Critiquer et être critiqué – comment gérer ?

Extrait
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La nature humaine étant ce qu’elle est, personne ne pourra plaire à tout le monde. Tant que l’Esprit de Dieu n’a pas encore fini de nous sanctifier, nul chrétien n’est parfait, nous en convenons. Que celui qui n’a pas de défaut lève le doigt !

Faire des erreurs, c’est donc inévitable. Ce constat est quelque peu rassurant. « Je ferai de mon mieux, mais n’attendez pas de moi la perfection ».

Critiquer et être critiqué – comment gérer ?

Inévitable

Selon un dicton américain, il n’y a que deux certitudes dans la vie humaine : un jour on mourra, et jusque-là on paiera des impôts. On pourrait y ajouter une troisième : on vous critiquera.

Chacun fera des erreurs. Le problème est que le premier à le remarquer est le plus souvent quelqu’un d’autre. Pas moi. Moi, j’étais persuadé qu’il fallait agir comme ça, et puis, je suis désagréablement surpris que cela n’ait pas plu à tout le monde. Il peut arriver aussi que j’apprenne que des personnes de mon entourage ont parlé dans mon dos, non pas de ce que je leur ai fait à elles mais à d’autres.

Parfois, ce sont nos collaborateurs les plus proches qui nous font des reproches ou qui se mettent à critiquer notre façon de faire. « Myriam et Aaron parlèrent contre Moïse » (Nb 12.1).

Chacun est confronté à des critiques, d’une manière ou d’une autre. Surtout quand on est en position de responsabilité et que l’on prend des décisions qui concernent d’autres personnes. Il en est ainsi dans la société en général comme dans les Églises et les œuvres chrétiennes.

Le mécontentement est au rendez-vous, non seulement quand on commet une erreur, mais aussi quand on fait du bien.
Comment l’éviter ? « La critique est évitable en ne disant rien, en ne faisant rien et en n’étant rien », citation attribuée au philosophe grec Aristote.

Il ne nous est pas naturel d’accepter cet aspect de notre condition humaine. Pourtant nous devons apprendre à l’accepter. Cet apprentissage va nous aider à mieux le gérer.

Souvent, nous essayons d’avancer malgré les critiques, mais on peut aussi avancer grâce à elles !

Définitions

Critique : le mot vient du grec kritikos, qui signifie « capable de juger, de discerner ». Or, dans les langues modernes, comme le français, ce mot peut avoir plusieurs significations :

1) On parle d’un moment critique quand on doit prendre une décision difficile et risquée, ou d’un état critique qui correspond à une crise, à un seuil. Il faut agir sur la base d’un bon discernement de la situation.

2) Une critique, c’est aussi l’évaluation d’une personne ou de ses actes. Ce jugement peut être positif ou négatif. C’est dans ce sens que le mot est utilisé pour l’art de juger et d’analyser des œuvres littéraires ou artistiques. « C’est une des meilleures critiques qui m’aient été faites » dira un pianiste dont un journaliste a fait l’éloge.

3) La critique textuelle est aussi une recherche académique par rapport à la genèse d’un texte et de son éventuelle évolution. La Bible, par exemple. Un « appareil critique » comporte les sources, les variantes dans les manuscrits, etc.

4) Pour les juristes, une « critique » signifie une discussion rigoureuse des moyens proposés par la partie adverse.

5) En philosophie, la raison critique est pour une analyse rationnelle de la manière dont nous obtenons de la connaissance par rapport aux phénomènes que nous observons. Le système d’Emmanuel Kant, par exemple.

Le mot critique peut aussi avoir une signification négative, et c’est cette connotation que nous retenons dans notre chapitre :

6) Un avis négatif, un reproche, voire un blâme déversé sur autrui. « Sa décision lui a valu beaucoup de critiques ».

7) On parle aussi d’une action critique quand elle fait ressortir indirectement les défauts de quelqu’un d’autre. « Sa conduite est une critique de la vôtre ».

Dans le langage courant, c’est presque toujours dans ce sens négatif que l’on emploie le mot « critique ». Preuve en est la pléthore de synonymes, utilisés à profusion : accusation, blâme, censeur, condamnation, contestation, détracteur, diatribe, jugement, murmure, objection, remarque, remontrance, réprimande, réprobation, reproche, satire.

Critiquer

Le phénomène de critiquer des personnes et leurs œuvres se décline en deux aspects : nous le faisons et nous en faisons l’objet, et il faut savoir gérer l’un comme l’autre.
Commençons par le premier.

Le positif d’abord

Dans nos Églises, nous n’avons pas la culture de l’encouragement sous forme de critique positive, comme cela se fait si naturellement dans la culture américaine, par exemple. Il me semble que c’est là quelque chose à développer.
Le fait même de parler de critique amène souvent à penser qu’il s’agit de mettre en évidence uniquement ce qui est négatif, or, ce n’est pas forcément le cas : une critique peut soulever autant de points positifs que négatifs.

Place à la critique

Ceci étant dit, on n’évite pas les situations dans lesquelles on se sent obligé de pointer du doigt quelque chose que l’on désapprouve.
Au sein de la communauté des croyants, la critique est souvent considérée comme source de trouble. On a tendance à l’éviter au nom de l’amour fraternel. Pas mal de responsables dans l’Église vont ainsi avaler des couleuvres, encore et encore, parce qu’ils hésitent à dire ce qui ne va pas. Oui, prendre le taureau par les cornes est risqué, on se met dans un état critique, mais parfois il faut avoir le courage de passer par là, afin de redresser une situation ou remettre quelqu’un sur de bons rails.

Les prédicateurs soulignent, à juste titre, la soumission à la volonté de Dieu. Souvent ils y ajoutent l’obéissance à ceux qui nous conduisent dans le Seigneur. C’est important, mais il faut également souligner que les conducteurs doivent se soumettre à la Parole, eux aussi, et donner l’exemple de ce qu’ils demandent aux autres. C’est aux fidèles de juger, dans le bon sens du terme. Sinon, la parole n’est pas libérée mais étouffée, et toute critique devient d’emblée suspecte.

De plus, l’Église est un lieu d’échange d’opinions, d’ouverture, d’écoute, de discussion autour de la Parole. Étant donné la diversité dans le corps du Christ, tous ne pensent pas pareil. Nous ne sommes pas sous la loi, mais sous la grâce. Et « l’amour supporte tout » dit l’apôtre (Gal 3 ; 1 Co 13).

Or, cela crée justement le cadre pour dire la vérité dans l’amour.

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