Toute vérité est-elle bonne à dire ?

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La vérité est précieuse à condition de s’imposer des règles rigoureuses.

Toute vérité est-elle bonne à dire ?

Quand j’entends la question, je pense automatiquement à un livre féroce de Léon Bloy paru au début du XXème siècle: L’exégèse des lieux communs. Cet ouvrage met en lumière la lâcheté et la tiédeur de ceux que Bloy appelle les «bourgeois». Pour lui, l’expression: «Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire» signifie qu’on ne veut ni des vérités «dangereuses à proclamer», ni de celles qui sont «désagréables à entendre», bref qu’aucune vérité n’est bonne à dire et que la vérité n’existe peut-être même pas… La suite logique de l’expression: «Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire» serait alors pour Bloy: «il n’y a que la vérité qui offense» (on dirait aujourd’hui: «qui blesse»).

Quelle vérité?

Alors faut-il avoir le courage d’affirmer que toute vérité est bonne à dire contre la lâcheté de ceux qui gardent la vérité à distance dès qu’elle peut leur poser des problèmes? Pas si vite! On ne peut pas ignorer que le slogan: «Toute vérité est bonne à dire» sert de mot d’ordre ou de prétexte à la presse people la plus dégoûtante et que sous prétexte de dire la vérité, on peut trahir des secrets, ruiner une réputation, détruire une amitié.

Quel contexte?

Toute vérité est-elle bonne à dire? Pour répondre à cette question, il faut se rappeler que parler n’est pas une activité isolée de toutes sortes de réalités. Prenons comme exemple (que je tire d’un livre de Tim Chester), une phrase toute simple: «Je suis au bout du rouleau». Dans un contexte, cela peut vouloir dire que j’ai terminé un rouleau de scotch et que j’attends que mon interlocuteur m’en donne un autre. Dans un autre cas, c’est une expression toute faite pour dire que je n’en peux plus. Dans les deux cas, la phrase peut être vraie, mais elle n’est bonne à dire que s’il y a un contexte avec. Sinon, elle ne sert à rien du tout.

Quel moment?

Allons plus loin. Jésus a dit un jour à ses disciples: «J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais elles sont encore trop lourdes à porter pour vous». Jésus a voulu d’abord préparer ses disciples avant de leur dire ces choses, ces vérités – qui bien sûr étaient bonnes à dire!

Quelle raison?

Oui, toute vérité est bonne à dire. Mais quand je dis quelque chose, je cherche aussi à avoir un impact sur celui à qui je parle. Si mes motivations ou mes intentions sont mauvaises, autant attendre

Un dernier mot: souvenons-nous du fait que nous sommes humains, simplement humains. Toute vérité est bonne à dire, mais je ne suis pas chargé de dire toutes les vérités à tout le monde (surtout pas les secrets qu’on m’a confiés). Dieu promet qu’un jour, il révèlera toute la vérité. En attendant disons la vérité que nous pouvons dire avec amour.

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