par le malin et par le monde qui lui est soumis (3).

Un solide contenu

C’est un autre petit mot qui définit le contenu de la promesse, mais ce mot mérite une attention particulière pour éviter de se méprendre. Ce mot c’est tout. D’emblée, il faut se demander si «tout» veut dire «vraiment tout»? Oui ou non.

Non, parce que ce n’est pas le tout du monde, des discours publicitaires qui promettent la possession immédiate, le bonheur sans obstacle, la facilité permanente. Nos contemporains ne veulent qu’une chose, c’est tout et tout de suite. Ce n’est pas ce que propose l’Évangile, du moins s’il est compris et annoncé droitement. L’Écriture parle d’espérance c’est en espérance que nous avons été sauvés [24-25], ne cache pas les difficultés présentes tribulation, angoisse, persécution, … [35s] et rappelle le besoin de persévérance.

Notre déception à cet égard provient d’une mauvaise compréhension de l’Évangile ou d’un aveuglement.

Oui, parce que c’est le tout avec lui et ce tout est là et fabuleux. Il se résume en une chaîne glorieuse de bénédictions à la suite du Fils, premier né d’un grand nombre de frères [29-30]. En d’autres termes ce «tout avec lui», c’est:

• notre passé réglé par son expiation• notre présent transformé par l’adoption• notre avenir assuré par Sa résurrection

soit notre vie entière changée par son intervention et ce, pour l’éternité.

En un mot le «tout» qui nous est promis c’est le tout de l’amour dont Paul nous dit si bien, inspiré par l’Esprit, que rien ne pourra nous en séparer.

→ Dieu ne promet pas ici, ni ailleurs dans l’Écriture, de satisfaire notre insatiable convoitise (ah, comme nous aimerions être comme Dieu maître de toute chose!), mais de nous accorder en son Fils par l’Esprit la pleine mesure d’amour qui nous permettra de vaincre les difficultés et de lui rester fidèle.

On peut vivre sans richesse Presque sans le sou Des Seigneurs et des Princesses Y’en a plus beaucoup Mais vivre sans tendresse On ne le pourrait pas. (Marie Laforêt/Bourvil)La gratuité absolue

Après avoir vérifié le sérieux de la garantie et la solidité du contenu, reste à examiner les conditions d’application de la promesse:Qui peut donc prétendre à une telle manifestation d’amour de la part de Dieu?

Selon mon expérience, c’est ici précisément que notre incrédulité se révèle la plus tenace:Oui, nous croyons à la garantie offerte par la croix,Oui, nous croyons au solide contenu du «Tout avec lui», Mais nous avons plus de mal à croire que c’est pour nous. Pour d’autres peut-être, mais pas pour nous, nous ne nous sentons pas dignes d’une telle promesse, nous n’avons pas mérité une telle faveur, nous ne pourrons jamais plaire à un tel Seigneur.

Si vous pensez cela, permettez-moi de vous dire que vous avez mille fois raison en ce qui vous concerne. Mais vous vous trompez totalement en ce qui concerne Dieu, car tout cela nous est donné et, comme le rendent certaines traductions, cela nous est donné par grâce (4). Une notion qui fait de la promesse divine quelque chose d’unique qui peut se résumer ainsi: Sa gratuité est totale, elle est sans condition, la foi seule est requise.

a) Tout, absolument tout, est cadeau de Dieu. La croix, l’appel, la conviction, la régénération, la protection et même le service! D’où l’assurance inébranlable de Paul: puisque tout est l’œuvre de Dieu, personne ne peut contrarier l’accomplissement de sa promesse [38s]

b) Tous, absolument tous, peuvent être au bénéfice de la promesse. Marie la sœur de Lazare, Pierre qui a renié son maître, le brigand sur la croix, Paul le persécuteur de l’Église, Izumi le pianiste japonais, Mbalidam Précille la jeune femme de Soulédé au Cameroun ou encore le meurtrier de la prison d’Angers (5).

c) La foi seule est requise.La foi seule est la seule chose qui n’ajoute rien à l’œuvre de Dieu, car elle est entièrement tournée vers son objet, elle n’existe que par Lui et pour Lui. Pour le dire en termes imagés, la foi est comme la signature au bas d’un contrat dont Dieu a, à la fois, rédigé et rempli les conditions.

Signer ce contrat n’ajoute rien à l’œuvre accomplie par Dieu, mais change toute la perspective pour le signataire. En effet, apposer sa griffe, c’est remettre sa vie entre les mains de celui qui a livré celle de son Fils bien-aimé pour notre salut.

NB1: cette double caractéristique - de ne rien ajouter, mais de tout engager - en fait quelque chose de repoussant pour l’homme pêcheur car il n’y a ici aucune place pour son orgueil ni pour sa prétention à l’indépendance.NB2: cette foi requise, c’est encore Dieu mystérieusement qui nous la donne au moment où, touché par son amour, nous répondons oui à Son appel.

Conclusion

Tout bien considéré, la garantie, sérieuse, le contenu, solide, la condition, étonnante, la promesse de Dieu n’est-elle pas radicalement différente de celles de ce monde? Plus j’avance dans la vie et plus je mesure la fragilité et souvent la vanité des promesses humaines. Gilbert Sinoué dit d’elles:

Les promesses d’hommes sont pareillesaux vagues de la mer: elles meurentaussi vite qu’elles naissent.

Par contre, plus j’avance avec le Seigneur et plus je scrute ses promesses, plus je suis émerveillé par la grandeur de son amour. Et Pâques que nous allons fêter résume admirablement tout ce que Dieu le Père nous a déjà donné Jésus-Christ son Fils et tout ce qu’il nous promet: la libération de la loi du péché et de la mort, le pardon, la paix, la résurrection et l’avènement de nouveaux cieux et d’une nouvelle terre où la justice habitera!

Y aurait-il donc autre chose de plus extraordinaire à espérer?N’y a-t-il pas plutôt à saisir ce qui est déjà promis et qui ne nous sera pas repris?

→ À ceux qui doutent: levez les yeux vers Christ, souvenez-vous que nous avons tout en en lui et renouvelez-lui votre confiance.→ À ceux qui se croient forts: souvenez-vous que tout est don dans la vie avec le Seigneur (6).

1. Bien que la prédication porte strictement sur le verset 32, je lis toujours du verset 28 au verset 39. Autre détail, je lis toujours le texte en tout premier, avant même l’introduction. C’est pour moi une façon et d’éviter d’orienter l’écoute du texte et de signifier symboliquement que la Parole de Dieu est première pour nourrir notre foi.

2. L’introduction a été adaptée pour un culte de l’Institut Biblique de Nogent, en mars 2008.

3. Comme vous avez pu l’observer, le texte tout en étant précis n’est pas totalement rédigé. C’est le niveau de précision qui m’est nécessaire pour ne rien oublier tout en gardant une marge d’adaptation orale selon l’auditoire. Dans la pratique, le fait de répéter une même prédication en divers lieux est une excellente école pour parfaire son travail oratoire. À ce titre, le fait de prêcher deux fois par dimanche pendant 7 ans m’a beaucoup appris.

4. Faute d’avoir regardé d’assez près les traductions (et donc le texte grec) initialement, je m’appuyais sur l’évidence de la présence de cette expression «par grâce». Quelle ne fut pas ma surprise en prêchant dans une Église de l’Action Biblique en Suisse d’entendre mon auditoire réagir à mon affirmation! En effet, l’expression n’apparaît pas dans la traduction de la Bible de Genève qui a cours dans ce milieu. J’ai pu sans grande difficulté expliquer mon affirmation, mais cela m’a servi de leçon.

5. Ce genre d’énumération permet d’être plus ou moins prolixe selon le temps dont vous disposez pour prêcher (entre 20 et 45 mn selon le type d’Églises) et la réceptivité de l’auditoire. Généralement, je m’efforce de raconter l’histoire de la conversion d’une des personnes mentionnées.

6. J’ai pour habitude de laisser un appel à mes auditeurs en fin de message et de le différencier en fonction des situations possibles. Quand je donne cette prédication dans une Église, j’y ajoute un appel à l’intention de ceux qui ne croient pas encore, mais qui hésitent à faire le pas.

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Commentaires

M2k
20 février 2014, à 00:32
Vou lir m'aura donné l'assurance encore+ grnde,DIEU a TouT dner et dnne tjr TouT c ntr victoir. la FOI dan l'ESPERANCE.
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