Les croyants ont-ils le droit d'imposer leur point de vue ?

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Convaincu? D’accord. Convaincre? Normal quand on est convaincu! Mais par quels moyens?

Les croyants ont-ils le droit d'imposer leur point de vue ?

Voilà une question qui ne se posait même pas jusqu’à ces dernières années, tant la réponse était évidente : «non, bien sûr!». Elle retrouve une certaine actualité avec la montée des mouvements dits fondamentalistes, qu’ils soient musulmans (djihadistes ou talibans d’Afghanistan) ou évangéliques (notamment aux États-Unis).

Convaincre par la force

Il faut reconnaître que c’est une attitude courante dans l’histoire des religions que de vouloir imposer par la force la bonne croyance (quelle qu’elle soit). Elle repose notamment sur le principe que les êtres humains ne sont pas capables de voir par eux-mêmes ce qui est bon pour eux. C’est pourquoi, les institutions religieuses (chrétiennes, juives, musulmanes et toutes les autres) pensent parfois imposer aux fidèles la «bonne» manière de croire. Dans le christianisme, cette façon de voir est apparue avec Saint-Augustin (né 350 ans après Jésus!) quand il s’opposait aux donatistes, un groupe chrétien considéré comme sectaire par l’Église officielle.

Pourtant, on est frappé, quand on lit les évangiles, par l’attitude de Jésus qui tranche radicalement avec cette manière de voir. Il s’oppose en effet régulièrement aux autorités religieuses de son temps. Celles-ci exercent une véritable «police des mœurs» au nom de leur compréhension de la Révélation. Toute une série de châtiments, pouvant aller jusqu’à la peine de mort, est prévue pour les réfractaires, afin de les ramener dans le bon chemin.

Convaincre par l’amour

Jésus n’approuve certainement pas tous les comportements de ses contemporains. Cependant, ce n’est pas par la force qu’il intervient. Il ne témoigne pas davantage d’un Dieu sévère qui comptabiliserait soigneusement toutes les fautes des êtres humains pour les juger. Il présente plutôt Dieu comme un père qui aime l’humanité. Il ne nie pas le mal et les fautes, mais il aime les êtres humains pécheurs, fragiles et défaillants. Il les cherche pour leur offrir un nouveau projet de vie.

L’exemple le plus frappant est ce moment où on lui amène une femme surprise en flagrant délit d’adultère. Alors que les religieux proposent de la tuer par lapidation, il s’oppose à eux et les fait changer d’attitude avec cette invitation géniale: «Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre.» En même temps, sans violence, il invite cette femme à changer de vie: «Va, et ne pêche plus».

Convaincre pour relever

Jésus ne partage pas non plus le mépris de beaucoup de religieux de son époque pour le petit peuple. Il croit que l’être humain peut découvrir Dieu personnellement, sans l’aide obligatoire de l’institution religieuse. Il choisit d’ailleurs parmi ses disciples des gens simples, souvent sans éducation, des personnes du peuple, et non des théologiens érudits ou des prêtres.

Jésus relève et renouvelle les personnes qui s’ouvrent à lui. Il les rend plus libres, plus autonomes, y compris par rapport aux systèmes religieux.

Qui ne voudrait pas d’un tel Évangile?

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