Quand la Bible me questionne

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Quand la Bible me questionne

Au terme de cette série La Bible en questions, un bilan s’impose. Le volume 1 offrait une découverte de la Bible, en rappelant qu’elle avait marqué la vie de milliards d’individus, parmi lesquels des personnes célèbres (ch.2) et d’autres inconnues (ch.7). Comment expliquer un tel impact ?

Un livre étonnamment fiable

Les volumes 2 et 3 ont cherché à expliquer les raisons de cette influence. Écrite sur de longs siècles par des dizaines d’auteurs différents, la Bible nous est parvenue comme un ouvrage cohérent, proposant un message encore actuel et accessible (volume 2). Dans le présent volume, nous avons vu que la Bible résiste étonnamment bien à l’épreuve des interrogations les plus difficiles.

Confrontée à la science et à l’archéologie, elle peut difficilement être prise en défaut ; des questions subsistent, mais c’est aussi le cas de toute discipline scientifique. Parfois accusée d’encourager la violence ou la misogynie, elle condamne ces erreurs, bien au contraire. Comparé aux autres livres religieux, son message est unique.

Finalement, on peut se demander quel autre livre que la Bible aurait pu survivre à autant d’analyses et de critiques. Théologiens, scientifiques et historiens, croyants, agnostiques et athées militants… nombreux sont ceux qui l’ont étudié sous toutes les coutures. N’en déplaise à Voltaire et à tous ceux qui ont cru qu’on ne la verrait bientôt plus que dans les musées, la Bible est encore là.

Quand la Bible me questionne...

Si la Bible a eu et a toujours un tel effet, c’est aussi parce qu’elle ne peut laisser indifférent celui qui la lit. Elle véhicule un message qui a touché profondément et a changé radicalement la vie de ceux et celles qui y ont adhéré.

Nous avons en occident l’esprit critique développé ; nous analysons et passons tout au crible de nos questions. C’est un peu ce que nous avons fait avec la Bible dans cette série La Bible en questions. Il est grand temps maintenant d’avoir un autre courage, celui de nous laisser questionner par elle. Il faut du courage en effet pour entrer dans cette démarche parce que la Bible pose de vraies questions… et ne laisse souvent pas indemne pour peu que l’on prenne son interpellation au sérieux.

Pour cela, nous retiendrons trois axes qui tiennent une grande place dans la Bible : la création, le mal et l’amour de Dieu.

• La Création
Il est de bon ton de se moquer du récit biblique des origines. Pour beaucoup, il semble renvoyer aux discours mythologiques les plus naïfs.
Ce que la Bible dit au sujet de la genèse du monde et de l’homme (Genèse 1 à 3) est pourtant fondamental pour une juste compréhension de notre identité et de notre place dans le monde. Elle dit à sa manière que nous sommes là non par hasard mais parce qu’un Dieu créateur, puissant et bon, l’a voulu. Elle chante la beauté et l’harmonie de la création. Elle nous éclaire sur la place unique de l’humanité créée en image de Dieu – quelle dignité ! – afin de prendre soin de ce magnifique jardin qu’est notre monde – quelle vocation ! Elle nous parle aussi du désir de Dieu de vivre une relation unique et harmonieuse avec nous. Quel privilège !

Au lieu de tourner en dérision le livre de la Genèse, les prétendus cartésiens que nous sommes devraient être ramenés à la raison par une vraie démarche scientifique. Car la science se pose aujourd’hui bien plus de questions sur l’origine du monde qu’elle n’a de réponses certaines.

Focalisés sur le comment de la création, nous avons aussi oublié de nous demander pourquoi cet univers existe et ce que nous avons à y faire. C’est pourtant en bonne partie de là que vient le malaise de l’humanité. Nous voilà donc face à la première question que nous pose la Bible : Puis-je décemment vivre sans savoir d’où je viens, qui je suis et quel est l’objectif de ma vie ?

• Le mal
S’il y a une question qui nous touche tôt ou tard, c’est bien celle du mal. Le mal subi et le mal commis. Celui dont on a été témoin dans sa rue comme celui du bout du monde, que nous découvrons par médias interposés. Les petits maux du quotidien et ceux vécus par l’humanité dans son ensemble.

Et là encore, le récit de la Genèse qui évoque le serpent et le fameux « fruit défendu » font sourire ceux qui ne cherchent pas vraiment à comprendre leur message. En réalité, ces textes désignent sobrement le diable comme l’auteur du mal et son instigateur au sein de l’humanité (Genèse 3 ; Jean 8.44…). Ils nous expliquent aussi que la racine du mal est en nous, faite d’indifférence ou de rébellion envers notre Créateur. La Bible en décrit sans fard les conséquences dramatiques : la souffrance d’un monde qui marche sur la tête (Romains 8.19-32) et l’humanité plongée dans le mal sous toutes ses formes (Romains 1.18-32 ; 3.9-18 ; Éphésiens 2.1-3). Elle nous annonce que, si nous restons dans cette attitude de rejet de Dieu, nous mourrons en étant séparés de lui pour l’éternité.

L’existence du mal a certes été l’un des arguments majeurs utilisés par les athées contre le christianisme : « Pourquoi un Dieu bon peut-il permettre tout cela ? ». Mais on en oublie la question fondamentale et urgente : « comment puis-je en être délivré ? ». C’est à cette dernière question que Dieu a préféré répondre : la Bible nous montre ainsi comment Dieu s’y est pris pour en finir avec le mal, plutôt que d’offrir des discours philosophiques à son sujet.

D’où notre deuxième question : si le discours biblique sur le mal ne me convainc pas, comment est-ce que je comprends et je gère la question du mal en moi et autour de moi ?

• L’amour de Dieu
On pourrait dire de l’amour l’exact inverse de ce que l’on a dit du mal : si tout le monde veut fuir le mal, tout le monde aspire à aimer et à être aimé. Il est de notoriété publique que l’amour tient une place centrale dans le christianisme. On cite volontiers quelques passages clés qui en parlent :
– « Dieu est amour » (1 Jean 4.8) ;
– « aimez-vous les uns les autres » (Jean 13.34) ;
– l’hymne à l’amour de 1 Corinthiens 13.
Ce dernier texte est peut-être le plus connu, sûrement parce qu’il place l’amour au-dessus de toute réalité. Il est ainsi très souvent utilisé lors des cérémonies de mariage ! Il a connu son heure de gloire en mondovision lorsqu’il a été lu par Tony Blair aux obsèques de la princesse Diana en 1997.

Ce dernier exemple est symptomatique de notre tendance à prendre ce qui nous plaît dans la Bible en évitant soigneusement les questions que cela nous pose. On trouve abrupt et périmé le discours biblique sur le mal ? On l’occulte. On aime le mot amour et ce qu’il semble évoquer ? On le sort de son contexte pour l’arranger à notre sauce. On le décrit comme un sentiment de bien-être personnel, intense et profond, quelque chose qui nous fait éprouver du plaisir. Et si Dieu il y a, il est censé être au service permanent de notre bien-être, puisqu’il est amour…

Mais cet amour narcissique est-il encore de l’amour ? Est-il fidèle à ce que la Bible en dit ? Focalisés (symptomatiquement ?) sur la recherche d’un amour égocentré, nous en évacuons la démonstration la plus forte de l’histoire de l’humanité.

Car tout ce que la Bible dit à ce sujet est centré sur Jésus-Christ et sur sa mort à la croix en particulier. La description de l’amour parfait de 1 Corinthiens 13 est d’abord le portrait du Christ. C’est un amour qui se donne, se sacrifie pour autrui. Ce que Jésus dit juste avant le mot d’ordre « aimez-vous les uns les autres » est essentiel car il en pose le fondement : « comme je vous ai aimé, vous aussi, aimez-vous… » (Jean 13.34). Surtout, le contexte immédiat du verset « Dieu est amour » (1 Jean 4.8) est essentiel pour en comprendre le sens :
« Voici comment Dieu a manifesté son amour pour nous : il a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous ayons la vraie vie par lui. Et l'amour consiste en ceci : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés ; il a envoyé son Fils qui s'est offert en sacrifice pour le pardon de nos péchés » (1 Jean 4.9-10).

Ce que l’apôtre Jean écrit, c’est qu’on ne peut comprendre l’amour de Dieu que si nous comprenons que Dieu nous a aimés le premier alors que nous le rejetions. Il est même plus précis : on ne peut connaître vraiment l’amour de Dieu que si l’on regarde à la croix de Jésus-Christ. C’est là que Jésus a accepté de prendre sur ses épaules les conséquences de nos fautes morales et de notre rejet de Dieu. C’est en elle que l’homme peut placer toute sa confiance pour être pardonné et sauvé éternellement par Dieu. C’est à partir de là que peut commencer une vie nouvelle, à nouveau en relation intime avec son Créateur. Mais aussi libéré du pouvoir du mal, et rempli de l’amour que Dieu lui témoigne quotidiennement.

Ce qui nous fait dire que notre troisième question est de toute évidence la plus importante : quelle est ma réponse à l’amour de Dieu manifesté pour moi en Jésus-Christ ?

Conclusion

En définitive, la démarche consistant à interroger la Bible conduit aussi à être interrogé par elle, et sur les questions les plus profondes : notre existence dans le monde, le mal et l’amour. Nous y sommes tous confrontés un jour ou l’autre. Sur ces sujets, la Bible apporte des réponses que nous sommes libres d’accepter ou non, mais qui méritent un examen honnête. De manière remarquable, elles nous ramènent à Jésus-Christ, « que les deux testaments regardent, l’Ancien comme son attente, le Nouveau comme son modèle, tous deux comme leur centre » selon le mot de Blaise Pascal, philosophe chrétien du 17ème siècle (1).

Notre souhait le plus cher est que vous ayez le désir d’ouvrir la Bible pour en découvrir le contenu par vous-même. Nous espérons que les quelques éléments donnés dans les trois volumes de cette série vous ont mis l’eau à la bouche pour aller plus loin !

Thomas Koning, titulaire d’une maîtrise en théologie, est pasteur de l’Église évangélique libre de Toulouse (http://eeltoulouse.free.fr/).

(1) Pensée n°740, dans B. Pascal, Les pensées, Paris, Garnier-Flammarion, 1976, p.282 (class. de L. Brunschwicg).

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