De bons conseils

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Dans la préface de ce Cahier de l'École Pasorale, nous avons défini le conseil comme un groupe de responsables élus par les membres d’une Église locale. Ils collaborent avec le(s) pasteur(s) dans la gestion de cette Église et dans la coordination de ses activités. Ce groupe se situe donc au cœur de la vie de la communauté.
Il n’existe pas de modèle unique, car la gouvernance de l’Église varie selon les unions ou les fédérations d’Églises, les sensibilités théologiques et les traditions dont la communauté locale est héritière.
Le fonctionnement du conseil dépend également de facteurs locaux : le style du pasteur, la composition socioculturelle de l’Église, sa démographie (jeunes, âgés, familles, célibataires…), et sa taille. On distingue des Églises familiales (jusqu’à 75 personnes environ au culte) et tribales (entre 80 et 150 personnes au culte). Rares sont les Églises en France qui dépassent le seuil de 150 membres, mais elles existent. Quant à la taille méga (plus de 1.000 personnes au culte), elle est encore très exceptionnelle. Et puis, il y a des différences au niveau de la ligne théologique, de la pratique du culte et de la spiritualité dominante du groupe. Toutes ces spécificités se répercutent sur le travail du conseil.
Néanmoins, on peut parler du conseil au sens inclusif du terme. Dans ce chapitre, nous abordons un certain nombre de points pratiques qui s’appliquent aux conseils en général, quels que soient le modèle et les spécificités locales.

De bons conseils


Autonome, mais pas cavalier seul

Les Églises évangéliques adoptent grosso modo le modèle congrégationaliste, ce qui veut dire que chaque communauté locale est autonome dans sa gestion, son organisation, sa liturgie, sa prédication et son action missionnaire. Or, le modèle congrégationaliste implique également que les communautés locales soient liées les unes aux autres. Bien qu’elles aient une grande liberté d’action, elles ont choisi de ne pas faire cavalier seul.

Par ailleurs, du mot latin pour alliance, foederus, vient notre mot « fédération ». Certaines familles d’Églises adoptent ce terme (la fédération baptiste, par exemple), d’autres se sont alliées en « union » (les Églises Évangéliques Libres, par exemple), ou en « communauté ». Peu importe, le principe c’est que la communauté locale est l’Église, mais pas toute seule, pas sans d’autres Églises. Les différentes communautés s’aident mutuellement pour accomplir des choses qu’elles auraient du mal à faire toutes seules. Par exemple : formation théologique, œuvres sociales et missionnaires. De plus, elles font le choix d’une réflexion commune sur des orientations théologiques, sur des questions éthiques qui se posent dans la société. Ensemble, elles élaborent des textes fondamentaux, etc. Enfin, il y a une coordination nationale au niveau de la reconnaissance du ministère pastoral, les changements de pasteur, l’implantation de nouvelles Églises, ou encore le financement des locaux.

Le degré de surveillance des instances nationales peut varier d’une union d’Églises à l’autre, mais en milieu évangélique leur « pouvoir » reste limité, si bien que les conseils au niveau local ne tiennent pas toujours suffisamment compte de leur responsabilité vis-à-vis de l’union des Églises. Parfois, ils ignorent ce que cette union met à leur disposition dans le domaine de la formation, de la comptabilité (salaires, par exemple), et de l’administration (textes types pour un règlement intérieur, contrats d’assurance, etc.).

Souvent, le lien avec les instances nationales passe par le seul pasteur. C’est fort dommage, car cela renforce l’idée erronée selon laquelle l’union ou la fédération serait l’affaire des pasteurs. Mieux vaut impliquer plusieurs conseillers.
Il est important que le conseil fasse régulièrement le point sur les échanges avec les instances nationales. Courriers, textes, synodes ou congrès, visites, participation aux travaux des comités et des commissions, nouvelles d’autres Églises…

Faut-il des anciens ?

Dans nombre d’Églises se pose une question récurrente : est-il impératif d’avoir des anciens au sens biblique du terme ?
Certaines Églises en ont, d’autres n’utilisent pas ce terme – ce qui ne veut pas dire d’ailleurs qu’elles n’en ont pas. Il faut bien distinguer entre la fonction et l’appellation.

Dans le Nouveau Testament on trouve plusieurs mots pour désigner les responsables d’une Église locale, et il est clair que ces mots sont largement interchangeables (anciens, conducteurs, surveillants, bergers, etc.)

Nommer des anciens, seulement pour se conformer au langage biblique, cela n’a pas de sens. Il faut que cela corresponde aux besoins de l’Église (sa taille, ses besoins, les soucis pastoraux) et aux compétences et à la disponibilité de certains.
Quand la question se pose, une Église doit résister à la tentation d’entamer de longues discussions et de trancher elle seule. Mieux vaut remettre le sujet aux instances de son union d’Églises, qui sont créées, justement, pour trouver des réponses à de telles questions. Et de prendre au sérieux leurs lignes de conduite.

Ceci étant dit, une discussion au niveau local peut être utile, dans la mesure où l’Église est activement concernée. Les chapitres d’Alain Nisus et de David Brown dans cet ouvrage peuvent nourrir cette réflexion. Nous y ajoutons quelques éléments.

Nombre d’Églises considèrent que les conseillers élus par les membres de l’assemblée font office d’anciens ou de responsables dans le sens biblique du terme. Pas besoin de les appeler « anciens ».

Une autre manière de voir les choses est de considérer que le pasteur exerce la fonction d’ancien et qu’il suffit qu’un groupe de responsables travaille avec lui en équipe pour mettre en pratique la collégialité enseignée par le Nouveau Testament. Ce n’est pas nécessaire de les appeler « anciens ».

Dans ce système, la fonction de ces responsables est de veiller. Certains peuvent enseigner ou s’engager dans le suivi pastoral, s’ils ont les dons et la formation requis. S’ils travaillent aux côtés du pasteur, ils ont un mandat à durée déterminée, comme les autres conseillers. Ils n’ont pas le même statut que le pasteur qui reste l’« ancien » principal, de par sa formation théologique, de son statut dans l’union des Églises et de sa tâche spécifique.

Pour d’autres encore, l’Église de Jérusalem avec ses anciens (pluriel) sert de référence principale pour un modèle collégial selon lequel la communauté locale est dirigée par un groupe d’anciens qui sont tous pasteurs. Ce modèle est retenu par les Assemblées de frères, par exemple.

Certaines Églises évangéliques font une distinction organique au sein du conseil. Quelques conseillers, appelés « anciens » ou autre, assument des tâches plutôt pastorales et « spirituelles », sous la direction du pasteur, tandis que le reste, appelé « diacres » ou autre, se charge des tâches administratives et matérielles. Tout comme la tradition réformée, avec son consistoire au sein du conseil presbytéral.

Les deux groupes peuvent se réunir séparément, mais pour les choses importantes, ils sont ensemble en tant que conseil d’Église.

Si une Église souhaite avoir des anciens qui disent leur nom, la prudence est de mise. Souvent, un titre change un homme (ceux qui insistent sur ce titre le réservent en général pour les hommes). Sur le terrain, on voit, hélas, que certaines personnes adoptent alors une posture de chef, de gardien de la tradition, de contrôleur de tous, ce qui peut générer une rivalité avec le pasteur.

Il arrive que des anciens soient nommés par un pasteur ou élu par une assemblée pour une durée indéterminée. C’est-à-dire, à vie. Quand leur fonctionnement devient problématique, difficile de les déboulonner ! Il nous semble être sage que les « anciens » soient proposés par le conseil (selon les critères bibliques), élus par l’assemblée et que leur mandat soit limité (par exemple, trois ans renouvelables une seule fois).

Cahier des charges

Dans son deuxième chapitre, Alain Nisus détaille le rôle du conseil. La liste des tâches qu’il a dressée est longue et impressionnante. Il a pris soin d’ajouter que le conseil doit bien répartir les tâches, en laisser certaines au pasteur, et instituer des commissions et des comités ad hoc pour certains travaux qui risquent de trop alourdir la charge des conseillers.
Certaines tâches sont décrites dans les statuts, d’autres dans le règlement intérieur, d’autres encore découlent des directives qui émanent des instances de l’union à laquelle appartient l’Église locale. Parfois, il existe même un vrai cahier des charges pour le conseil, mais dans la plupart des cas son contenu est non écrit, à découvrir sur place.

Les textes et les règles sont importants, mais ce sont les hommes et les femmes de la communauté qui les mettent en application, de façon toujours imparfaite !

Il est nécessaire d’avoir des statuts bien rédigés. Il est fort utile de rédiger une charte ou vision de l’Église pour que les nouveaux membres sachent à quoi ils s’engagent en entrant dans l’Église. Encore faut-il s’y tenir ! Et c’est là où l’on découvrira que même les textes les plus jolis et les plus théologiquement corrects vont souffrir dans les mains de pasteurs et d’Églises pécheurs.

L’art d’être conseiller est donc de respecter les textes intégralement et de comprendre les limites humaines.
Par ailleurs, on ne peut pas tout régler avec un texte !

Définir et redéfinir la vision de l’Église

Lors d’un stage de l’École Pastorale (octobre 2010), le pasteur Assan Mérabti a témoigné comment l’Église à Dijon, dont il a la charge, s’est développée. Il travaille avec un conseil d’un côté, et une équipe pastorale de l’autre. Ces deux groupes ont travaillé sur un texte qui décrit la vision de l’Église, ses objectifs, ses valeurs, son mode de fonctionnement. Cette charte, pour ainsi dire, est présentée aux nouveaux venus, auxquels on demande d’adhérer à la vision de l’Église. « Si cette vision ne leur convient pas, ce qui est tout à fait possible, ils peuvent décider de ne pas se joindre à nous et chercher ailleurs », disait le pasteur Mérabti, en précisant que cela ne lui posait pas problème. Aucune Église ne peut convenir à tout le monde. C’est pourquoi il y a une diversité d’expressions du même Évangile.

Ce que nous retenons de son intervention est l’importance de définir l’identité et la vision de l’Église. La communauté doit savoir « qui nous sommes » et ce qu’elle souhaite vivre. Un document de charte ou de vision va permettre à la communauté de se définir. Cependant, ce document ne doit pas être le travail d’une personne (le pasteur) ou de quelques-uns seulement (l’équipe pastorale). Il s’agit de la vision pour toute une communauté. Plus ils sont nombreux à participer à la réflexion, mieux c’est.
Pour cela, les membres doivent apprendre à se faire confiance et qu’ils prennent le temps de se parler et de s’écouter.

C’est ainsi qu’un texte va émerger, sous la direction d’un rédacteur coordinateur, bien évidemment. Le pasteur ?

De plus, ce texte va évoluer, car on doit y revenir à intervalles réguliers. Tous les quatre ans, par exemple.

Pour écrire une charte ou vision, on peut s’adresser à d’autres Églises pour avoir des idées.

Écouter les membres

Un aspect important du travail des responsables est d’écouter les membres, leurs souhaits, leurs réactions, leurs idées. Les membres doivent être encouragés à prendre des initiatives.

Le conseil peut aussi encourager la recherche et la découverte des dons des membres. Il peut les inviter à participer à la louange, à l’école du dimanche, à l’équipe de prédicateurs, etc.

Les réunions

Un conseil, ça se réunit. Quelle fréquence ? Une fois par mois semble être un bon rythme. Plus importante encore est la discipline. Un conseil, ça respecte les horaires. Être à l’heure, terminer à l’heure.

Dans les Églises aux Pays-Bas, on connaît l’expression : « vers 10 heures le soir, le Saint-Esprit se couche ». Autrement dit, à partir de là, la plupart des gens sont saturés, fatigués, surtout quand ils ont travaillé toute la journée. Seuls quelques-uns restent en forme, ce qui leur permet d’abuser de la faiblesse des autres pour imposer leur point de vue. Les autres ont envie de se reposer au lieu de se creuser la tête. Mieux vaut reporter la discussion. Le lendemain, on regrette souvent les discussions et les prises de décision tardives.

La discipline liée à l’ordre du jour

Une autre discipline est d’établir un ordre du jour et de s’y tenir. Le bureau peut l’établir à l’avance et estimer le temps à allouer à chaque sujet.

Certaines Églises utilisent un ordre du jour type, composé de points incontournables (état des finances, planning des mois à venir, évaluation, courrier reçu, nouvelles de la fédération, etc.) et des variables, en fonction de la période de l’année.

Au début de la réunion, les conseillers peuvent ajouter d’autres points encore, tout en tenant compte de la limite de temps disponible.

Comme le veut la tradition, quelqu’un ouvre la réunion avec une méditation biblique. Est-ce vraiment obligatoire ? Nécessaire ? Utile ? N’a-t-on pas d’études bibliques pour cela ?

Une alternative serait de prendre plus de temps, une fois tous les trois mois, pour une formation appropriée sur un sujet relatif au travail du conseil. Par exemple, distribuer un texte par courriel que tous peuvent lire d’avance, faire un bref résumé lors de la réunion et puis discuter des questions qui en découlent.

Quelqu’un a fait un PV ou un compte rendu. Il faut l’arrêter, donc on passe en revue le texte. Or, il s’agit seulement de vérifier si ce qui a été dit la dernière fois est juste, pas d’entamer de nouvelles discussions !

Quant aux questions diverses, l’incontournable avant-dernier point, on oublie trop souvent que les sujets soulevés ne font pas partie de l’ordre du jour – sinon, on aurait dû les inclure au début de la réunion. En général, on prend note de ces points divers et si un sujet nécessite une discussion ou une décision, ce sera pour la prochaine réunion.

Chacun dans son rôle

Qui préside le conseil ? Parfois, c’est le pasteur, parfois un autre membre du conseil. Dans le dernier cas de figure, on doit être vigilant à ce que cette fonction ne prenne pas trop de poids. La présidence n’est pas un statut dans l’Église, comme le pensent à tort certains présidents, qui se croient appelés à tout contrôler, tout diriger, comme un chef, un patron d’entreprise.

Le président préside les réunions, veille au bon déroulement, et permet à chacun de s’exprimer. Et quand le conseil ne trouve pas de consensus, son rôle n’est pas de faire pencher la balance en sa faveur mais de laisser murir le sujet – afin d’y revenir une prochaine fois.

Une présidence tournante ? Pourquoi pas. Cependant, l’association doit avoir un président statutaire auprès des autorités civiles.
Le bureau (président, secrétaire, trésorier, et vice-président) peut se retrouver pour préparer les réunions du conseil (établir l’ordre du jour, préparer les documents à distribuer d’avance, effectuer la première lecture des PV). Si cela se fait, le bureau doit quand même faire preuve de retenue, afin de ne pas devenir un conseil restreint qui prend des décisions et réduit les autres conseillers au rôle de figurants.

Comment surveiller les secteurs d’activité ?

Il existe deux modèles. Selon le premier, il y a un conseiller à la tête de chaque activité (groupes de maison, groupe de jeunes…), avec d’autres personnes dans son équipe.

C’est le modèle centralisateur. Le conseil est présent partout.

Selon le second modèle, les différentes activités sont organisées et animées par des équipes. Chaque équipe a son responsable, qui n’est pas nécessairement un conseiller. Par contre, il y a pour chaque secteur d’activité un conseiller relais, qui entretient le lien avec l’équipe. L’avantage de ce modèle est que les conseillers ont moins de charges et plus de temps pour leur tâche principale qui est de veiller au bon fonctionnement de l’Église dans son ensemble.

Créer d’autres lieux d’échange

Tout ne peut pas être discuté au conseil. Il est utile de déléguer la responsabilité de certaines activités à d’autres groupes. Certains parlent de commissions. On peut aussi parler d’équipes.

Il faut des lieux pour parler des divers domaines de la vie de l’Église. Des réunions ad hoc sur une question qui concerne toute la communauté. Les animateurs de tel ou tel domaine d’activité peuvent se retrouver régulièrement avec le pasteur, etc.

Bien préparer les AG

C’est dans la mesure où les assemblées générales sont bien préparées par le conseil qu’elles vont être efficaces. Le pire est de laisser mijoter des conflits pendant l’année et de les laisser faire surface lors de l’AG. Quand il y a des problèmes dont on doit discuter lors de l’AG., il faut créer des forums, des occasions où l’on peut en discuter, avant qu’ils ne soient abordés lors de l’AG. Cela permet une réflexion, une écoute des différents points de vue.

D’où le besoin d’étudier les sujets, de préparer des textes, de consulter l’Église. Au moins une réunion de préparation. Dans l’AG, on va proposer des options claires pour que l’Église puisse choisir.

Candidatures

Dans beaucoup d’Églises, c’est le conseil qui choisit et propose les candidats. Nous ne sommes pas convaincus par cette méthode, car cela ressemble à de la cooptation. Le conseil n’est pas toujours à l’écoute de l’Église. Les conseillers risquent de ne pas regarder plus loin que le cercle étroit autour d’eux.

Autre possibilité : une commission électorale, composée de deux membres du conseil et de deux autres membres de l’Église. Reste à savoir qui nomme les deux derniers ! Pourquoi pas l’AG ? Sinon, le conseil, qui doit veiller à ce que la commission reflète tant soit peu la diversité de l’Église.

Faut-il proposer le nombre de candidats correspondant au nombre de postes ? Certaines Églises proposent huit candidats pour quatre postes. Cela peut entraîner larmes et frustrations chez les non élus.

Mais si on propose autant de candidats que de postes disponibles, une élection n’a plus de sens.

Il existe aussi des Églises où aucun candidat n’est proposé. Pendant l’AG, les gens votent pour qui ils veulent, après explications et exhortations à discerner la volonté de Dieu. Nous sommes plutôt favorables à cette troisième méthode, car nous croyons à la sagesse de l’Église dans son ensemble, si elle est bien enseignée. En plus, cela permet de faire émerger des personnes auxquelles le conseil ou la commission d’élection n’aurait jamais pensé !

Critères

Pour élire des conseillers, il faut avoir des critères clairs. Parmi les critères bibliques (notamment dans 1 et 2 Tm, Tt 3), on ne trouve pas « bonne confession de foi » ou « connaissances théologiques ». Par contre, on y trouve : piété, écoute, ouverture, sagesse, modération, vision, compétence pour mener son rôle de conseiller. Des critères très importants sont : disponibilité et capacité de travailler en équipe, capacité à déléguer et à laisser de la place aux autres.

Ensuite, il s’agit de faire un choix pour que le conseil d’administration soit représentatif de l’Église dans son ensemble. Il doit représenter ses différentes composantes : jeunes et âgés, familles et célibataires, hommes et femmes, sans oublier les différentes origines culturelles.

Tout cela doit être expliqué avant les élections.

Mandat

Les responsables devraient plutôt être nommés pour un mandat limité, à durée déterminée. Les gens ne se sentiront pas piégés par leur responsabilité, et ils ne seront pas indéboulonnables.

Par exemple, un mandat de deux à quatre ans, renouvelable une ou deux fois. C’est un point pour le règlement intérieur.

Soutenir et former les conseillers

L’Église doit prier régulièrement pour ses responsables, les valoriser.

Certains membres du conseil fonctionnent mal parce que personne ne leur a enseigné comment faire. D’où la nécessité de la formation des conseillers. C’est une tâche qui revient en première instance au pasteur, mais quand il est sage, il invitera des intervenants de l’extérieur, proposera des lieux de formation (cours à distance, Formapré, séminaires).

Nous revenons sur ce que nous avons dit sur le temps de formation que l’on peut inclure dans les réunions du conseil. Évidemment, cela nécessite une préparation.

Faire appel à des « sages » pour aider à prendre des décisions peut aider le conseil à trouver des réponses aux problèmes survenus.

Il faut aussi des temps de retraite et de prière.

Esprit d’équipe, la parade à toute prise de pouvoir

Il y a des Églises où ministère pastoral égal pouvoir, mais c’est contraire à l’esprit d’équipe que nous enseigne le Nouveau Testament. Le ministère pastoral est exercé collégialement. Cela veut dire que le conseil et d’autres responsables sont mis à contribution, dans les choses spirituelles comme matérielles.

Parfois, le conseil est un véritable lieu de pouvoir. Au lieu d’un pasteur homme à tout faire, on a un conseil qui décide de tout et contrôle tout. En réalité, ce sont certains conseillers – ou un seulement – qui ont le pouvoir tandis que les autres hochent la tête.
Ce cléricalisme collectif est un réel danger. Un collège peut parfois concentrer davantage le pouvoir qu’un seul pasteur. Il faut éviter des concentrations de pouvoir, et cela passe par des contre-pouvoirs, tout comme dans la société, où l’on sépare le législatif, l’exécutif et le judiciaire. C’est pourquoi il est nécessaire de créer d’autres équipes, de déléguer certaines tâches, de nommer des responsables en dehors du conseil. Le conseil, le pasteur et tous les autres groupes doivent apprendre à travailler ensemble, dans un esprit d’équipe. C’est la parade à toute prise de pouvoir.

Pour que ces équipes puissent bien vivre, il est important d’investir dans les relations.

Gérer les heurts, enlever les blocages

Enfin, nous restons des êtres humains avec beaucoup de défauts et de points faibles. Quand on le reconnaît, on a déjà trouvé la moitié de la solution !

Par exemple, la mauvaise habitude de contestation systématique peut provenir de blessures cachées, souvent inconscientes.
Certains ont un besoin maladif de revanche. Ou une puissante volonté de prise de pouvoir.

Sans parler des personnalités manipulatrices. Ce genre de personnes fait beaucoup de dégâts.

Au niveau de la connaissance, certains étalent des certitudes excessives, ils semblent incapables de capter un point de vue qui ne correspond pas à leur système théologique.

D’autres manifestent un zèle mal orienté.

Comment réagir ? Prendre du recul et apprendre à relativiser.

Quand les relations sont brouillées et que le travail en équipe est bloqué, le conseil peut se faire aider par un sage de l’extérieur. Une autre solution est de partir (en tant que pasteur), de quitter (le conseil). Parfois, il faut avoir le courage de se séparer des éléments qui créent des blocages dans la vie de l’Église.

Enfin, nous devons tous apprendre à servir, et nous avons tous besoin de nous ouvrir à l’action de Dieu. S’en rendre compte est le préalable à toute solution que l’on cherche.

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