Le préambule

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Le préambule

Le Décalogue exprime concrètement la volonté de Dieu, ce qui est bien et ce qui est mal.

Mais, avant d’étudier chacun des commandements divins, il faut d’abord nous arrêter à son indispensable préambule : « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir d’Égypte, de la maison d’esclavage. »

Pourquoi Dieu commence-t-il de cette façon ?

Tout simplement pour nous rappeler que sa loi n’est pas donnée à n’importe qui ni n’importe quand.

1) Le Seigneur donne sa loi à son peuple : elle ne s’adresse donc pas au monde. C’est la loi des croyants (Écoute, Israël...).

2) Cette loi n’est proposée qu’à un peuple libre qui vient d’échapper à l’oppression de Pharaon.

Le Créateur n’a pas donné sa loi à son peuple alors qu’il était encore esclave en Égypte, car cela n’aurait servi à rien. Non, il l’a tout d’abord libéré en le faisant sortir du pays où il était esclave. Il l’a ensuite conduit à travers la Mer Rouge. C’est lorsqu’il est arrivé dans le désert du Sinaï qu’il lui a donné sa loi.

La loi ne nous libère pas : elle s’adresse plutôt à des hommes libérés qui se souviennent d’avoir été esclaves.

Ainsi, donner la loi à des personnes qui n’ont pas vécu une vraie conversion à Jésus-Christ, c’est en faire des transgresseurs de la loi.

La donner à des croyants qui seraient « restés en Égypte », c’est-à-dire qui n’ont pas encore goûté la libération que Jésus veut leur procurer, c’est les conduire dans ces luttes stériles et sans espoir que l’apôtre Paul mentionne dans Romains 7. Jésus l’a dit : « nul ne peut servir deux maîtres ».

Par contre, donner la loi à des hommes et des femmes « sortis d’Égypte », c’est-à-dire affranchis du pouvoir du péché, c’est leur tracer tout le programme d’une vie nouvelle avec l’aide de celui qui les a déjà libérés.

Lorsque nous avons non seulement cru en Jésus, mais que nous avons aussi été délivrés de l’esclavage de ce monde par Jésus-Christ, l’Agneau de Dieu, lorsque nous avons été baptisés dans la mort et la résurrection de Christ et avons reçu l’Esprit qui vient de Dieu, après avoir été libérés de l’esprit du monde, voici que nous recevons maintenant du Seigneur ses commandements. Ils deviennent alors comme un chemin de victoire et de joie qu’il veut nous faire suivre par le Saint-Esprit.

Pourquoi aurions-nous peur de la loi divine ? Celui qui nous a sauvés, ne peut-il pas aussi nous aider à vivre selon lui ? La loi qu’il nous donne n’est pas là comme une épée suspendue au-dessus de nos têtes. Au contraire, loin d’être une menace constante, elle est la marque de l’amour de Dieu qui veut, par elle, nous apprendre à aimer ce qu’il aime.

Dès que nous sommes « sortis d’Égypte » et que nous connaissons la vie de l’Esprit, jamais plus la loi ne sera un joug pesant qui aurait pour but de nous faire souffrir et de nous interdire la joie ! En effet, la loi de Dieu veut nous ouvrir à la vraie joie, à la vraie liberté, à la vraie vie de communion avec notre libérateur divin. Au lieu d’exercer encore envers nous un ministère de mort, la loi nous dit désormais : « Puisque tu es libre en Jésus-Christ, voilà comment tu vas vivre à partir de maintenant ».

Place de la loi

Dans certaines liturgies,

- on lit d’abord la loi,

- ensuite on confesse son péché,

- enfin, on reçoit les promesses de grâce faites à ceux qui se repentent et qui croient.

C’est le schéma des étapes de la conversion :

- condamnation du pécheur par la loi,

- repentance,

- pardon.

Mais si nous avons vraiment conscience d’être pardonnés et libérés, nous devons bouleverser cet ordre en lisant la loi en dernier lieu après l’annonce du pardon. Car nous proclamons à ceux qui sont sauvés que la loi n’a plus pour mission de les condamner, mais de leur tracer le chemin de la vie nouvelle avec Christ.

Quand la loi est présentée avant la grâce, elle ne peut être que transgressée, parce que l’homme est seul devant elle. Dans ce cas, on risque fort de ne jamais sortir du cycle « Toujours pécheur et toujours pardonné, toujours pardonné et toujours pécheur ».

Mais si la grâce vient la première et la loi ensuite, alors il est possible d’obéir joyeusement à la loi : nous sortons du cercle pour marcher sur un chemin frayé dont voici les étapes :

- Autrefois pécheur et esclave de notre péché.

- Libéré un jour de la servitude par le sang de Christ.

- Vivant maintenant chaque jour conduit par le Saint- Esprit pour accomplir la loi de la liberté.

Un défi au-dessus de nos têtes

Pour être vrai, il faut cependant préciser que l’observation des commandements de Dieu peut prendre parfois, pour l’homme conduit par l’Esprit de Dieu, les proportions d’un terrible affrontement. Car, derrière le bien qu’il faut faire, il n’y a pas qu’un principe à observer ou qu’un devoir à remplir : il y a Dieu qui nous appelle et qui compte sur nous.

De même, derrière le mal qu’il ne faut pas faire, il y a Satan qui nous guette, qui essaie de nous tenter de toutes les manières, comme il le fit avec Jésus lui- même dans le désert. C’est le revers de la médaille. Le chrétien conduit par le Saint-Esprit rencontre de la part de Satan une opposition sans cesse plus violente.

Si les commandements sont toujours pour nous le joyeux programme d’une vie libérée par Christ, ils sont aussi parfois l’expression du redoutable combat en cours entre l’Esprit Saint et les puissances des ténèbres. Les vrais chrétiens en sont le champ de bataille.

Souvenez-vous du terrible défi lancé par Satan à Dieu par-dessus la tête de Job. C’est au travers de nous aussi que parfois ils continuent à s’affronter. Il ne s’agit pas d’un débat de conscience comme dans la morale humaine, ni simplement d’une tension entre la vieille et la nouvelle nature du chrétien. Il s’agit bien d’une tension d’esprits à laquelle nous sommes mêlés dès lors que nous devenons le temple du Saint-Esprit et que nous lui demandons de prendre le contrôle de toute notre vie.

Dans la vie de l’Esprit, la tentation revêt des formes subtiles et complexes car Satan se déchaîne par toute espèce de ruses et de fraudes pour compromettre si possible cette marche victorieuse à laquelle Dieu appelle ceux qu’il a sortis de l’esclavage.

Mais autant sont vifs les assauts de l’adversaire, autant sont puissantes les réactions de la défense céleste.

Plus spécialement attaqués dans leur vie morale, les chrétiens remplis du Saint-Esprit sauront relever le défi et glorifier Christ et son Esprit sur les points où justement ils sont considérés comme plus vulnérables. Les pages qui suivent analyseront courageusement leurs faiblesses pour envisager d’y porter remède.

Le Saint-Esprit, qui est un Esprit de puissance dans le service, veut être aussi pour nous un Esprit de puissance dans la sainteté. Nous comptons sur lui pour qu’il nous apporte les précieuses lumières et les prompts secours dont nous avons besoin.

Pour aller plus loin : Deutéronome 6.1 ; Exode 12-14 ; Matthieu 4 ; Job 1 et 2.

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Commentaires

JoCo
12 novembre, à 12:29
C'est cet éclairage, cet halo de l'Esprit Saint que je percevait depuis fort longtemps et qui me guide aujourd'hui ????
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