La Bible contient-elle des légendes ? - Peut-on croire aux miracles ?

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La Bible contient-elle des légendes ? - Peut-on croire aux miracles ?

On ne s’ennuie pas en lisant la Bible ! Elle contient des histoires et des récits hauts en couleur. Elle nous parle de manière subtile et nuancée tout autant de la vie en général de personnages courageux, aventuriers et très humains à tous égards.

Le lecteur se posera tôt ou tard la question de sa véracité. Ses textes sont-ils d’ordre légendaire, mythique, fictif ou historique ? Nous vivons, certes, une époque où certains remettent en cause la notion même de vérité, mais de manière générale l’être humain cherche à avoir des certitudes. Il veut savoir si ce qu’on lui dit est vrai.

Précisons les termes

Lorsque l’on évoque une « légende », de quoi parle-t-on au juste ? Le terme se réfère à un récit qui raconte l’histoire d’une personne ou d’un événement d’une manière qui fait passer l’exactitude historique au second plan afin de mieux mettre en valeur une leçon morale ou un enseignement spirituel. Les légendes ont souvent, à la base, un brin de vérité historique qui se trouve ensuite fortement mêlé de « merveilleux ». Un mythe, en revanche, est un récit qui tente d’expliquer nos origines et nos pratiques sociales. Dans le langage courant, « légende », « mythe », « conte » et « fable » sont souvent considérés comme synonymes.

Une grande variété de récits à « classer »

La Bible s’ouvre sur le récit de la création : Dieu parle et l’univers est appelé du néant à l’existence. Plus tard, un déluge détruit l’humanité à l’exception de huit personnes qui trouvent le salut en se réfugiant dans un bateau, la célèbre arche de Noé. Puis, le récit se focalise sur un homme, Abraham, et sur sa famille. Suivent les récits fondateurs de Moïse et de l’Exode. À travers des miracles étonnants, Dieu fait sortir son peuple d’Égypte où il était esclave. Beaucoup plus loin, nous trouvons le récit de la vie, de la mort et de la résurrection de l’homme appelé Jésus de Nazareth.

Comment le lecteur moderne doit-il donc aborder tous ces passages ? Est-il appelé à y voir des récits légendaires ou des métaphores qui ne véhiculent que des vérités spirituelles ? Doit-il plutôt considérer qu’ils relatent des événements tout à fait historiques ?

La Bible, un livre à la fois théologique et historique

Dans un premier temps, il peut être utile de savoir ce que la Bible dit d’elle-même, de son message et de son objectif. Elle se présente comme un livre qui raconte l’histoire de la relation de Dieu avec son peuple. Son but ultime est d’inviter l’homme à connaître Dieu et à être réconcilié avec lui. L’histoire que la Bible raconte est, très clairement, d’ordre théologique dans le sens où ce qui est raconté explique qui est Dieu, sa nature, ses attentes, ses promesses et qui est l’homme. Les récits des auteurs bibliques ont été écrits pour parler de Dieu et de ses desseins.

La Bible se présente aussi comme la Parole d’un Dieu honnête, omniscient et fiable. Ses textes ont, certes, été rédigés par des auteurs humains ayant chacun leur style, leur vocabulaire et leur personnalité, mais la Bible affirme qu’ils ont été inspirés par l’Esprit de Dieu (voir le vol.2, ch.8). Lorsque des apôtres se réfèrent à des évènements tels que la création, le déluge et l’Exode, ils se montrent persuadés de leur nature historique. Si l’on croit à l’inspiration de la Bible, il n’y a donc pas lieu de lire ce qu’elle affirme être des faits historiques à la manière de textes symboliques.

Le lecteur attentif doit cependant se garder d’une lecture anachronique du texte, qui s’attendrait à ce que les auteurs se conforment aux méthodes historiques modernes. Les textes bibliques racontent l’histoire à la manière de ceux de l’Antiquité. Ils ne cherchent pas à parler de manière dépassionnée et exhaustive, mais ils racontent des événements historiques dans le but de véhiculer un message théologique.

Des textes à lire différemment selon leur genre et leur style

Comme toute œuvre littéraire la Bible utilise toute une variété de styles et de genres (voir vol.1, ch.6 pour un panorama). Devant chaque texte, il convient, autant que faire se peut, de discerner les intentions de l’auteur. Veut-il présenter une idée, une image ou un fait historique ? Certains passages sont explicitement présentés comme des paraboles ou des fables, qu’il convient de ne pas comprendre de manière littérale et historique(1). De même, tout le monde s’accorde pour dire qu’il serait absurde de comprendre la poésie de manière littérale.

À titre d’exemple, certains lecteurs de la Bible perçoivent un symbolisme voulu dans le récit de Genèse 2-3 quand il évoque par exemple l’arbre et le serpent. Pourquoi ? À cause de l’usage symbolique qui en est fait dans d’autres parties de la Bible. En même temps, le Nouveau Testament affirme la nature historique de l’homme Adam et de sa faute. Une bonne connaissance des conventions littéraires de l’époque aide à comprendre les textes. Ceci n’enlève rien au caractère historique des événements rapportés.

Nos connaissances soulignent la justesse et la sobriété de la Bible

Pour mieux comprendre les textes difficiles, il est également possible de faire appel à des connaissances extrabibliques(2). Au cours des derniers siècles, l’archéologie a énormément progressé. Or les découvertes archéologiques ne contredisent pas le récit biblique ; elles ont plutôt tendance à le confirmer (voir le ch.3 pour plus de détails). De plus, en comparant les récits bibliques à des récits similaires des mêmes époques, on découvre à quel point les auteurs bibliques usent d’un style extrêmement sobre. À titre d’exemple, un récit de la création issu de la Mésopotamie parle de luttes entre dieux différents qui naissent de l’union de deux êtres, Tiamat et Apsû. De son côté, le récit biblique de la création pose avec beaucoup de retenue le cadre d’un Dieu distinct de sa Création qui a créé toute chose de manière ordonnée.

Conclusion

La foi chrétienne est née à l’entrée du tombeau vide de Jésus-Christ. Pour certains, sa résurrection est la légende par excellence, mais pour les chrétiens elle est l’exemple par excellence d’une foi raisonnable. On a là le récit d’un événement extraordinaire, miraculeux et merveilleux, mais les indices historiques et logiques qui plaident en faveur de sa réalité sont considérables(3).

Si Jésus a vraiment été ressuscité d’entre les morts, la logique veut qu’il ne soit pas un imposteur, mais véritablement le Fils de Dieu. Or il a accepté la nature historique de l’Ancien Testament et de ses récits de la Création, du déluge, de l’Exode. Ceux qui mettent leur foi en lui accepteront naturellement d’accepter la fiabilité de ses paroles. Toutes les questions concernant les passages les plus difficiles de la Bible n’en sont pas supprimées pour autant, mais elles se vivent dans la confiance.

Trevor Harris*

Les miracles

Nul doute, la Bible rapporte bien des récits de miracles, par exemple les guérisons accomplies par Jésus. Un lecteur moderne peut-il croire à de tels récits ?

Quoique fréquente, cette dernière question est en fait mal posée. En effet, les hommes et femmes de l’Antiquité faisaient eux aussi très bien la différence entre phénomènes naturels et surnaturels. Cela se voit justement dans la Bible, qui insiste sur le caractère extraordinaire des miracles, qui interpellaient fortement les gens.

Or il est bien évident que si Dieu existe, il est capable d’opérer des miracles : il est tout-puissant. Cela ne contredit pas la science, puisque cette dernière se donne pour rôle d’étudier seulement les lois de la nature, autrement dit le fonctionnement habituel du monde physique. Les miracles sont par définition hors de son champ d’analyse.

Croire aux miracles, pour quelqu’un qui croit en Dieu, n’a donc rien d’irrationnel. Ce qui serait illogique, c’est de dire que Dieu existe mais qu’il ne peut pas intervenir de façon extraordinaire ! Par conséquent, la vraie question est : si Dieu existe, a-t-il voulu intervenir parfois de manière extraordinaire, au-delà des lois naturelles qu’il a instaurées ?

En définitive, si les miracles sont en contradiction avec quelque chose, ce n’est certainement pas avec la science. Cela ne peut être qu’avec l’athéisme (« Dieu n’existe pas ») ou le déisme (« Dieu existe mais ne s’occupe pas du monde des humains »). Notre avis sur les miracles dépend donc avant tout de nos convictions profondes sur Dieu.

Matthieu Richelle

1. Les fables de Jotham (Juges 9.8-15) et de Joas (2 Rois14.8-10) ; la parabole de Nathan (2 Samuel 12.1-4).

2. Par exemple, celui d’A. Millard, Des pierres qui parlent, Cléon d’Andran, Excelsis, 1998.

3. De nombreux livres traitent de ce thème. Par exemple, celui de L. Strobel, La Parole est à la défense, Vida, 2011.

*Trevor Harris, après une carrière dans la finance et le marketing, a fait ses études de théologie à Oak Hill College (Londres), puis à la Faculté Libre de théologie évangélique (Vaux-sur-Seine). Il est pasteur de l’Église Protestante Évangélique de La Garenne-Colombes en région parisienne (http://www.epe-garenne.org).

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