Existe-t-il de "bons mensonges" ? - À propos de Good Bye Lénine

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Jusqu'où peut-on mentir pour ceux qu'on aime ?

Existe-t-il de "bons mensonges" ? - À propos de Good Bye Lénine

Toutes les familles savent que "le Père Noël n'existe pas". Mais dans bien des foyers, on ment sur la réalité pour préserver, dit-on, les rêves d'enfants...

Transposé dans un autre contexte, Good Bye Lénine pose la même question. Christiane, résidente berlinoise, "retombe en enfance" suite à un évanouissement, suivi d'un coma. Mais voilà, entre temps, Berlin-Est a changé. L'Allemagne de l'Est (RDA) a disparu avec la chute du Mur de Berlin en 1989, entraînant la fin du tout-puissant Parti Communiste. Or, pour Christiane, le Parti, c'était un Père Noël. Le rêve ! L'idéal ! Une figure qu'on ne critique pas. Un modèle qu'on vante aux plus jeunes, sur un ton respectueux.

Comment expliquer à Christiane, lorsqu'elle sort du coma, que le "Père Noël" communiste n'est qu'une illusion ? Un rêve sans vie ? Ses deux enfants ne parviennent pas à lui dire la vérité. Son fils Alex, craint pour l'équilibre de sa mère s'il lui avoue que le mythe n'est qu'un leurre. Dès lors, il décide de tout faire pour maintenir l'illusion. Et faire croire à sa mère que le "Père Noël" communiste, toujours prêt à tout arranger, n'est pas un mirage.

Un mensonge en entraîne toujours d’autres

Au début, le mensonge est facile. Ne suffit-il pas d'un peu de décorum pour faire passer le message ? Tout comme bien des parents "trichent" pour rendre présent un Père Noël imaginaire, Alex multiplie les petits subterfuges (vieilles marques périmées de l'Est sorties des placards, chants du Parti récités en chœur, etc.).

Mais peu à peu, les choses se compliquent. Alex est contraint d'inventer des stratagèmes sans cesse plus compliqués. Quitte à fabriquer de fausses émissions télévisées, afin de faire croire à sa mère que le Parti Communiste est toujours, pour son pays, cette sorte de Père Noël rouge qui veille sur petits et grands.

En fin de compte, Christiane meurt sans s'être réveillée à la réalité. Mais a-t-elle gagné au change ? Le film ne tranche pas. Mais force est de constater qu'en cultivant l'illusion d'un faux "Père Noël" communiste, ses enfants ne lui ont pas forcément rendu service. Ils n'ont fait qu'empêcher leur mère de goûter, ne serait-ce qu'un peu, à une liberté ou une foi nouvelle, loin des fables habilement conçues qui éloignent de l'essentiel.   

Film allemand de Wolfgang Becker, sorti en 2003, avec Daniel Brühl, Katrin Sass, Chulpan Khamatova (César du meilleur film européen 2003).

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