En parcourant les rayons

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Petite introduction aux paraboles

La parabole est une histoire, souvent courte, qui fait fonctionner l’imagination et permet de comprendre et de retenir des pensées difficiles en créant des images mentales d'une vérité qui la rendent accessible à tous.
À une époque où l'écrit était réservé à une élite, Jésus a utilisé la parabole pour capter l’attention mais aussi comme moyen mnémotechnique pour expliquer aux foules ou à ses amis des concepts comme le royaume de Dieu, le salut, la vie de disciple, l'amour de Dieu…
C’est sans doute en partie grâce à son art consommé de la parabole que les foules aimaient entendre Jésus. Les gens pouvaient vraiment entendre des « histoires » qui leur parlaient de leur quotidien et dans lesquelles ils pouvaient s’identifier facilement.
Vous trouverez donc des allusions à l’une ou l’autre de ces paraboles dans les pages qui suivent. Nous vous recommandons, bien entendu, de les retrouver dans l’Évangile pour mieux apprécier ce que nous en disons. Les références que nous indiquons systématiquement à chaque fois que nous citons Jésus sont faites dans ce but.
Bien entendu, chaque parabole est à décrypter… Jésus ne porte d’ailleurs pas de jugement sur les réalités du quotidien auxquelles il fait allusion. C’est à la découverte du message qu’il en tire pour ses auditeurs qu’il nous faut partir à la découverte.
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Secteur alimentaire

Rayon Fruits et légumes

Figues
Jésus raconte : « Un homme a un figuier planté dans son champ. Il vient chercher des figues, mais il n’en trouve pas. Alors il dit à son ouvrier : “Regarde ! Depuis trois ans, je viens chercher des figues sur ce figuier et je n’en trouve pas. Coupe-le ! Ce n’est pas la peine qu’il use la terre inutilement !”
L’ouvrier lui répond : “Maître, laisse-le encore cette année. Je vais creuser la terre tout autour, je vais mettre de l’engrais.  De cette façon, l’année prochaine, il donnera peut-être des figues. Sinon, tu le feras couper.” » (Luc 13.6-9).
On nomme cette histoire « la parabole du figuier stérile ». Pour qui veut bien la comprendre, Jésus s’y présente comme l’ouvrier alors que Dieu est le propriétaire du figuier. Jésus illustre ainsi la patience de Dieu à l’égard des hommes. Une patience qui a toutefois des limites.
Jésus nous avertit et nous rassure tout à la fois car Dieu n’agit jamais sans prévenir ni donner d’avertissement. Le délai octroyé dans la parabole est l’indication de sa patience. Pour cela, l’ouvrier devra creuser, mettre de l’engrais, aérer et enrichir le sol. C'est ainsi que Jésus agit en vue de notre salut. C'est grâce à lui que nous parvenons à la repentance et à la vie éternelle.
« Sinon, tu le feras couper », dit-il au propriétaire. Jésus avertit ainsi ses auditeurs : Dieu ne tolérera pas indéfiniment leur improductivité.
Jésus reprend ainsi à son compte la parole de Dieu transmise par le prophète : « Moi, le Seigneur Dieu, je le déclare, je ne veux la mort de personne. Changez votre vie et vivez ! » (Ézéchiel 18.32).
Lentilles
Les évangiles ne nous parlent pas de lentilles mais on sait néanmoins que c’était un aliment de base des gens ordinaires à l’époque de Jésus. Les femmes de la maisonnée consacraient chaque jour beaucoup de temps à couper les aliments en morceaux, à les mettre à cuire et à les remuer dans les marmites. Pour le souper, on mangeait souvent un plat de lentilles mijotées avec d’autres légumes provenant du jardin familial. Les membres de la maisonnée se réunissaient autour d’une table basse et d’une marmite centrale placée par terre. En guise de cuillers, ils prenaient des morceaux de pain qu’ils trempaient dans le mélange de légumes et de sauce épaisse.
L’expression « Pour un plat de lentilles » vient de la Bible (Genèse 25.29-34). Elle signifie : « Pour pas grand-chose ». Elle s’explique par l’attitude d’Ésaü, le petit-fils d’Abraham. Alors qu’il était revenu épuisé de la chasse, Ésaü avait bradé ses droits de fils aîné pour un plat de lentilles. Le jugement qui pèse sur lui est sévère : il s’est moqué de ce que Dieu lui avait confié (cf. Hébreux 12.16).
Olives
À l’époque de Jésus, on mangeait les olives vertes et noires, mais on en faisait surtout de l’huile grâce à des presses. Le jardin du mont des Oliviers où Jésus a prié avant son arrestation était une oliveraie dans laquelle il y avait probablement un pressoir à huile.
L’huile servait à éclairer. C’est ce que souligne Jésus quand il déclare : « Quand quelqu’un allume une lampe, ce n’est pas pour la cacher ou pour la couvrir avec un seau. Au contraire, il la place bien en haut, et ceux qui entrent dans la maison voient la lumière.» (Luc 11.33). On la brûlait dans des lampes très courantes à l’époque. Même les plus pauvres disposaient de lampes en argile. Les mèches étaient en coton ou en lin.
L'huile servait aussi de médicament universel notamment pour adoucir ou guérir les plaies. Dans la fameuse parabole dite du Bon Samaritain, l’évangéliste Luc, par ailleurs médecin, décrit ainsi l’action de cet étranger venu au secours d’un blessé : « Il verse de l’huile et du vin sur ses blessures et il lui met des bandes de tissu. Ensuite, il le fait monter sur sa bête » (Luc 10.34).
L’huile, symbole de vigilance. C’est le cas dans la parabole des dix jeunes filles. Celles qui n’avaient pas emporté assez d’huile n’ont pas été prêtes pour accueillir le marié arrivé tard dans la nuit. Le marié figure ici le Christ lui-même dont le retour se fait attendre. « Gardez vos lampes prêtes », dit Jésus (Matthieu 25.13). Nous comprenons que la préparation spirituelle est une affaire personnelle. Personne ne peut entretenir à notre place notre relation avec Dieu.
Raisin (voir également le mot « vin »)
Jésus n’a pas hésité à se comparer à une vigne. En ajoutant : « mon Père est le vigneron. Il enlève toutes mes branches qui ne donnent pas de fruits et il taille toutes les branches qui donnent des fruits. Ainsi elles en donneront encore (...) Restez attachés à moi, comme moi je reste attaché à vous. Une branche ne peut pas donner de fruits toute seule, elle doit rester sur la vigne. De la même façon, vous ne pouvez pas donner de fruits, si vous ne restez pas attachés à moi (…). Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15.1-5).

Rayon Sel et condiments

Nous ne pourrions plus vivre sans condiments ! Le goût des produits cuisinés vendus dans nos grandes surfaces doit être souvent rehaussé. Les condiments sont des produits d’accompagnement (ketchup, moutarde, petits légumes ou fruits au vinaigre), des ingrédients (épices composées, herbes, fruits secs, truffes…) ou des agents de conservation (sel, sucre, huile, vinaigre).
Herbes aromatiques, épices
Chaque région du monde a ses plantes aromatiques. La Bible mentionne, entre autres, la menthe, l’aneth, le cumin… et quelques autres. Comme le persil, le cerfeuil, le basilic et autres herbes de Provence de chez nous, elles relèvent le goût naturel des plats qu’elles assaisonnent.
À l’époque de Jésus, les responsables religieux veillaient scrupuleusement à offrir à Dieu la dixième partie de leurs revenus. Leur vigilance allait jusqu’à peser les plantes aromatiques pour être certains qu’ils en donnaient bien la dixième partie. Jésus discernera une certaine hypocrisie dans ce souci du détail au détriment du plus important : « Quel malheur pour vous… quand vous êtes des hommes faux ! Vous donnez à Dieu le dixième de certaines plantes, menthe, légumes et épices. Et vous abandonnez ce qu’il y a de plus important dans la Loi, c’est-à-dire être juste, bon, fidèle. Pourtant, c’est cela qu’il fallait faire, sans oublier le reste » (Luc 11.42).
Quant à l’apôtre Paul, il recommande : « Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun » (Colossiens 4.6).
Moutarde
Jésus s’est abondamment servi d’images du monde agricole pour illustrer le Royaume de Dieu. En voici une : « Le Royaume de Dieu ressemble à une graine de moutarde. Quand on la sème dans la terre, c’est la plus petite de toutes les graines du monde. Mais ensuite, elle pousse et elle devient la plus grande de toutes les plantes. Elle a des branches si grandes que les oiseaux peuvent faire leurs nids sous son ombre » (Marc 4.31-32).
Jésus savait ce qu’il faisait quand il a choisi la moutarde du jardin, la « sinapis nigra »
(Marc 4.26-34) pour illustrer son propos. Elle était, en effet, la plus petite semence utilisée par les jardiniers de l'époque et son pouvoir de croissance est extraordinaire. C’est aussi le cas du Royaume de Dieu qui a commencé par un bébé, Jésus, né dans le plus grand dénuement dans une bourgade insignifiante de Judée. Sa vie a été celle d’un humble prédicateur pour finir par une mort ignominieuse. Et pourtant, cette minuscule semence a tellement grandi au cours des siècles qu’elle est devenue des millions de croyants. L'enfant de Bethléem, devenu le crucifié du Golgotha, sera désormais le Roi glorieux.
Quelques jours avant de subir la mort sur la croix, Jésus annonce : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, avec tous ses anges, il s’assoira sur son siège de roi tout-puissant. On rassemblera tous les peuples devant lui » (Matthieu 25.31-32).   
Décidément, la semence insignifiante avait en elle un germe de vie et de développement extraordinaire.
Sel
« C'est une bonne chose que le sel… » (Luc 14.34) ; « Vous êtes le sel de la terre » (Matthieu 5.13).
Il est ici question des qualités du sel qui servait, non seulement à accroître le goût des aliments, mais aussi à les conserver.
Peu utile s’il est seul, le sel devient nécessaire lorsqu’il est mêlé à d’autres ingrédients. C’est ainsi qu’on peut mieux comprendre ce que Jésus dit à ses disciples : « Vous êtes le sel de toute la terre. Mais quand le sel perd son goût, comment lui rendre son bon goût ? Il ne sert plus à rien. On le jette dehors et les gens marchent dessus » (Matthieu 5.13). Il leur revient donc de rester fidèles à ce qu’ils sont et à leur mission en exerçant une influence positive autour d’eux.
NB : compte tenu des imperfections du sel à l’époque, il pouvait arriver qu’il perde ses qualités.

Rayon Céréales

Blé, orge et pain
L’origine du blé (ou froment) se perd dans la nuit des temps. C’est la base de la nourriture dans beaucoup de civilisations. Il est nommé dans la Bible plus d’une centaine de fois.
L’évangéliste Jean mentionne que c'est du pain d'orge, le pain des pauvres, que Jésus a miraculeusement multiplié pour nourrir la foule. Le constat était le suivant : « Il y a là un petit garçon qui a cinq pains d’orge et deux petits poissons. Mais qu’est-ce que c’est pour tant de gens ? » (Jean 6.9).
Au temps de Jésus, la moulure du blé et de l’orge est un dur labeur quotidien pour les femmes, puisque la quantité broyée doit tout juste suffire au pain de la journée.
Le travail était effectué avec un moulin domestique, composé de deux petites meules superposées, la production d’un kilo de farine demandait en moyenne une bonne heure de travail.
Il fallait ensuite tamiser la farine, en faire une pâte qu’on pétrissait pour confectionner des boules qu’on faisait cuire.
Le pain est naturellement dans la Bible l’image de la nourriture du corps. Simple mais nécessaire, élémentaire mais indispensable.
Même si Jésus, devant la tentation, a dit un jour : « Le pain ne suffit pas à faire vivre l’homme. Celui-ci a besoin aussi de toutes les paroles qui sortent de la bouche de Dieu » (Matthieu 4.4), il a fait, en même temps, du pain la première demande nous concernant dans sa fameuse prière, le « Notre Père » : « … donne-nous chaque jour notre pain quotidien… » (Luc 11.3).
Jésus se compare aussi lui-même à un pain : « Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim » (Jean 6-35). Jésus promet, ici, de satisfaire notre faim spirituelle.
Graines et semences
Pour beaucoup, les semences sont loin de leur réalité. Certes, nous savons tous que le pain que nous mangeons provient de grains qui ont poussé dans un champ, mais nous n’avons pas toujours conscience des nombreuses étapes franchies avant que le pain se trouve sur notre table. Contrairement à nous, les gens de la Bible semaient eux-mêmes, voyaient pousser, récoltaient, transformaient et cuisinaient ce qu’ils mangeaient. Les semences étaient donc un symbole important pour eux.
Jésus a raconté plusieurs paraboles où les semences évoquent la Parole de Dieu (dans Matthieu 13, par exemple). Cette Parole semée dans le cœur des hommes portera peu ou beaucoup de fruit selon que leur cœur est plus ou moins bien disposé à recevoir la Parole de Dieu.
Jésus utilise aussi l’image du grain qui doit mourir en terre pour porter du fruit : « c’est la vérité : le grain de blé tombé dans la terre doit mourir, sinon, il reste seul. Mais s’il meurt, il donne beaucoup de grains » (Jean 12.24). Il parlait ainsi de sa propre mort, suivie de sa résurrection, mais aussi de ce qui arriverait à ceux qui font le choix de le suivre : « Celui qui aime sa vie la perdra. Mais si quelqu’un aime Dieu plus que sa vie dans ce monde, cette personne gardera sa vie et elle vivra avec Dieu pour toujours » (Jean 12.25).
Levain
Le levain est souvent dans la Bible l’image du pouvoir corrupteur du mal qui s’étend sans qu’on s’en rende toujours compte. C’est pour cela que les Israélites devaient bannir toute trace de levain dans leur maison au moment de la fête de la Pâque (Exode 12). C’est ce que l’apôtre Paul met en évidence lorsqu’il écrit : « Un peu de levain fait lever toute la pâte… Enlevez le vieux levain du péché pour devenir purs. Alors, vous serez comme une pâte nouvelle et sans levain » (1 Corinthiens 5.6-7).
Mais Jésus a utilisé aussi l’image en l’inversant complètement : « Le Royaume des cieux ressemble à ceci : Une femme prend de la levure et la mélange à 25 kilos de farine. Et toute la pâte lève ! » (Matthieu 13.33). Si donc le mal peut gangréner insidieusement toute une société, le Royaume de Dieu peut être lui aussi un ferment invisible pour le bien. Ce sont des changements comme la foi, l’amour de Dieu et du prochain, l’affection pour le bien et la justice, la haine du mal… qu’il produit dans le cœur des hommes.
Œufs
Jésus n’a pas souvent ménagé ses auditeurs. Un jour, il a osé leur dire : « Quand un enfant demande un œuf, son père ne lui donne pas un scorpion ! Vous, vous êtes mauvais, et pourtant vous savez donner de bonnes choses à vos enfants ». Mais c’était pour encore mieux mettre en valeur le cadeau si surprenant qu’il promet : « Ceci est encore plus sûr : le Père qui est au ciel donnera l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! » (Luc 11.12-13). Qu’attendons-nous pour le lui demander ?

Rayons Boucherie / Poissonnerie

Agneau/brebis/mouton
Lorsque Jean-Baptiste a vu passer Jésus, il a dit de lui « Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jean 1.29). Il a ainsi signalé que tous les sacrifices rituels prévus dans l’Ancien Testament n’avaient plus de raison d’être. Il avait entrevu que Jésus allait accomplir l’ancienne prophétie : « Comme un agneau qu’on mène à l’abattoir… on l’a arrêté, jugé, puis supprimé (…). Il a été frappé à mort à cause des fautes de son peuple… Pourtant, il n’avait rien fait de mal » (Ésaïe 53.7-9).
Mais Jésus s’est présenté aussi lui-même comme le Bon berger, qui connaît chacun de ses moutons (Jean 10.27-28) et qui s’inquiète tout particulièrement de celui qui s’égare. Il va à sa recherche jusqu’à ce qu’il le retrouve (Luc 15.4). Il n’a pas hésité à aller plus loin en affirmant : « Le bon berger donne sa vie pour ses moutons » (Jean 10.11). C’est effectivement ce qu’il a fait par sa mort sur la croix.
Bœuf
Luc 2.1-16 nous rapporte que Jésus est né dans une étable. Par contre, il ne mentionne explicitement ni bœuf ni âne autour de la mangeoire où il a été déposé. En fait, cette tradition vient du 7e siècle. Cela dit, il est plus que probable qu’il y avait au choix bœufs, veaux, ânes, brebis, moutons, chèvres… aux côtés de Jésus bébé.
Les bœufs étaient particulièrement utiles pour le labour. Ainsi , c’est à eux, indirectement, que Jésus fait allusion quand, à celui qui lui dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d’aller d’abord faire mes adieux à ceux de ma maison. », il répond : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu » (Luc 9.61-62).
On ajoutera que si Jésus a plusieurs fois utilisé l’image des moutons et du berger pour illustrer sa relation avec ses disciples, il a un jour comparé la foule fatiguée à des bœufs chargés d’un joug qui les contraignait à un travail pénible. Son invitation demeure : « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau et je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et laissez-moi vous instruire, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes. Le joug que je vous invite à prendre est facile à porter et le fardeau que je vous propose est léger » (Matthieu 11.28-30)
Veau
Les Hébreux considéraient le veau comme la meilleure des viandes. Elle était réservée pour les occasions les plus solennelles. C’est certainement pour marquer l’importance de l’événement que Jésus signale dans sa parabole dite du « fils prodigue » que c’est un veau engraissé que le père a voulu apprêter pour le festin qui accompagnait le retour tant attendu du fils perdu loin de la maison familiale (Luc 15.23). Il faut comprendre que ce père est l’image de Dieu qui « fait la fête » à chaque fois qu’une personne vient, ou revient, à lui dans un esprit de repentance. Tout le monde ne comprend pas toujours cette joie intense de Dieu. Elle est pourtant réelle.  
Poisson
Le froid, industriel et domestique, a banalisé la consommation du poisson, réservée jadis aux populations des bords de mer, de rivière ou de lac. Pour faire face à la raréfaction des produits marins, l’aquaculture prend une place de plus en plus importante.
Le poisson était déjà très apprécié en Israël. On le pêchait en grandes quantités dans la mer de Galilée et dans le Jourdain. Plusieurs des disciples de Jésus étaient pêcheurs de profession ; c’est à eux tout particulièrement qu’il a lancé cette invitation : « Venez avec moi, et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » (Marc 1.17)
C’est à eux aussi qu’il a montré toute sa sollicitude en transformant au moins à deux reprises leur partie de pêche ratée en pêche extraordinaire (Luc 5.4-7). La deuxième fois, Jésus avait même cuisiné le poisson pour eux (Jean 21.9-13).
Poule
Dieu se compare plusieurs fois dans l’Ancien Testament à une poule qui protège ses poussins, bien à l’abri sous ses ailes. C’est ainsi que le croyant pouvait dire dans sa prière : « Protège-moi comme ton trésor le plus précieux. Cache-moi à l’ombre de tes ailes » (Psaume 17.8).
Jésus a repris cette image à son compte en disant « Jérusalem… combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes » (Matthieu 23.37).
Quant au coq, Jésus a fait de son chant un signe pour son disciple Pierre, un peu trop sûr de lui : « Aujourd’hui, avant que le coq chante, tu diras trois fois que tu ne me connais pas » (Luc 22.34). Ce chant du coq a amené Pierre à pleurer amèrement sur lui-même.

Rayon Boissons

Eau
Dans son poème « Hypermarché Novembre », Michel Houellebecq évoque de façon amusante le rayon « eaux minérales » de nos grandes surfaces :  
« Des banlieusards sapés et au regard brutal
Se croisaient lentement près des eaux minérales... »
En tout cas, ce n’est pas de l’eau en bouteille que Jésus a promise. Ce n’est même pas celle d’une source renommée. Il a choisi un jour de fête, devant toute une foule rassemblée pour inviter le plus grand nombre en proclament très fort : « Si quelqu’un a soif, il peut venir à moi et boire. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau couleront de son cœur, et cette eau donne la vie » (Jean 7.37-38). Jésus réalise ainsi l’antique promesse : « Vous tous qui avez soif, voici de l’eau, venez ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez ! Achetez à manger, c’est gratuit » (Ésaïe 55.1).
Lait
Le lait est un des rares aliments qui fournit à la fois protéines, calcium et corps gras sous forme de crème ou de beurre. À l’époque biblique, le lait de chèvre était une nourriture de base, symbole de fertilité et de richesse. La terre promise aux Israélites était présentée comme « un pays où coulent le lait et le miel » (Josué 5.6).
Comme tous les enfants de l’époque, Jésus a été nourri au sein. Le prophète Ésaïe avait, du reste, écrit à propos du Messie : « La jeune fille sera enceinte et elle mettra au monde un fils. Elle l’appellera Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous. Il se nourrira de crème [de lait] et de miel » (Ésaïe 7.14-15 ; Matthieu 1.23).
Quelques années plus tard, l’apôtre Pierre invitait ainsi ses lecteurs : « Comme des bébés qui viennent de naître, désirez le lait de la parole de Dieu. C’est un lait sans mélange. Alors, en le buvant, vous grandirez et vous serez sauvés » (1 Pierre 2.2).
Vin
La foire aux vins de printemps occupe toute sa place dans l’espace promotionnel saisonnier d’une grande surface. Le vin est en fait l’un des plus anciens produits alimentaires élaborés par l’homme. Il a accompagné l’humanité durant toute son histoire et acquis une valeur culturelle de premier plan. Son succès est lié aux qualités de la vigne qui exprime une grande sensibilité aux terroirs et à sa grande souplesse dans l’élevage, la conservation et le commerce.
On sait que Noé en a fait un usage excessif à tel point qu’il a perdu le contrôle de lui-même et s’est ainsi rendu ridicule (Genèse 9.20-22) mais la Bible en vante aussi les bienfaits : « Il réjouit le cœur et fait briller le visage plus que l’huile » (Psaume 104.15).
Alors que les responsables du repas de noce avaient vu trop juste concernant le vin, Jésus a sauvé la situation en changeant l'eau en vin. Il a ainsi montré qu’il s'associait à nos fêtes, et qu’il était pleinement présent dans nos joies. Il a indirectement révélé également qu’il appréciait le vin de qualité puisque le responsable du repas a eu cette réflexion : « Tout le monde sert d’abord le bon vin. Et quand les invités ont beaucoup bu, on sert du vin moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant ! » (Jean 2.10). En bon connaisseur, Jésus a dit aussi à une autre occasion : « Personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres, sinon, les outres éclatent, le vin coule par terre et les outres sont abîmées. Mais on met du vin nouveau dans des outres neuves. Ainsi le vin et les outres se conservent bien » (Matthieu 9.17). Il exprimait ainsi la radicale nouveauté de son message. Il ne se mélange pas avec les rites religieux anciens.
L’évangéliste précise aussi que Jésus a fait un vin de qualité qui a surpris.
Vinaigre
C’est du vinaigre qu’on a présenté à Jésus alors qu’il était à l’agonie sur la croix (Matthieu 27.48 ; Jean 19.30). Ce vinaigre était tendu vers lui au bout d’une perche dans une éponge. C’est donc la dernière boisson que Jésus a bue. C’était vraisemblablement le mauvais vin que buvaient les soldats romains. Notons qu’il avait refusé, peu de temps auparavant, ce que l’on comprend généralement comme un vin mêlé de drogue anesthésiante (fiel) destiné à apaiser sa souffrance (Matthieu 27.34). Jésus a accepté l’un et a refusé l’autre. Il a voulu rester lucide jusqu’au bout.

Rayon Épicerie

Miel
Depuis la nuit des temps, le miel est apprécié en cuisine pour son extraordinaire pouvoir sucrant. On l’utilise aussi comme condiment. Le miel est un excellent conservateur. Il entre dans la composition de nombreuses pâtisseries, confiseries et sucreries notamment au Moyen-Orient où la chaleur nuit à la conservation des aliments.
Longtemps supplanté dans nos pays par le sucre de canne ou de betterave, le miel fait aujourd’hui son retour en force dans les grandes cuisines, mais également dans les hôpitaux. On redécouvre son effet sans pareil dans la cicatrisation des plaies.
La Bible accorde une importance toute particulière au miel. La terre promise y est présentée comme « le pays du miel et du lait » (voir « lait »). Le roi David n’hésite pas à dire : « Les décisions du Seigneur … sont plus délicieuses que le miel, que le miel le plus doux » (Psaume 19.10-11).
Le miel était la nourriture préférée de Jean-Baptiste (Matthieu 3.4).
Jésus en a mangé le soir de sa résurrection : « Ils lui présentèrent du poisson rôti et un rayon de miel. Il en prit, et il mangea devant eux » (Luc 24.42-43).
Insectes
L’évangile dit au sujet de Jean-Baptiste, cousin et précurseur de Jésus qu’il « portait un vêtement fait de poils de chameau et une ceinture de cuir autour de la taille ; il mangeait des sauterelles et du miel sauvage » (Marc 1.6).
En effet, contrairement aux idées reçues, les sauterelles, comme de nombreux insectes ou leurs larves, sont parfaitement comestibles. On redécouvre aujourd’hui leur valeur nutritive. La carapace des insectes contient de la chitine, substance qui freine l’absorption des graisses par l’organisme et qui favorise la guérison des brûlures. Les fourmis stimulent la circulation sanguine et renforceraient les défenses immunitaires. Les larves d’abeilles sont plus riches en vitamine D que le foie de morue ! Et les sauterelles, rôties, séchées, réduites en poudre ou... crues sont nourrissantes. Pas étonnant que Jean-Baptiste en avait fait, avec le miel, sa nourriture de prédilection.
 

Secteur non alimentaire

Bijoux
Depuis l’Antiquité, les bijoux sont un accessoire essentiel de la toilette féminine. Les dames riches se paraient de colliers, bagues et fibules servant à agrafer les manteaux. Cela a pu leur être reproché lorsque ces riches bijoux étaient au service d’une vie immorale, mais cela n’est heureusement pas toujours le cas. Jésus a parlé plusieurs fois de perles, notamment lorsqu’il a dit : « Le Royaume des cieux ressemble encore à ceci : Un marchand cherche de belles perles. Il trouve une perle qui a beaucoup de valeur. Alors, il va vendre tout ce qu’il a et il achète la perle. » (Matthieu 13.45-46). C’est le caractère inestimable de ce Royaume que Jésus met ainsi en avant.
À une autre occasion, Jésus a mis en scène une épouse qui avait perdu une de ses dix pièces d’argent. On pense généralement qu’elles formaient son collier de mariage. On comprend son désarroi, sa recherche éperdue, et puis sa joie quand enfin elle a retrouvé sa pièce. Elle invite alors ses amies et ses voisines et leur dit : « Venez, réjouissez-vous avec moi ! Oui, j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue ! » (Luc 15.8-9). Jésus nous fait comprendre que cette joie est celle du cœur de Dieu. Lui aussi cherche les hommes perdus jusqu’à ce qu’il les trouve.
Ceintures
Les ceintures de l’Antiquité étaient larges d’une dizaine de centimètres. Elles pouvaient être en cuir ou en toile. Ce pouvait être aussi un cordon. Une fermeture permettait de serrer la ceinture au choix. On s’en servait comme d’un pagne autour du vêtement du dessus. Cela permettait de se déplacer avec plus de grâce et d’éviter d’être gêné dans son mouvement et son travail par une robe ample et flottante. En effet, pour travailler dans les champs, on repliait un vêtement long dans la ceinture. Marcher, manier la faucille… devenait plus facile.
Il est arrivé à Jésus de se servir d’un linge comme d’une ceinture. C’est ce que nous apprenons à l’occasion de son dernier repas avec ses disciples : « Pendant le repas, il se lève, il enlève son vêtement de dessus et il prend un linge pour le serrer autour de sa taille. Ensuite, il verse de l’eau dans une cuvette. Il se met à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge qu’il a autour de la taille » (Jean 13.4-5). Quand Jésus demande à ses disciples « Soyez prêts à agir, avec la ceinture serrée autour de la taille » (Luc 12.35), il les invite à se tenir prêts car il va revenir à un moment où on ne l’attend pas.
Plus tard, Paul, prenant cette fois la tenue du soldat romain comme illustration, exhorte les chrétiens en leur disant : « Debout ! Prenez la vérité comme ceinture » (Éphésiens 6.14).
Fleurs
Les supermarchés sont imbattables sur le prix des bouquets de fleurs qu’on trouve près des caisses. Quand la Bible parle de fleurs, c’est souvent pour évoquer à la fois leur beauté et leur caractère éphémère. Elles sont alors l’image de l’homme : « La vie humaine… ressemble à la fleur des champs. Elle commence à fleurir, puis, sous le souffle du vent, elle disparaît, on ne sait même plus où elle était. Mais l’amour du Seigneur dure depuis toujours. » (Psaume 103.15-17).
Quant à Jésus, il nous invite à les observer pour en tirer une leçon précieuse : « Regardez comment elles poussent ! Elles ne filent pas et elles ne tissent pas. Pourtant, je vous le dis : même Salomon, avec toute sa richesse, n’a jamais eu de vêtements aussi beaux qu’une seule de ces fleurs. L’herbe est aujourd’hui dans les champs et demain, on la jettera au feu, et pourtant, Dieu l’habille de vêtements magnifiques. Vous qui n’avez pas beaucoup de foi, vous pouvez être sûrs d’une chose : Dieu en fera au moins autant pour vous. » (Luc 12.27-28).
Habillement
Les dépenses liées à l’habillement sont en forte croissance dans nos sociétés. Il ne s’agit pas seulement de se protéger du froid et de la pluie, mais aussi de valoriser son apparence.
Le Moyen-Orient ancien connaissait particulièrement les vêtements de fête. Il était de coutume lors des mariages juifs que l’hôte mette des vêtements à la disposition de ses invités. Les auditeurs de Jésus se sont donc naturellement indignés quand Jésus leur a raconté l’histoire de l’invité à la noce qui avait refusé de porter son habit de fête (Matthieu 22.11). C’était comme se moquer de son hôte. Jésus a voulu montrer par là le scandale qui consiste à refuser la main que Dieu tend gracieusement aux hommes.
On a peu de détails sur les vêtements que portait Jésus. Il était probablement habillé d’une tunique, longue chemise en lin, et d’un manteau par-dessus celle-ci. C’étaient, en effet, les deux vêtements communs de l’époque. Et, bien entendu, il ne portait pas de cravate…
Ce qu’on sait en revanche, c’est qu’une femme a pensé qu’elle serait guérie en touchant seulement le bord de son vêtement. Une manière pour elle d’entrer symboliquement en contact avec lui…
Les évangiles relatent aussi une scène étonnante où Jésus, accompagné de trois de ses disciples, a gravi une montagne. C’est lorsqu’il était en prière, arrivé au sommet, qu’il a été transfiguré devant eux. Les évangiles relatent que « ses vêtements sont devenus blancs comme la lumière » (Matthieu 17.2).
Les récits de la passion et de la résurrection jouent beaucoup aussi sur le côté symbolique des vêtements. On a déshabillé Jésus pour se partager ses vêtements. Ce dépouillement exprime l’humiliation et la vulnérabilité de celui qui sera alors fouetté et crucifié.
Dans le livre de l’Apocalypse (3.4-5), Jésus promet des vêtements blancs à ceux qui le suivront jusqu’au bout.
Jeux, jouets, instruments de musique
Les enfants ont toujours joué. C’était au palet et au ballon à l’époque biblique.
Ils chantaient aussi. Jésus illustre à travers eux les réactions incompréhensibles des adultes face à son message : « Les gens d’aujourd’hui ressemblent à des enfants assis sur la place du village. Les uns crient aux autres : “Pour vous, nous avons joué un air de flûte, mais vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté un chant de funérailles, mais vous n’avez pas pleuré !” » (Matthieu 11.16-17).
Les adultes avaient des jeux de dés en verre, en ivoire, en pierre ou en métal. Les soldats romains jouaient beaucoup aux dés. On a retrouvé, dans les vestiges de la cour de la forteresse du temple, des jeux gravés, notamment celui dit « du roi ». Les joueurs devaient aller de case en case, celui qui arrivait le premier jusqu’à celle du couronnement avait gagné.  
Drôle de jeu en tout cas que celui qui a entouré la mort de Jésus. « Pour se moquer de lui, les soldats lui enlèvent ses vêtements et lui mettent un habit rouge. Ils tressent une couronne avec des branches épineuses et la posent sur sa tête. Ils lui placent un roseau dans la main droite. Ensuite, ils se mettent à genoux devant lui et ils se moquent de lui en disant : “Salut, roi des Juifs !” » (Matthieu 27.27-28).
Rappelons que c’est en jouant aux dés qu’ils se sont ensuite partagé ses vêtements
(Luc 23.33-34).
Lin
Après une période de déclin, le lin semble revenir à la mode dans nos pays. Il est produit par une herbe gracieuse qui donne une belle fleur bleue. La toile de lin était le tissu le plus important pour les Israélites. Ses usages étaient multiples : de la toile grossière et épaisse destinée aux gens du peuple au fin et délicat lin porté alors par les gens riches ou nobles. C’est bien de lin dont Jésus parle quand il présente cet homme riche qui ne se soucie pas du pauvre Lazare : « Il y a avait une fois un homme riche qui s‘habillait des vêtements les plus fins et les plus coûteux… » (Luc 16.19).
C’est encore de lin dont il est question dans l’Apocalypse (19.8) quand il est dit : « La toile fine, (le fin lin) ce sont les actions justes de ceux qui appartiennent à Dieu. »
Lingerie
Les sous-vêtements de l’Israélite, homme ou femme, ressemblaient à une chemise serrée de laine, de lin ou de coton. À l’origine, ils étaient sans manches et n’allaient que jusqu’aux genoux pour s’étendre plus tard jusqu’aux poignets et aux chevilles. On disait qu’un homme était nu quand il ne portait que ce vêtement. C’est ainsi qu’il faut comprendre ce que dit l’Évangile de Jean quand il relate que Pierre « mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu et se jeta dans la mer » (Jean 21.7) pour aller à la rencontre de Jésus ressuscité qui l’attendait au bord du lac.
Literie
Les Israélites se servaient d’une partie de leurs vêtements extérieurs comme couverture. Avant de se coucher le soir, ils enlevaient simplement sandales et ceinture. Ils utilisaient probablement comme coussin une peau de chèvre rembourrée de laine, de plumes, ou d’un autre matériau moelleux. La nuit on déroulait des matelas épais et grossiers faits le plus souvent de peaux d’animaux.
C’est devant un homme paralysé, porté par ses amis sur une telle natte, que Jésus a déclaré avec force : « Vous devez savoir ceci : le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre. » Alors Jésus dit au paralysé : “Lève-toi, prends ta natte et rentre chez toi !” » (Luc 5.24). Aussitôt dit, aussitôt fait.  
Chez les plus riches, les châlits en bois étaient devenus très populaires à l’époque du Nouveau Testament. En témoigne la remarque de Jésus : « Quand quelqu’un apporte une lampe, ce n’est pas pour la mettre sous un seau ou sous un lit ! » (Marc 4.21).
Livres
Au premier siècle, les enfants juifs apprenaient à lire et à écrire dans une école généralement installée dans la synagogue. L’instruction avait surtout pour but l’étude des écrits bibliques. On écrivait avec un stylet sur des tablettes de cire réutilisables (Luc 1.63-64).
En revanche, c’est dans un rouleau en parchemin que Jésus a lu un texte du prophète Ésaïe, pour inaugurer son ministère public : « L’Esprit du Seigneur est sur moi. Oui, il m’a choisi pour apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres. » (Luc 4.18). Quelle mission !
Même si Jésus n’a laissé aucun écrit, l’Évangile nous rapporte qu’à l’occasion du piège qu’on lui a tendu, il a fait des traits sur le sol (Jean 8.6, 8). Qu’a-t-il dessiné ou écrit ? Le mystère reste entier. Néanmoins, la parole qu’il a finalement dite à ceux qui voulaient mettre à mort la femme accusée d’adultère est sans aucune ambiguïté : « Parmi vous, celui qui n’a jamais commis de péché, qu’il lui jette la première pierre ! » (Jean 8.1-11).
Mouchoirs
Les femmes du Proche-Orient portent souvent des mouchoirs finement brodés. Cette coutume remonte sans doute à l’Antiquité. Le mot hébreu pour « mouchoir » signifie aussi « serviette ».
On s’en servait pour essuyer la transpiration du visage et pour envelopper les objets qu’on transportait. C’est ce que dit le serviteur paresseux à son maître dans la parabole dite des mines : « Maître, voici ta pièce d’or ; je l’ai gardée cachée dans un mouchoir » (Luc 19.20).
On s’en servait également pour couvrir le visage d’un mort. Il est probable que la serviette d’enterrement était attachée sous le menton et sur le dessus de la tête pour empêcher la mâchoire du mort de tomber (Jean 11.44). Le linge qui avait couvert le visage de Jésus lorsqu’on l’a enseveli, a été, après que Jésus soit ressuscité et sorti du tombeau, découvert roulé et à l’écart des bandelettes de lin (Jean 20.7).
Christ ressuscité : ce mouchoir-là était devenu définitivement jetable.
Parfums
Les odeurs sont un des éléments qui contribuent à créer et entretenir une ambiance dans les surfaces commerciales. Certaines enseignes diffusent d’ailleurs certaines odeurs dans leurs magasins pour créer une impression sensorielle qu’on appelle des « logolfs », c’est-à-dire des logos olfactifs.  
Dans l’Ancien Testament, Dieu avait ordonné à son peuple de lui confectionner un parfum spécial. Il ne pouvait servir que pour lui (Exode 30.37).
Quant à David, il remercie Dieu en lui disant : « Tu verses sur ma tête de l’huile parfumée » (Psaume 23.5).
On sait aussi que Jésus a particulièrement apprécié le geste de ces femmes qui l’ont honoré à plusieurs reprises en répandant sur ses pieds un parfum de grande valeur (Luc 7.36-50 ; Jean 12.1-6).
Au moment de sa mort, c’est un mélange de myrrhe et d’aloès que Joseph d’Arimathée et Nicodème ont utilisé pour préparer son corps (Jean 19.39).
Notons enfin que l’apôtre Paul écrit à propos des croyants : « Nous sommes comme un parfum agréable que le Christ offre à Dieu » (2 Corinthiens 2.15). C’est également à un parfum que leur prière est comparée (Apocalypse 5.8).
Sandales, chaussures
Les sandales de l’époque biblique étaient souvent deux planchettes de bois munies de lanières de cuir. Mais la semelle était parfois faite avec la peau du chameau et était très dure. Parfois on cousait ensemble plusieurs épaisseurs de peau.
Les Juifs ne portaient pas leurs sandales chez eux (Luc 7.38). Ils les enlevaient dès qu’ils pénétraient dans une maison et se lavaient les pieds.
Porter ou délier les sandales d’une autre personne était un travail réservé aux inférieurs. C’est ainsi qu’il faut comprendre ce que Jean-Baptiste dit de Jésus : « Je ne suis pas digne de lui enlever ses sandales. » (Luc 3.16).
Ne pas porter de sandales était un signe de grande pauvreté. On comprend alors encore mieux tout le sens de cette parole du père de la parabole pour son fils revenu repentant à la maison : « Vite ! Apportez le plus beau vêtement et habillez mon fils. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds » (Luc 15.22). Ce père exprime la joie de Dieu pour un pécheur qui revient à lui.

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