Chemin de Pâques

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De l’humble étable où naît l’enfant en passant par la croix, voici l’homme qui sort vivant du tombeau : la mort a été vaincue. Chaque humain est ainsi invité à prendre un nouveau chemin : c’est le Chemin de Pâques qui s’ouvre sur l’éternité. Invitation à un itinéraire jalonné par les chansons de cette cantate pour écouter autrement le message de cette fête qui chante la vie. En route !

Chemin de Pâques

Pâques ne peut pas être réduit au seul événement que seraient la croix ou le tombeau. Pâques, c’est tout un parcours ! Tout a commencé avec la mise en route d’un peuple qui a traversé l’épreuve de l’esclavage et passé au travers des eaux pour entrer dans une promesse que Dieu lui a faite. C’est l’autre Pâque, celle du peuple juif sorti d’Égypte.

Une longue attente

Ce peuple a fait de la route depuis la sortie. Le voilà quelques siècles plus tard qui se rassemble pour accueillir celui qui vient à lui, celui qu’il attendait comme le messie. La chorale chante au début de la cantate : « Accueille, peuple béni de Dieu, ton roi qui vient à toi, humble, monté sur un ânon, pour lui clame ta joie. » Jésus répond à la promesse faite par la bouche du prophète Zacharie 9.9 : « Danse de toutes tes forces, ville de Sion ! Oui, pousse des cris de joie, Jérusalem ! Regarde ! Ton roi vient vers toi. Il est juste, victorieux et humble. Il est monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. »(1) Signe d’humilité, pour prendre le chemin de Pâques, le Christ emprunte un ânon. Il accomplit la première alliance et la foule salue ce Roi du salut : « Hosanna ! Gloire à Dieu ! Hosanna ! Sauve-nous ! ». Le ton est donné.

Un espoir déçu

Lorsque Jésus entre dans la capitale, c’est à la fois un cri plein d’une espérance folle et un cri d’appel au secours qui l’accueillent. L’espoir fou de la foule va se transformer en cri de haine dans quelques jours. Ceux qui ont cru se fier au Roi de gloire vont crucifier dans quelques jours le Fils de Dieu.

Mais Jésus est venu pour que les gens y voient un peu plus clair. Le chœur chante alors : « Voici je suis venu comme une lumière afin d’éclairer la terre, arracher des ténèbres l’homme qui se perd sans repère. » Il est le seul chemin qui mène au Père. Certains pourtant préfèrent les chemins de traverse. Les ténèbres n’aiment pas la lumière, elle leur fait de l’ombre. Judas sort de l’ombre pour accomplir de sombres desseins. Se dessine alors la trahison. Jésus qui est venu racheter les humains va être vendu par un de ses proches : « Voilà que mon ami s’érige en ennemi. » Judas sort dans la nuit. Le sort en est jeté comme un baiser volé.

La route est encore longue jusqu’à la croix. Alors il faut se restaurer pour reprendre des forces. Boire la coupe jusqu’à la lie. Prendre le temps d’un repas d’adieu comme pour remettre à Dieu ceux qu’on va quitter. « Manger, buvez, mon corps, mon sang, vous souvenant de moi à chaque fois, quand vous prendrez ce repas ». Pour l’heure, c’est le dernier repas, comme si Jésus savait que c’était sa dernière heure.

Il faut poursuivre. Pierre, un autre disciple, pense pouvoir le suivre sur ce chemin de croix. Il s’avance un peu vite en affirmant : « Je donnerai ma vie sans hésiter, plutôt que trahir ma foi. Tous pourraient t’abandonner, mais quant à moi, je ne te renierai pas. » Trois fois il le reniera. Seul Jésus va bientôt donner sa vie pour que les autres puissent continuer les chemins de la vie.

Plus loin que les apparences

Pour le Christ c’est un chemin de choix. À « Gethsémané » celui qui est à la fois Dieu et homme ne sait plus ce qu’il veut. Aller jusqu’au bout ou bifurquer avant qu’il ne soit trop tard ? Dilemme qui devient prière : « J’accepterai de m’y soumettre / Pour accomplir ta volonté. » Mais « Pourquoi ? » faut-il en passer par-là ? La vérité sort de la bouche des enfants qui font un chœur dans cette cantate. Voix de l’innocence pour dire qu’il n’y a rien de coupable en Jésus : « Qu’a-t-il fait ? Seul parfait de tous les hommes qui savait nous aimer tels que nous sommes ». Ce que nous sommes, c’est Pierre, le cœur de Pierre, qui lorsque Jésus est arrêté n’arrête pas de dire : « Mais pour la troisième fois : ‘je ne le connais pas ! ‘» Dieu lui nous connaît bien, plutôt trois fois qu’une.

Sur le chemin de Pâques il y a l’étape marquée d’une croix. Jésus arrêté, condamné est supplicié. Seules, quelques paroles sept fois sortent de sa bouche. La lumière s’éteint. L’amour de Dieu reste planté-là. Le silence tombe, scellé d’une pierre. Que dire de plus ? Rien, sinon cette supplique : « Kyrie eleison, Christe eleison. Pardonne-nous, aie pitié de nous ».

Un chemin qui s'ouvre

Le chemin de Pâques n’est pas une impasse, ce n’est pas un dead end (une fin morte en anglais). La mort n’a pas le mot de la fin. Le chemin continue parce que « Il est ressuscité, vraiment ressuscité ». Un jour nouveau se lève après la nuit. Jésus est vivant !

Ça pourrait s’arrêter-là. Tout est accompli ! Mais l’aventure ne s’achève pas là. C’est une histoire d’amour infinie. La cantate se poursuit avec trois autres chansons comme pour dire que le chemin se prolonge. Trois fois plus, comme Jésus qui demande par trois fois à Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus fort que tous ceux-ci ? » Histoire d’avoir le temps de répondre à l’invitation adressée à chacun : « Suis-moi ». Lorsque Jésus interpelle en disant : « Suis-moi » c’est un appel à être comme « je suis ». Il y a du chemin à faire, celui de Pâques. « Éternel, verse en nous ton salut, tu es notre seul bien. Seigneur, qui détiens l’avenir, conduis nos lendemains ».

1. Zacharie 9.9

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