Bon appétit !

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Bon appétit !

J’étais autrefois cuisinier. Je suis aujourd’hui pasteur. J’ai donc nourri les corps avant de nourrir les âmes. Pour moi, les deux sont importants et peuvent être très agréables.

Questions de goût…

Il y a bien des années, j’ai eu la chance d’être recruté par un service de restauration au service d’une société américaine qui tournait un film sur les 24 heures du Mans. Un jour, Steve Mc Queen, le premier rôle du film, vient à la cuisine. Il me dit : « J’aime beaucoup la choucroute. Pouvez-vous m’en cuisiner un plat ? »
Je lui réponds : « Of course Mr Mc Queen, I will prepare it for you. »
Il ajoute : « Apportez-la moi dans mon bureau. Je suis occupé à préparer le tournage de demain. Apportez aussi du ketchup et une bouteille de coca s’il vous plait. »
Allez expliquer à un Alsacien qu’une choucroute arrosée de ketchup et accompagnée de coca c’est délicieux ! Pourtant, je peux vous assurer que notre acteur américain l’a mangée avec grand plaisir.

Quelques années plus tard j’étais au Danemark. Nous étions 120 élèves de 12 nations différentes dans cet établissement où nous nous formions pour devenir pasteurs.
Un jour, alors que nous étions à table, mon voisin, originaire de Madras me dit : « Je n’aime pas la soupe à la bière. Les cornichons et les betteraves au vinaigre sucré ; c’est pas bon. »
Le Danois à mon côté est étonné et il dit : « Moi, je trouve ça délicieux ! »
Là-dessus, mon voisin indien met une bonne dose du produit pimenté qu’il emporte toujours avec lui. « Avec ça, ça passe ! » dit-il.
Mon ami danois veut gouter à son tour. Le résultat ? Notre grand blond passe du rouge au pâle et du pâle au rouge. Il se met à transpirer et prend verre d’eau sur verre d’eau pour éteindre le feu dans sa bouche !

Cela fait longtemps que j’ai compris que nos goûts sont liés à nos cultures et à nos habitudes. Parfois, on peut même expliquer les raisons de nos différences. Par exemple, manger piquant dans les pays chauds aide à une meilleure circulation du sang alors que manger gras et sucré donne les calories dont on a besoin au Nord pour mieux résister au froid.
Si les goûts peuvent se discuter, une chose est certaine pour moi : notre Créateur a voulu que nous puissions apprécier ce que nous mangeons. Il aurait pu nous faire comme nos voitures, avec leur réservoir de carburant pour alimenter le moteur. Non, il ne nous a pas seulement fait avec un tube digestif. Il nous a donné aussi des papilles gustatives, un odorat, des yeux… pour apprécier ce que nous avons besoin de manger pour vivre. La Bible ne dit-elle pas que c’est dans un beau jardin aux fruits variés qu’il a placé nos premiers parents ?

Quand la Bible parle de manger

Le verbe manger se trouve très souvent dans la Bible. Dans sa première partie, on apprend même certaines règles alimentaires pour manger sainement. C’était d’autant plus important à l’époque qu’il n’y avait pas de congélateur ni même de frigo pour conserver les aliments !
Dieu montre ainsi qu’il sait ce qui est bon pour notre santé et qu’il veut notre bien. On s’aperçoit aussi qu’il souhaitait que son peuple profite du plaisir de manger. On lit par exemple « Ton Dieu va te faire entrer dans un bon pays… pays de froment, d’orge, de vignes, de figuiers, de grenadiers, d’olivier et de miel ».
Plus tard, au terme d’une vie bien remplie, le sage écrit : « Le seul bonheur pour les êtres humains, c’est de manger, de boire et de profiter des résultats de leur travail. J’ai constaté que c’est Dieu qui donne ce bonheur. »

L’exemple de Jésus

Jésus a été régulièrement invité à manger. Il semble bien qu’il n’ait jamais refusé d’invitation. On a même parfois dit de lui : « Regardez, cet homme pense seulement à manger et à boire ! ». Il a également choqué parce qu’il n’hésitait pas à manger à la table de gens un peu louches.
Les apparences peuvent être trompeuses : si Jésus appréciait d’être reçu, c’est aussi parce qu’il savait mieux que quiconque que le repas est un moment où on peut se dire des choses importantes. D’ailleurs, beaucoup des paroles que nous trouvons dans les évangiles ont été dites au cours d’un repas. Retenons le tout dernier repas qu’il a pris le soir même de son arrestation : c’est à ce moment là qu’il va donner les enseignements parmi les plus lumineux. C’est dans ce moment ultime aussi qu’il prépare ses amis aux moments terribles qui les attendent.
N’oublions pas toutefois que Jésus sait jeûner. Il lui est arrivé aussi de refuser la nourriture qu’on lui tendait car il avait d’autres priorités : « Ma nourriture, c’est de faire ce que Dieu veut ».

Au début de l’Église

L’apôtre Paul a dénoncé ceux qui pensaient qu’il fallait interdire de manger certains aliments. « C’est Dieu qui a créé ces aliments. Les croyants qui connaissent la vérité peuvent donc les manger en lui disant merci », répond-il.
Il ajoute toutefois ailleurs : ceux qui boivent trop, mangent trop… n’auront pas de place dans le Royaume de Dieu.

Pour terminer en beauté

Jésus avait dit à ses disciples : « je ne boirai plus de ce vin, jusqu’au jour où je boirai le vin nouveau, avec vous, dans le Royaume de mon Père. » Le dernier livre de la Bible précise cette promesse en annonçant un festin de noces.
La promesse du vieux prophète s’accomplira alors « le SEIGNEUR de l’univers, préparera pour tous les peuples un repas de viandes grasses arrosé de bons vins, un repas de viandes tendres et grasses et de vins purs. »

Une très bonne nouvelle pour ceux qui prennent plaisir à manger.

Pour aller plus loin
Deutéronome 8.7 ; Ecclésiaste 2.24 ; Jean 4.34 ; Luc 15 :2 ; 22.15 ; Mt.26 :29 ; Apocalypse 19.7-9 ; Esaïe 25.6.

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