Comment avoir encore confiance dans l’école ?

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Des faits et des déclarations qui jettent le trouble.

Comment avoir encore confiance dans l’école ?

Éduquer mon enfant aujourd’hui et lui transmettre mes croyances, mes valeurs, ma foi… Est-ce encore possible en France ?

Depuis la déclaration du précédent ministre de l’Éducation Nationale, Vincent Peillon, sur la nécessité « d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel », je m’interroge… 

Jusqu’à présent, il était clair à mes yeux qu’il revenait aux parents d’éduquer et aux enseignants d’enseigner. Aujourd’hui, cette limite semble avoir sauté. Peut-être devant la démission de certains parents, dépassés par une société qui n’a plus de valeurs. Pour autant, est-ce à l’école de se substituer à des parents déboussolés ? 

Pour moi, la limite a été dépassée quand mon fils est revenu du collège, en me disant qu’il s’était rendu avec sa classe au planning familial. Aucune information n’avait filtré de l’établissement scolaire… J’ai trouvé cette absence de communication plutôt étrange alors que pour toute autre sortie, j’étais tenue, en tant que parent, de signer une autorisation.

Comment puis-je avoir confiance dans l’école de la République si certaines choses me sont cachées ? Comment ne pas craindre pour mon enfant si je ne dois pas savoir ce qu’il y fait, avec qui et où il se rend ?

De plus en plus, l’école semble agir sans consulter les parents et parfois même à leur insu. Alors que de nouvelles idéologies viennent bouleverser ses manières de faire en particulier au nom de l’égalité entre les sexes, je m’interroge là aussi sur ma liberté de parent. S’agirait-il pour l’école d’utiliser mes enfants pour promouvoir un nouvel ordre social et moral ? Ou puis-je encore espérer que l’école leur donne les moyens de penser par eux-mêmes en préservant leur libre arbitre ?

Comme beaucoup de parents, je suis inquiète.

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Commentaires

Léonowicz Evelyne
22 juillet 2014, à 11:13
Cette réflexion est tout à fait justifiée; plus que jamais, les parents doivent être attentifs, ouverts au dialogue avec leurs enfants sur tous les sujets de société, ne pas craindre d'anticiper, parler dans la vérité et l'amour...et prier, prier. Etre dans la réaction vis à vis des enseignants demande beaucoup de discernement et de sagesse, afin de ne pas se retourner contre les enfants eux-mêmes, et à terme, produire chez eux du rejet, par besoin de conformisme au monde environnant.
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Michel Thys
02 septembre 2014, à 18:13
Bonjour,
Je me permets d'exprimer un point de vue différent.
Oui, jusqu'à présent « il revenait aux parents d'éduquer et aux enseignants d'enseigner ». Il va de soi que, légalement, les parents auront toujours le droit de transmettre, voire d'imposer leur religion à leurs enfants. Mais à notre époque multiculturelle et multiconfessionnelle, en ont-ils encore moralement le droit ?
La plupart des parents croyants, du moins s'ils se sont posé la question, répondent : « Oui, car mes enfants choisiront plus tard » ... ! Je crains que ce soit illusoire, car comme l'écrivait déjà en 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, dans « Psychologie religieuse » :
« La disponibilité religieuse de l’enfant ne prend forme qu’à la condition d’avoir été précocement éduquée. Toutes les observations l’ont confirmé : l’influence des parents est le facteur le plus décisif dans la formation des attitudes religieuses.(…) Les gestes et le langage religieux des parents, la célébration des fêtes religieuses marquent de façon indélébile les souvenirs d’enfance de nombreux adultes, et déterminent leurs sentiments d’appartenance religieuse. (…). L’extraordinaire permanence des attitudes religieuses, que de nombreuses enquêtes ont mis en lumière, s’explique certainement par l’influence prépondérante de l’éducation familiale.»(…).
Son successeur actuel, le professeur Vassilis SAROGLOU, le confirme : « Le fait d'avoir eu des parents religieux et d'avoir reçu une éducation religieuse est le facteur le plus important pour déterminer les probabilités d'être, de rester ou de redevenir soi-même croyant, que ce soit à l'adolescence ou ultérieurement à l'âge adulte ».

J'observe que les neurosciences tendent à confirmer l’imprégnation neuronale de la sensibilité et du sentiment religieux : des neurophysiologistes ont constaté que si les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, les amygdales (du cerveau émotionnel), elles, sont déjà capables de stocker inconsciemment le souvenir d'événements à forte charge affective ou des souvenirs émotionnels tels que, par exemple, l'atmosphère « envoûtante » d'une église, les comportements religieux, voire les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. Ces traces neuronales sont indélébiles, et se renforcent par plasticité neuronale, au fur et à mesure des expériences religieuses.

En témoignent tous les pays où il existe une « religion d'Etat » et où pratiquement tout le monde est donc croyant. Même dans ceux qui sont «démocratiques », «la liberté constitutionnelle de conscience et de religion» me paraît plus théorique et symbolique qu’effective, parce que l’émergence de la liberté de croire ou de ne pas croire est généralement compromise, à des degrés divers. J'en veux pour preuve l'exemple (extrême, j'en conviens) des parents musulmans qui imposent, dès la prime enfance, la soumission totale au coran, à la charia, etc., ou encore celui des U.S.A. où les options non confessionnelles sont volontairement occultées ...
J'estime que, dans une saine conception de la tolérance et de la neutralité, et par simple honnêteté intellectuelle et morale, tout Etat démocratique, loin de vouloir « se substituer aux parents », devrait instaurer un enseignement de type pluraliste, fournissant idéalement à TOUS les adolescents une information minimale, objective, progressive et non prosélyte, à la fois sur les principales religions (un minimum de culture religieuse, notamment artistique, fait partie de la culture générale) ET sur les options non confessionnelles de l'humanisme laïque, en leur proposant de découvrir et de respecter les valeurs humanistes, « humanisantes », « universalisables », « sacrées », et donc non négociables, parce qu'acceptables par tous et partout, telles que la dignité et l'égalité de l'homme, de la femme et de l'enfant, leur autonomie, leur liberté de conscience, de religion, de pensée, etc. Notamment par la méthode des "dilemmes moraux de Lawrence Kohlberg.
Merci pour vos commentaires.
Michel THYS
à Ittre, en Belgique.
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Am Delaugere
04 septembre 2014, à 23:14
Bonjour Michel,
Merci pour vos réflexions et pour les informations que vous partagez : elles sont très intéressantes pour nous parents.
Ne confirment-elles pas ce que dit la Bible : "Instruis l'enfant selon la voie qu'il doit suivre; Et quand il sera vieux, il ne s'en détournera pas." Proverbes 22:6
Quant à l'école, je pense comme vous qu'elle se doit de donner aux enfants un socle de valeurs basées sur la tolérance et le respect de l'autre, en particulier dans sa différence qu'elle soit culturelle ou religieuse. D'après ce que je peux voir en France, c'est ce qui se fait notamment à travers les programmes d'histoire.
Meilleures salutations et à bientôt.
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Michel Thys
06 septembre 2014, à 12:27
Bonjour Am Delaugere,
Merci pour votre réponse.
Les auteurs de la bible, dans les premiers siècles de notre ère, et même déjà il y a 10.000 ans et plus, avaient (anatomiquement et fonctionnellement) le même cerveau que nous (aux connaissances près, bien sûr).
Je ne m'étonne donc pas qu'ils aient déjà compris la nécessité d'une éducation religieuse précoce, et même la fréquente persistance de la foi jusqu'à la vieillesse (renforcée alors par le "pari de Pascal" : "rien à y perdre, tout à y gagner").
Par contre, ce qu'ils ne pouvaient pas prévoir, c'est que, depuis notamment la Renaissance et les Lumières, du moins dans la plupart des pays intellectualisés non théocratiques, l'esprit humain deviendrait plus rationnel, autonome et responsable, refusant dès lors la soumission, fût-ce à des degrés divers, à un dieu, à un prophète et à un texte "sacré".
l
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Am Delaugere
06 septembre 2014, à 21:43
Bonjour Michel,
Certes, les auteurs de la Bible ne pouvaient pas prévoir l'évolution de notre société. Toutefois, la Bible nous dit que : "Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice..." (2 Timothée 3:16).
Derrière ces hommes, Dieu était là. C'est pour cela que la Bible est un livre vivant qui continue à nous parler des siècles après sa rédaction.
Salutations
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