Autres villes des évangiles

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Autres villes des évangiles

Jésus en a parlé

SODOME ET GOMORRHE

Ces deux villes antiques, disparues à l’époque de Jésus, étaient synonymes d’immoralité et de perversité. Lot, le neveu d’Abraham, avait dû les quitter précipitamment pour échapper au jugement divin.
Ceci ne fait que souligner le caractère totalement inattendu des propos de Jésus lorsqu’il dit à propos des villes qui ont été au bénéfice de son message, mais qui ne l’ont pas accepté : « Le jour où Dieu jugera les gens, il sera moins sévère avec les habitants de Sodome et de Gomorrhe qu’avec les habitants de cette ville ! » (Matthieu 10. 15). C’est donc que, pour Jésus, les apparences et même les faits ne disent pas tout d’une ville ou de quelqu’un.
Son jugement portera sur le cœur de chacun qu’il est seul à bien connaître.

SAREPTA

Faisant face à l’incrédulité de ceux qui l’avaient vu grandir, Jésus leur déclare sans détour :
« À l’époque du prophète Élie, il y avait beaucoup de veuves dans le peuple d’Israël… Pourtant, Dieu n’a pas envoyé Élie pour aider une veuve d’Israël. Il l’a envoyé chez une veuve qui vivait à Sarepta, dans la région de Sidon. » Et d’ajouter : « À l’époque du prophète Élisée, il y avait aussi beaucoup de lépreux dans le peuple d’Israël. Pourtant, Élisée n’a guéri aucun lépreux d’Israël, mais il a guéri Naaman le Syrien » (Luc 4.25-27, voir aussi 1 Rois 17.9-24).
Pour Jésus, Dieu ne se laisse pas enfermer dans les frontières des États, des ethnies, ni même des religions. Il ne parle pas qu’aux « bons », mais aussi à ceux qui ne voient pas clair ou qui se trompent, à ceux qui sont rejetés ou regardés de travers. Ce sont eux, du reste, qui ont réservé le meilleur accueil à Jésus.

NINIVE

C’est dans cette ville que le prophète Jonas avait été envoyé des siècles plus tôt pour proclamer de la part de Dieu : « Encore 40 jours et Ninive sera détruite. » Cette ville était réputée pour sa cruauté. Elle était située sur le Tigre, à peu près à 500 km au nord-ouest de l’actuelle Bagdad. Ninive était exceptionnelle par sa taille, raison pour laquelle la Bible l’appelle « la grande ville ». Il paraît, d’ailleurs, qu’il fallait trois jours de marche pour la parcourir. Elle avait aussi pour particularité que ses hauts remparts n’entouraient pas que des maisons, mais aussi des champs, des jardins, des étables, tout ce qu’il lui fallait pour vivre de manière indépendante du reste du monde. Ninive a été pendant longtemps le symbole de l’arrogance et de l’orgueil.
Malgré son lourd passif, Jésus n’hésite pas à la comparer d’une manière positive aux villes juives de son époque. Le prophète Jonas avait été particulièrement dépité que Dieu pardonne à cette ville qui avait versé tant de sang israélite et fait tant de mal à son peuple. Non seulement Jésus cautionne Dieu son Père, mais il précise :
« Les gens de Ninive ont changé leur vie quand ils ont entendu Jonas. Et il y a ici quelqu’un de plus important que Jonas ! C’est pourquoi, quand Dieu jugera les gens, les habitants de Ninive se lèveront en face des gens d’aujourd’hui et ils les accuseront ! » (Matthieu 12.41,42).

VILLES DU DÉLUGE

Le livre de la Genèse explique que le premier déluge est survenu à cause de la méchanceté des habitants de la terre à cette époque. Celui-ci fut une catastrophe d’une ampleur exceptionnelle qui a tout englouti sur son passage.
Jésus évoque ce jugement divin pour en faire l’image d’un jugement encore plus terrible qui attend l’humanité rebelle à la voix de Dieu. Il parle de catastrophes, de cataclysmes, de tremblements de terre à venir et ajoute :
« Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul. En effet, comme ont été les jours de Noé, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. En effet, aux jours qui précédèrent le déluge, les gens mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; et ils ne se doutèrent de rien jusqu’à ce que le déluge vienne et les emporte tous ; il en sera de même à l’avènement du Fils de l’homme. Alors, de deux hommes qui seront aux champs, l’un sera pris et l’autre laissé ; de deux femmes qui moudront à la meule, l’une sera prise et l’autre laissée. Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra » (Matthieu 24.36-42).

Des personnages de l’Évangile y ont vécu

D’APRÈS L’ÉVANGILE

TIBÉRIADE

Sur la rive occidentale du lac (ou mer) de Galilée, Hérode Antipas avait fondé, autour de l’an 20 de notre ère, une nouvelle capitale qu’il avait appelée « Tibériade » en l’honneur de l’empereur romain Tibère. La ville était bâtie à la mode romaine, avec un palais, un théâtre et un stade. Il est probable que Jésus n’y soit jamais allé. Son ministère se concentrait, loin des grandes cités, dans la série de villages autour de la côte nord du lac.
Tibériade est cependant nommée par l’évangéliste juste après la multiplication des pains :
« […] D’autres barques viennent de Tibériade. Elles arrivent près de l’endroit où les gens ont mangé le pain après la prière de remerciement du Seigneur. La foule voit que Jésus et ses disciples ne sont pas là. Alors ils montent dans les barques et ils vont à Capernaüm pour chercher Jésus » (Jean 6.23-24).

ARIMATHÉE

Joseph d’Arimathée est mentionné dans les quatre évangiles dans le contexte de la Passion et de la mort de Jésus. La ville d’Arimathée, dont il était originaire, était une ville de Judée, sans doute l’actuelle Rentis, à dix kilomètres au nord-ouest de Jérusalem.
Riche et membre illustre du sanhédrin (Matthieu 27.57 ; Marc 15.43 ; Luc 23.50), l’homme possédait un tombeau neuf creusé dans le roc, près du Golgotha, à Jérusalem. C’était un disciple de Jésus, mais, comme Nicodème, il l’était en secret par crainte des autorités juives (Jean 19.8). Luc dit de lui qu’il attendait le royaume de Dieu et qu’il n’avait pas consenti à la condamnation de Jésus par le sanhédrin (Luc 23.51).
À l’heure cruelle de la crucifixion, il n’hésite pas à faire face et à demander à Pilate le corps de Jésus. Le préfet lui en ayant donné l’autorisation, il détache le crucifié, l’enveloppe dans un drap propre et, aidé par Nicodème, le dépose dans son tombeau qui n’avait pas encore été utilisé. Après l’avoir fermé avec une grande pierre, tous deux s’en vont (Matthieu 27.57-60 ; Marc 15.42-46 ; Luc 23.50-53 ; Jean 19.38-42).

CYRÈNE

Cyrène était une ville située sur le territoire de la Libye actuelle. Ses ruines splendides attestent aujourd’hui encore de sa grandeur antique. Les Juifs s’y étaient établis depuis des centaines d’années. Ils représentaient un quart de la population. Comme tous les Juifs exilés, ils soupiraient après leur patrie, avec le désir ardent de voir Jérusalem et de prendre part aux fêtes du calendrier juif. Simon était l’un d’entre eux (Marc 15.21). Nous ne savons pas s’il était de passage à Jérusalem à l’occasion de la fête de Pâque ou s’il s’y était établi. Quoi qu’il en soit, Simon « venait de la campagne » ce jour-là, quand son chemin a croisé celui de Jésus portant sa croix. Simon fut obligé de mettre sur son épaule la croix de Jésus et de marcher ainsi entouré de soldats, alors que Jésus avançait en titubant vers le lieu de son supplice.

D’APRÈS LA TRADITION

EIN KEREM (OU AÏN KAREM) ET LA NAISSANCE DE JEAN-BAPTISTE

Le nom signifie « la source dans la vigne ». C’est aujourd’hui un village d’artisans, lieu de résidence aussi dans les limites municipales de Jérusalem.
Selon la tradition juive, c’est de la vallée d’Ein Kerem qu’ont été extraites les pierres ayant servi à la construction de l’autel du temple de Jérusalem.
Selon la tradition chrétienne, c’est là que Marie de Nazareth et sa cousine Élisabeth se sont rencontrées, à l’occasion de ce l’on nomme la Visitation. Jean-Baptiste y serait né (Luc 1.39-47, 56).

MACHÉRONTE ET LA MORT DE JEAN-BAPTISTE... (Matthieu 14.1-12)

Hérode Antipas, l’un des fils d’Hérode le Grand, régnait sur la Galilée et la Pérée à la naissance de Jésus. Lorsqu’il revint de Rome emmenant Hérodiade, la femme de son frère Philippe, il répudia la fille d’Arétas, roi des Arabes, pour pouvoir épouser sa belle-sœur. Arétas lui déclara alors la guerre. Antipas choisit à cette époque d’habiter son palais de Machéronte, à l’est de la mer Morte, dans la région de Pérée. C’était un énorme château fort situé à quelques kilomètres du Jourdain sur des rochers de basalte. Cette forteresse avait des murailles de 60 mètres de haut, des créneaux et des tours. À l’intérieur se trouvaient les appartements royaux et au-dessous, des souterrains qui servaient de prison.
C’est vraisemblablement là que Jean-Baptiste fut enfermé par Hérode auquel il reprochait sa vie dissolue. C’est là aussi qu’il fut décapité, victime d’une sombre machination.




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