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Le sentiment d’injustice fait frémir les lèvres ou lever le poing. Toutefois, nous ne serons crédibles que si nous allons plus loin que la protestation.

Justice

Déjà l’enfant, s’il possède ou reçoit moins qu’un autre, exprime le sentiment d’injustice. L’adolescent qui ne s’estime pas traité équitablement le fera savoir avec force. Le jeune qui découvre l’inégalité des richesses dans le monde criera la même indignation. L’adulte confronté à la discrimination ou à l’arbitraire brûlera du même refus. Quel est donc ce sens si prompt à s’enflammer en nous ?

Reconnaissons que notre sens de la justice s’éveille d’abord lorsque nous en sommes frustrés. Sommes-nous traités sans équité ? Nos droits sont-ils bafoués ? Nous en ressentons une blessure qui, par-delà le tort qui nous est fait, atteint notre identité profonde. Le besoin de justice apparaît comme inscrit dans l’intimité de notre être. C’est le besoin d’être reconnu et traité au même titre qu’autrui. La Bible nous assure que Dieu s’approche de nous avec cette double qualité de vérité et d’équité parfaites (1). Chaque personne humaine, créée en son image, est unique pour lui. Chacune compte.

Diversité et équité

Dans sa richesse, Dieu nous a voulus différents. La justice laisse donc place à la diversité. Tout le monde n’a pas les mêmes besoins, ni les mêmes capacités ou les mêmes responsabilités. La justice n’est donc pas « égalité » dans un sens uniformisateur. Elle est plutôt « équité » : prise en compte de chacun, selon une même règle, en intégrant les différences. Avec, du côté de Dieu, l’assurance d’une parfaite droiture : jamais il n’emploiera deux poids et deux mesures, lui qui a en horreur les balances fausses (2).

Nous vivons cependant au cœur d’un monde profondément blessé par le péché et par tous les dérèglements qu’il engendre constamment. Nous y vivons en tension. L’aspiration à la justice demeure implantée en nous. Les déchirures de l’injustice n’en sont que plus vives. Le droit, lorsqu’il est appliqué selon la justice, fait partie des moyens donnés par Dieu pour réguler la vie dans ce monde. Mais la foi, souvent, interpelle : « Jusqu’à quand, Seigneur... Pourquoi contemples-tu l’injustice sans réagir ? » (3) Dans l’espérance, le croyant reste pourtant guetteur : viendra le jour où Dieu fera toute chose nouvelle, dans un monde où « la justice et la paix s’embrasseront » (4).

Dieu « aime la justice » (5). À son image, son peuple est appelé, sans relâche, à « pratiquer la justice » (6). Cet engagement passe par le soutien actif et la défense des victimes de l’injustice : les opprimés, les affamés, les captifs, ceux qui sont courbés, la veuve et l’orphelin (7). Tel est le culte quotidien que Dieu préfère aux cantiques sans lendemain : « Que la droiture soit comme un courant d’eau, et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit. » (8)

1. Psaume 89.15 ; 1 Pierre 1.17

2. Ésaïe 11.3-4

3. Habacuc 1.1, 3

4. Psaume 85.11

5. Ésaïe 61.8

6. Michée 6.8

7. Psaume 146.7-9

8. Amos 5.24

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