Cinquième et sixième commandements

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Honore ton père et ta mère afin de vivre longtemps dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne.

Tu ne commettras pas de meurtre.

Cinquième et sixième commandements

Nous allons maintenant étudier ensemble la seconde série de commandements. En effet, on répartit généralement les Dix commandements en deux tables :

- les devoirs envers Dieu

- les devoirs envers le prochain

Précisons tout d’abord que le Seigneur est tout aussi réellement présent dans la deuxième table que dans la première. Jésus l’a dit lorsqu’on lui a demandé de résumer la loi : le second commandement qui concerne le prochain est semblable au premier qui se rapporte à Dieu. Car ce qu’on aime dans le prochain, ce n’est pas seulement le prochain, c’est Dieu lui-même. Et, particulièrement dans ce cinquième commandement, le Saint-Esprit nous montre qu’honorer son père et sa mère, c’est, à travers eux, honorer Dieu.

Nos parents et notre Père

Qu’est-ce qu’un père ? Qu’est-ce qu’une mère ?

Telle est la première question que nous pose ce cinquième commandement. Nous croyons le savoir en regardant à la nature, en consultant nos sentiments paternels et maternels ou les lois de la biologie. Mais, en fait ce n’est pas en regardant à nous-mêmes ou autour de nous que nous saurons ce qu’est la paternité ; c’est en regardant à Dieu.

L’apôtre Paul avait sans doute déjà perdu ses parents quand il s’est converti. Il ne fonda pas de foyer et ne fut donc jamais père de famille. Il a eu cependant la révélation de la paternité en regardant à Dieu. Il s’écrie dans l’épître aux Éphésiens : « Voilà pourquoi je plie les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, de qui toute famille dans le ciel et sur la terre tient son nom. »

Les Saintes Écritures, qui ne nous disent jamais le nom propre de Dieu, nous le décrivent cependant toujours comme le Père. Dans le Deutéronome, nous lisons par exemple : « N’est-il pas ton père, ton créateur ? » et : « Tu as vu que l’Éternel, ton Dieu, t’a porté comme un homme porte son fils, pendant tout le parcours que vous avez effectué jusqu’à votre arrivée ici. »

Comprendre la paternité, c’est donc reconnaître qu’au-delà de notre père et de notre mère qui nous ont fait naître, nous avons un Père céleste qui nous a créés.

Collaboration

Honorer son père et sa mère, c’est découvrir cette extraordinaire collaboration de vie qui existe entre le Père céleste et nos parents.

Ève avait bien compris cette collaboration pour donner la vie, quand, à la naissance de son premier fils, elle s’écria : « J’ai donné vie à un homme avec l’aide de l’Éternel. » Nos premiers parents, même après la désobéissance qui a causé leur chute, étaient encore assez proches de Dieu pour sentir profondément l’action créatrice du Père céleste à travers eux.

Faut-il donc aujourd’hui que nous soyons bien dégradés, bien loin de Dieu, pour croire qu’en tant qu’hommes et femmes, nous pouvons être des « faiseurs d’enfants » à notre gré et selon des lois purement naturelles ! Oui, comment aujourd’hui peut-il y avoir des pères qui croient que l’engendrement est un pouvoir qui leur appartient, alors qu’en réalité c’est Dieu qui partage avec nous son pouvoir créateur ?

De même, combien de mères croient que la conception consiste seulement à recevoir en leur être la semence de l’homme, alors qu’en réalité c’est Dieu qui dépose en elles l’étincelle de vie ! Chaque fois qu’un homme et une femme deviennent ensemble père et mère, ne devraient-ils pas littéralement se convertir à Dieu, comme le fit Hénoc à la naissance de son fils Metuschélah ? Oui, se convertir, c’est-à-dire se tourner vers le Père de qui toute famille tire son nom, et l’adorer. Engendrer, concevoir, mettre au monde n’est pas seulement un processus naturel car alors nous ne serions que des bêtes. C’est aussi et surtout un miracle de la puissance de Dieu, un miracle de la bonté du Père céleste qui crée un homme au travers de ses parents, comme il avait créé Adam avec la poussière de la terre. Et après tout, qu’est-ce que des parents ? Un peu de poussière, et ce n’est pas cette poussière qui pourrait à elle seule faire naître un homme dans le monde.

Mais l’extraordinaire collaboration du Père céleste avec les parents humains ne s’arrête pas là. Car, tandis que les parents veillent sur l’enfant qui vient de naître, l’entourent de leur amour et de leur tendresse, lui prodiguent les soins les plus attentifs, le Père céleste ne se repose pas non plus. Mystérieusement et miraculeusement, il entretient, protège et fait croître cette jeune vie qu’il a créée.

Le Père céleste

Sans doute avons-nous tous été portés sur les bras de notre père et de notre mère, mais, le savez-vous ? Nous avons aussi été portés sur les bras de Dieu. Et, alors que nos parents ont cessé de le faire, le Père céleste nous porte aujourd’hui encore.

Oui, comprenons-le, Dieu est un Père qui nous a soutenus jusqu’à ce jour et nous portera pendant toute la route que nous avons à faire ici-bas, jusqu’à notre arrivée, jusqu’au bout de notre vie. Ainsi, nous ne pouvons oublier que, sans cesse, nous vivons de lui parce qu’il est la source de toute vie. Celle-ci a commencé pour nous au travers de nos parents. Ils l’ont reçue de Dieu et nous l’ont transmise, afin que nous la transmettions nous-mêmes. C’est pourquoi, comprendre la paternité, c’est comprendre qu’aucun être humain n’est indépendant.

L’homme est dépendant de ses parents et de Dieu, il est le maillon d’une chaîne de vie. Nous devons reconnaître que nous ne sommes pas les maîtres de notre existence. Nous n’avons pas choisi nos parents, c’est Dieu qui nous les a choisis. C’est lui qui m’a fait naître dans ce foyer et pas ailleurs, c’est lui qui m’a confié à mes parents et a collaboré miraculeusement avec eux pour que j’existe et que je vive.

Aussi, pour honorer mes parents, ne puis-je me contenter d’avoir seulement pour eux des sentiments très vifs d’amour filial ; je dois les traiter comme des reflets mêmes de Dieu. L’honneur que nous devons à nos parents ressemble à celui que nous devons au Seigneur, moins l’adoration ; c’est un sentiment de révérence, de respect et de soumission.

L’exemple de Jésus

Jésus lui-même, qui venait du Père céleste et qui était en relation directe avec lui, n’a-t-il pas voulu cependant avoir des parents humains et un foyer terrestre ? Dans sa vie filiale, il a su merveilleusement harmoniser l’honneur dû à ses parents et celui qu’il devait à son Père céleste. Souvenons-nous de ce qui s’est passé au temple de Jérusalem lorsqu’il avait douze ans : « Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père ? » dit-il à ses parents lorsqu’ils le trouvent assis au milieu des docteurs de la loi. Puis il part avec Joseph et Marie et continue de les réjouir par son affection et son obéissance. Jésus enfant, puis adulte, a accompli parfaitement le cinquième commandement. Priver un enfant de ses parents, c’est, en quelque sorte, le priver de...

Pour aller plus loin : Exode 20.12-13 ; Éphésiens 6.1-4 ; 1 Jean 3.11-16 ;

Matthieu 22.39 ; Éphésiens 3.14,15 ; Deutéronome 1.31 ; 32.6 ;

Genèse 4.1 ; Luc 2.49 ; 1Jean 3.14.

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