Évangéliser sans faire de prosélytisme ?

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Les débordements honteux de certaines sectes nous ont rendus ultrasensibles. En matière de religion, il y a des mots qui font peur, encore faut-il savoir ce qu’ils recouvrent.

Évangéliser sans faire de prosélytisme ?

Je me souviens de manière assez précise de l’une des premières soirées où j’ai entendu parler de l’Évangile. J’étais étudiant, encore en prise avec un certain athéisme, mais ouvert aux grandes questions du sens de la vie. Lors de cette soirée, j’ai entendu l’Évangile de deux manières très différentes. Avec une personne en particulier, j’ai ressenti une forte préoccupation à me convertir à ses idées. Je qualifie aujourd’hui cette longue discussion de «matraquage prosélyte». Avec d’autres, je sentais au contraire un profond respect et une écoute vraie.

Peut-on faire une distinction entre évangélisationet prosélytisme?

Même si, pour beaucoup, ces deux mots sont presque synonymes, il est pratique de distinguer l’évangélisationprise dans un sens positif et le prosélytismeavec des accents de propagande(1).

D’emblée, affirmons qu’un chrétien respectueux devrait fuir cet esprit de prosélytisme avec son côté manipulateur et borné. Paul écrit: «Nous rejetons les intrigues et les procédés indignes, nous ne recourons pas à la ruse…, ce n’est pas nous-mêmes que nous mettons en avant dans notre prédication, c’est le Seigneur Jésus-Christ»(2).

En revanche, la question de l’évangélisation ne devrait même pas se poser pour un chrétien. Il ne s’agit en aucun cas d’une option réservée à quelques disciples zélés. Jésus enseigne à ceux qui lui appartiennent qu’ils sont le sel de la terre, la lumière du monde, ses témoins(3). Ne devraient-ils pas tous dire, avec l’apôtre Paul: «Malheur à moi si je n’évangélise pas?»(4).

Certains pays interdisent l’annonce de l’Évangile, mais dans nos pays occidentaux ce n’est pas le cas. L’article 9 de la Convention européenne, ratifiée par la France en 1950, rappelle: «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé».

Pour un chrétien attaché au message biblique, sa liberté de manifester sa religion, pourrait se résumer dans cette affirmation de Pierre: «C’est en lui seul (Jésus) que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n’a jamais donné le nom d’aucun autre homme par lequel nous devions être sauvés»(5).

En conclusion, oui à une évangélisation claire affirmant respectueusement la Bonne Nouvelle que Dieu veut faire connaître à l’humanité, mais un non tout aussi clair aux méthodes douteuses de propagande et de manipulation.

1. Pour approfondir cette distinction nous renvoyons à la brochure, Liberté de conscience Liberté d'expression, Fédération Évangélique de France, 2004 ainsi qu’à l’étude de Pierre Lacoste sur Évangélisation et prosélytisme ou «Évangélisation et prosélytisme» de Sébastien Fath.

2. 2 Corinthiens 4.2-5.

3. Matthieu 5.13-16; Actes 1.8.

4. 1 Corinthiens 9.16.

5. Actes 4.12.

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