Le degré zéro de la pensée

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Les Proverbes bibliques le disaient déjà : « Le chien retourne à ce qu’il a vomi et le sot renouvelle ses bêtises »(1).

Le degré zéro de la pensée

La bêtise est bien une constante de l’humanité, les médias nous en livrent aujourd’hui des exemples très croustillants. Jugez-en plutôt.

L’exemple vient d’en haut

Apparemment très calé en histoire, un président des États-Unis avait réussi à dire: « Depuis maintenant un siècle et demi, l’Amérique et le Japon constituent une des alliances importantes et persistantes des temps modernes ». Avait-il oublié Hiroshima et Nagasaki ?

Certaines petites phrases se glissent comme une lettre à la poste au milieu d’un discours. Et leur vacuité n’apparaît qu’à la relecture. Ainsi, cette profession de foi d’un ancien président de la République française : « Je suis pour la nation parce que je suis contre le nationalisme ». Les déclarations absolument creuses abondent dans nos radios et sur nos écrans : « Les réformes, parfois, quand elles ne produisent pas de fruits, elles créent de la désillusion ». Avouez que le « parfois » est savoureux. Ou encore : « Avons-nous tout fait pour faire en sorte de favoriser l’emploi ? ». Le très commode « faire en sorte que » indique à coup sûr qu’on ne fera rien.

La prison réservée aux moches ?

Mais on peut trouver encore pire. Ainsi, ce rappeur qui vole au secours de Nabilla en argumentant : « J’espère qu’ils vont la libérer parce que ça me fait un peu de la peine quand même, elle est là, elle est jolie. Elle fait son business, elle fait son petit bout de chemin. Et puis les personnes à qui il arrive plein de bonheur, il y a toujours plein de gens autour pour t’envier et moi ça me saoule ». Faut-il rappeler qu’elle est en détention pour avoir poignardé son petit copain du moment ?

Quelques auteurs ont remarqué que le déficit de langage est compensé par le recours à la brutalité, que ce soit dans les foyers, dans la rue, ou en Syrie. Et là, on commence à rire jaune…

Les télévisions qui « vendent du temps de cerveau disponible à Coca-Cola », ou les politiques qui recrutent aujourd’hui des professeurs avec une moyenne de 5 à 6 sur 20(2) portent une très grave responsabilité dans le délabrement du lien social et l’aggravation de la bêtise publique. 

Tout n’est pas perdu

Le père Wresinski, fondateur d’ATD-Quart Monde, distinguait la pauvreté de la misère. Il avait compris que cette dernière est entretenue et aggravée par le déficit scolaire. Elle est dans les têtes avant d’être dans l’assiette. Avant lui, les Réformateurs avaient été des pionniers de l’alphabétisation ; ils avaient compris que l’ignorance est spirituellement désastreuse. 

Apprendre à penser, c’est aussi apprendre à discerner, à aimer. À aimer son prochain et aussi à aimer Dieu : « Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute… ton intelligence »(3).  Dommage que l’on ne fasse généralement guère attention à ce dernier impératif. Travailler son intelligence, résister à l’abrutissement ambiant est un commandement.

1. Proverbes 26.11.

2. Sophie Coignard : « Najat Vallaud-Belkacem : en dessous de la moyenne ! » Le Point du 20 novembre 2014.

3. Matthieu 22.37.

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