Disconnect*

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Et si nous reprenions le temps que nous a volé la technologie ?

Disconnect*

Sortir du virtuel pour se reconnecter à notre environnement immédiat. Reprendre pied avec notre quotidien et retrouver le chemin de la communication avec nos proches que nous négligeons. C'est tout le propos, assez peu à la mode il faut le dire, du film d'Henry Alex Rubin.

Dans la lignée d'un « Crash » ou encore d'un « Babel », ce film primé à Toronto et à Venise raconte l'histoire de vies qui se croisent et pour qui la technologie causera d'irréparables dégâts. Le film est carrément contesté : c'est qu'on ne doit plus parler en mal d'Internet ! Sa sortie en France n'est pas encore programmée. Pour le voir, il faudra vous le procurer en DVD. Le réalisateur semble vouloir nous dire crûment : la Toile peut tuer. En tous cas, elle peut faire très mal. À vous de juger.

Victime d'une mauvaise blague

Ben (Jonah Bobo), jeune lycéen introverti, tentera de se suicider en voyant son intimité dévoilée. Derrière les sites dits « de charme » se cache une véritable industrie de pédopornographie où de vraies personnes — mineures — sont exploitées : Nina (Andréa Riseborough), journaliste ambitieuse, se brûlera cruellement en tentant d'ouvrir les yeux d'un jeune garçon crédule (Max Thieriot). Femme délaissée errant sur les sites de rencontre, Cindy (Paula Patton) en viendra à confesser à Derek [Alexander Skarsgard) ce qui n'aurait jamais dû sortir de son couple. Dans le rôle du père de Ben, Jason Bateman est bouleversant en avocat négligeant sa famille (c'est un euphémisme) et qui vit littéralement sa vie à travers son Blackberry. Ancien policier veuf, le père de l'adolescent responsable de la pendaison de Ben enquête désormais sur les crimes perpétrés à l'aide d'Internet. Il se montrera plus doux et compréhensif avec ses clients qu'avec son propre fils, devenu le réceptacle de ses refoulements.

Retour au monde réel

Aucun des protagonistes ne fera l'économie de l'atterrissage forcé et dur dans la réalité. Est-ce intentionnel de la part du scénariste ? Chaque personnage en viendra littéralement aux mains dans son retour au réel. Il semble ainsi donner « corps » à cette parole de Jésus : « Ce sont les violents qui s'emparent du royaume de Dieu ». Reprendre en main sa propre vie, s'arracher aux influences malsaines, se libérer du poids de nos addictions électroniques ne se fera pas sans un considérable effort. Ce film agira sur vous comme il l'a fait sur moi : un vrai électrochoc. Et si tous ensemble nous suspendions nos comptes Facebook pour nous connecter avec nos voisins ? Et si nous éteignions nos « prothèses téléphoniques » pour écouter nos enfants ? Et si nous déconnections nos ordinateurs pour consacrer du temps, du VRAI temps, à nos conjoints, avant que le temps de la technologie, le « temps chronophage », ne nous rattrape et ne nous laisse exsangues ?

*Disconnect (2012) - Film américain d'Henry Alex Rubin, avec Jason Bateman, Hope Davis, Frank Grillo, Michael Nyqvist, Andrea Riseborough, Paula Patton.

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