Deux manières d’évoquer la fin du monde

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Deux manières d’évoquer la fin du monde

Hollywood ne manque pas de films qui évoquent la fin du monde, provoquée au choix par des catastrophes naturelles ou par des invasions extra-terrestres. Ces films, rarement originaux, ne font souvent pas dans la dentelle, mais ils ont au moins le mérite d’être spectaculaires. Deux excellents films sont sortis en mars 2016. Ils intègrent ce thème, mais de façon bien plus subtile et intéressante.

Dans Les premiers, les derniers

> Film belge de Bouli Lanners

Cochise et Gilou sont deux hommes de main qui sont payés pour effectuer les sales boulots. Ils ont cette fois pour mission de récupérer un téléphone portable volé et ils vont croiser sur leur route un jeune couple en cavale, échappé d’une institution pour personnes handicapées. Le motif de la fin du monde est présent dans la peur qui plane tout au long du film, celle d’Esther et Willy qui veulent retrouver une petite fille pour lui apporter un cadeau avant la fin du monde qu’ils croient proche, et celle de Gilou, hanté par la mort (une autre forme, plus personnelle, de fin du monde...). Avec une telle histoire, on pourrait craindre un film morbide, mais il n’en est rien. D’abord parce qu’il est aussi doucement surréaliste : on y croise à plusieurs reprises un personnage étonnant du nom de Jésus (est-ce le vrai ?) et ensuite parce que les différents personnages vont être transformés par leur rencontre, pour vaincre leurs peurs et retrouver une nouvelle humanité. Ce film, magnifiquement mis en image (et en lumière !), avec son histoire pleine d’humanité, est à voir absolument.

Dans Midnight Special

> Film américain de Jeff Nichols

Roy esten fuite avec son fils Alton, aidé par un ami. Il l’a arraché aux griffes d’une secte qui le considère comme un messager de Dieu, annonçant le jugement dernier. Il faut dire qu’Alton est un enfant pas comme les autres. Doté de pouvoirs surnaturels, il transmet des données mystérieuses. D’ailleurs, le gouvernement cherche aussi à mettre la main sur lui... Le motif de la fin du monde apparaît sous l’angle du fanatisme religieux. On s’y prépare par un repli sectaire, coupé de la société pour être parmi les élus. Sans dévoiler la fin du film (magique !), disons tout de même que la « fin du monde » n’est pas du tout celle qui est attendue, dénonçant ainsi le repli sectaire. Midnight Special est un film intime et humain, une fable de science-fiction originale, qui assume l’héritage de Steven Spielberg tout en le revisitant de façon personnelle.

Regardons d’un peu plus près

La portée symbolique et spirituelle de ces deux films très différents est réelle. Chacun peut, bien sûr, y voir ce qu’il veut. Mais j’y ai vu, dans les deux cas, la nécessité de s’ouvrir à l’autre pour vaincre ses peurs. Aujourd’hui notre monde offre bien des raisons de s’inquiéter de l’avenir. Le sentiment de fin du monde, diffus, est bien présent. La solution n’est pas dans le repli sectaire ou sécuritaire mais dans l’ouverture aux autres. Surtout si, parmi ces autres, se trouve l’Autre, le Créateur. J’ai cru le percevoir aussi, en filigrane, dans ces deux films.

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