La religion au cœur de l’identité

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En Égypte où la religion s’acquiert par la naissance, la mention de la religion est inscrite sur la carte d’identité. Et si on change de croyance que se passe-t-il?

La religion au cœur de l’identité

En Égypte, si on naît dans une famille musulmane comme 60 millions d’Égyptiens, on étudiera l’islam à l’école publique et on obtiendra sa carte d’identité musulmane à 16 ans. Si on naît dans une famille chrétienne, comme 12 millions d’Égyptiens, on étudiera le christianisme à l’école publique et à 16 ans, on obtiendra sa carte d’identité chrétienne.

Le problème se complique quand un membre d’une communauté religieuse se convertit à une autre croyance. Pour que cette conversion soit reconnue, il doit effectuer une démarche officielle auprès des tribunaux. Ceux-ci décident si la mention religieuse sur la carte d’identité sera changée ou non.

Cette mention est importante car en Égypte, les non-musulmans n’ont pas accès à certaines hautes fonctions militaires ou politiques. Cela change aussi des choses au niveau de la justice: la parole d’un musulman vaut celle de deux chrétiens… Et cela change aussi beaucoup de choses quand on a des enfants et qu’on veut les élever dans sa croyance.

«Double identité»

«À la maison, j’enseigne à mes enfants que Jésus est le Fils de Dieu. À l’école, on leur enseigne que c’est un mensonge et que Mahomet est le prophète de Dieu. J’ai peur pour mes enfants. C’est une pression psychologique très forte pour eux. Ils ne savent pas qui ils sont, ils ont une double identité,» raconte Issam, un chrétien d’origine musulmane. C’est la raison pour laquelle, des pères de famille se battent devant la justice pour changer la mention de leur religion sur leurs papiers d’identité. Ils doivent aussi affronter les menaces des extrémistes et risquent d’être accusés d’apostasie (crime d’avoir quitté l’islam).

C’est le cas de Maher El-Gohary. Depuis qu’il est devenu chrétien et que sa nouvelle foi est connue au grand jour, cet ancien musulman de 56 ans n’a plus ni droits civils ni droits sociaux, il est même privé de son héritage. Maher continue car il s’inquiète pour sa fille Dina. Cette dernière est chrétienne comme lui, mais si lui-même n’obtient pas de changement sur sa carte d’identité, elle se verra attribuer automatiquement une carte d’identité musulmane. El-Gohary n’a toujours pas obtenu gain de cause, mais il exprime ce que les chrétiens égyptiens espèrent:«Je veux vivre en paix en tant que chrétien. J’espère que mon pays m’accordera la liberté de louer mon Dieu et me redonnera mes droits en tant qu’homme».

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Une campagne de soutien a été lancée il y a un an pour les chrétiens d’origine musulmane qui vivent en terre islamique.

Pour en savoir plus: www.portesouvertes.fr/fr/CDL/prier

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