Profession : assistante sociale

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Confrontée à la détresse et à la violence, Sylvia Decaux aurait pu perdre la foi. Curieusement, c’est le contraire qui s’est passé.

Profession : assistante sociale

Pour que je puisse m'épanouir professionnellement, je voulais exercer un métier où je pourrais être utile aux autres. Quand, dans un forum des métiers j'ai discuté avec une assistante sociale, j'ai su que c'était ce que je voulais faire.

Quelques années plus tard, le bilan est globalement positif. Pourtant, dès ma formation initiale, j’ai perdu beaucoup de ma naïveté lorsque j’ai constaté que certains étudiants avaient des préjugés et voulaient cependant exercer une profession sociale.

Au cours de ma carrière, j’ai dû apprendre à composer avec le milieu social qui se dit ouvert mais qui, en fait, est pétri de conformisme. Les usagers qui font appel au service social sont pour la plupart hors norme. Ils nous bousculent sans cesse.

Ma foi a grandi alors que parallèlement, j’acquérais une plus grande maturité. En respectant les gens tels qu’ils sont, en essayant de ne pas les juger, je peux exercer mon métier beaucoup plus authentiquement. J’ai été confrontée à des situations de grande détresse. Tant de souffrance vous rend humble et vous remet en question. A quoi je sers ? Pourquoi toute cette misère ? Il m’est arrivé aussi de douter de Dieu : pourquoi permet-il toute cette souffrance ?

Après la polyvalence des situations, je me suis dirigée vers l'Aide Sociale à l'Enfance. Me voilà maintenant au service d’enfants ayant subi des violences, allant de l’absence de soins à de la maltraitance avérée. Paradoxalement, ceci a fortifié ma foi malgré la violence des situations.

La foi, un soutien

Heureusement, pour pouvoir tenir le coup, on est entouré d’une équipe pluridisciplinaire faite de travailleurs sociaux, de psychologues, de chefs de service, sans oublier le personnel administratif. C’est un véritable soutien car on peut échanger à propos des enfants. De plus, il y a toujours une collègue prête à vous aider en cas de besoin.

Très peu sont croyants et encore moins sont pratiquants. C’est encore aujourd’hui une source d’étonnement pour moi : qu’est-ce qui les fait tenir ?

Personnellement, je ne pourrais pas continuer à accompagner les enfants et leur famille si je ne reconnaissais pas la présence de Dieu dans ces enfants blessés. C’est lui qui m’a permis de ne pas juger les parents mais de les reconnaître eux aussi en souffrance, victimes de leur propre violence, de leur toxicomanie…. Au-delà de leurs actes condamnables, j’ai appris à vouloir les restaurer dans leur rôle de parents.

Dans ce contexte social dégradé, porter le message de l’Évangile est difficile. Les mots se heurtent au scepticisme. C’est en essayant d’adopter une attitude différente que je peux le mieux montrer ce que peut-être une chrétienne assistante sociale.

Parfois je suis choquée, révoltée ou écoeurée mais quand au bout de quelques semaines de rencontres régulières, je vois un enfant refaire confiance aux adultes, redevenir un enfant, jouer, sourire, rire aux éclats, je sais que mon travail a du sens pour toutes ces familles.

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