Toycan : Tout feu tout flamme

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Toycan est originaire d’Ankara, la capitale turque, et c’est au son du saz, une guitare en bois à six cordes, qu’il vous reçoit. Son visage décidé et son caractère entier vous rappellent le cheval sauvage du plateau anatolien. Son regard calme et rieur s’anime, soudain traversé par les éclairs d’une sainte colère. Ce qu’il raconte est percutant. Passer de la religion musulmane à la foi au Christ Jésus demande du courage et cette grâce que Dieu répand sur tous ceux qui s’en remettent à lui...
Toycan : Tout feu tout flamme

À vous entendre, vous donnez l’impression d’être « tombé amoureux » de Dieu. Est-ce excessif de dire les choses de cette manière ?

C’est clair, mais ce n’est pas seulement de ma faute ! C’est Dieu qui m’a cherché, moi je ne m’en rendais pas compte. Je suis né musulman, circoncis. On m’a appris à prier. Mes parents sont pratiquants, surtout ma mère, car en venant en France mon père s’est mis à jouer au tiercé et à vivre plus ou moins à l’occidentale. Il observe le ramadan de temps en temps, mais il ne fait pas ses prières.

La Turquie vous manque-t-elle ?

Je ne l’ai pas beaucoup connue ; il y a des souvenirs de ma petite enfance qui resurgissent parfois et qui me donnent un pincement au cœur. Quand, par exemple, j’écoute de la musique turque ; cela me touche, cela fait partie de moi.

Racontez-nous votre éducation musulmane.

Elle est classique. On a voulu m’emmener à une école coranique, mais je n’y suis allé que deux fois ; je préférais jouer au foot avec un copain. Ce n’était pas trop mon truc, la religion ! Je n’aime pas cette autorité et cette discipline qu’on t’impose. On peut te frapper, même. Mais l’islam, on ne peut pas le laisser tomber comme cela. Il fait partie de la culture et du quotidien. Tu dois faire attention à ce que tu manges, et avant le repas tu dis Bismillah ! C’est-à-dire que tu remercies Dieu, tu lui rends grâce pour chaque chose, quand tu te lèves le matin ou pour quoi que ce soit. Quand j’étais petit, j’avais peur de me coucher car je faisais des cauchemars, si bien que ma mère m’avait appris à réciter des prières. Elle les avait écrites en turc. Je croyais que cela allait me protéger parce que je pensais m’adresser réellement à Allah. Par la suite, j’ai voulu en savoir un peu plus. Je n’étais pas satisfait de ce qu’on me donnait. Je ne pouvais pas croire que le monde se réduisait à ce que je pouvais en percevoir. J’avais envie de voir ce qui se cachait derrière, l’invisible. J’ai cherché des choses cachées, j’ai lu des livres et j’ai même eu « la chance » de tomber sur une Bible. Quelle coïncidence ! J’étais encore au lycée. C’est un camarade de classe qui m’en a donné une : son père était pasteur. Nous n’avions pratiquement pas de livres chez nous. Recevoir une Bible, c’était quelque chose ! Je me suis attardé sur le livre de l’Apocalypse. Je ne comprenais pas tout, pour moi c’était un livre de « science-fiction ». Ensuite, je me suis mis à tout mélanger : bouddhisme et christianisme, les sept sceaux avec les sept chakras. Allah, Bouddha, Jésus, un peu de sophrologie et d’hypnose, etc. À mes yeux, c’était du pareil au même. J’allais à la dérive, sans m’en rendre compte.

Qu’est-ce que tout cela t’apportait ?

Le malheur, car cela m’a complètement bouffé. Cela passait avant tout, ma famille notamment. Je m’étais dit que les religions n’étaient que du baratin. Les religieux que j’avais rencontrés tenaient de beaux discours, mais Dieu me paraissait toujours absent. Ce qui m’intéressait, c’était sa puissance et sa présence. Celui que la Bible révèle et qui est capable de faire des miracles. N’est-ce pas un Dieu qui agit ? Voyez l’épisode du sacrifice demandé à Abraham et l’intervention de Dieu. Je cherchais un Dieu vivant, pas le Dieu des intellos ! Alors je méditais. Et ce n’était pas sans effet. Mais je n’étais témoin que de contrefaçons. Quand tu jeûnes longtemps et que tu utilises certaines techniques, tu peux...

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