L’homme qui répare les femmes

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Plus la nuit est noire, mieux on voit les étoiles...

L’homme qui répare les femmes

Difficile de trouver pires comme atrocités que celles subies par des dizaines de milliers de femmes du Sud Kivu, à l’est du Congo !

L’horreur

Pour celles qu’on ne tue pas, on a fait de leur corps un champ de bataille que toutes les parties en conflit n’hésitent pas à utiliser. On ne fait pas seulement de ces femmes des esclaves sexuelles, on ne se contente pas de les violer ou d’obliger leurs fils à faire de même... on pousse l’horreur jusqu’à les mutiler. Beaucoup de jeunes filles ne seront jamais femmes. Certaines seront incontinentes à vie.

Même les bébés ne sont pas épargnés. Des actes innommables à désespérer de l’humain à tout jamais sont commis.

De toute évidence, les coupables ne font pas qu’assouvir des pulsions sexuelles. Leur but est de détruire la société. Passons sur les mobiles : ils se résument comme le plus souvent à l’argent, en particulier celui lié aux richesses du sous-sol du pays que différentes guérillas se disputent.

Il est impossible de faire une échelle pour mesurer les horreurs dont l’humanité est capable, mais assurément celles qui sont faites à ces femmes en dépassent bien d’autres.

Un film pourtant optimiste

Pourquoi ces révélations ne nous conduisent-elles pas au désespoir ?

Certainement, on appréciera les décors : la nature est magnifique et les paysages somptueux, mais ce n’est pas pour autant eux qui redonnent espoir, car dans ces belles forêts et ces montagnes se cachent des criminels capables des pires horreurs.

Si le film invite à l’espoir, c’est au docteur Denis Mukwege que nous le devons, lui qui a su redonner leur dignité aux malheureuses survivantes. Il en a opéré des milliers, mais il a su aussi fédérer autour de lui une équipe qui ne fait pas seulement que réparer les corps dévastés puisqu’elle soigne aussi les esprits traumatisés.

Aujourd’hui, ce sont ces femmes elles-mêmes qui délivrent un message d’espoir. Elles se sont relevées courageusement et s’unissent désormais pour faire face. Un seul exemple : alors que leur chirurgien bien-aimé était parti se mettre à l’abri, lui et sa famille, en France après avoir échappé de peu à la mort, n’est-ce pas elles qui l’ont convaincu de revenir au pays ? Devant leur détermination à même payer le prix du billet de retour, il n’a pu résister. Le prix à payer pour lui est encore plus cher puisqu’il doit désormais vivre entouré d’une escorte de casques bleus !

Chacun peut et doit savoir

Aujourd’hui, Denis fait bien plus qu’opérer : il parcourt le monde entier pour témoigner, y compris dans les enceintes prestigieuses comme celles de l’ONU. Plus personne ne peut dire qu’il ne savait pas. Certains n’hésitent pas à comparer Denis Mukwege à Nelson Mandela ou au pasteur Martin Luther King.

C’est un des mérites du film de ne pas cacher la foi de cet homme, fils de pasteur et pasteur lui-même. Le chrétien que je suis s’est réjoui de l’entendre lire le Psaume 113 au milieu d’une assemblée galvanisée. Bible en main, le prédicateur y exhorte chacun à mettre sa confiance dans les promesses divines. Un rayon de soleil au milieu de l’horreur. Un beau témoignage rendu à la grâce.

POUR ALLER PLUS LOIN : Romains 8

Date de sortie mi-février 2016 (1h52min)

Réalisé par Thierry Michel et Colette Braeckmann

Genre documentaire

Nationalité belge, congolais et américain          

Le SEL accompagne la diffusion sur les écrans.

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