Des écoles pour se réconcilier

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Massacres et génocides engendrent des blessures invisibles. Il faut les soigner. 

Des écoles pour se réconcilier

Selon un bilan officiel, le génocide rwandais de 1994 a fait plus d’un million de victimes. La première « école de réconciliation » est née aussitôt après, grâce à l’initiative du Dr Rhiannon Lloyd. L’approche a été contextualisée au Rwanda, au Congo et en Côte d’Ivoire*. Plus de 100.000 personnes sont passées par de telles écoles.

Leur but est d’aider les personnes qui ont souffert de conflits ethniques. L’école dure vingt jours. Les diverses formations correspondent à des auditoires spécifiques : survivants de génocide, responsables religieux, auteurs de génocide, jeunes... Les ateliers permettent d’atteindre trois objectifs principaux. 

Guérir des blessures 

Il s’agit d’aider les participants à faire face à leurs propres blessures pour trouver auprès de Dieu la guérison et devenir capables de pardonner. Parmi les sujets abordés : L’intention originelle de Dieu pour les relations humaines, L’effroyable puissance des préjugés, L’identité que nous avons en Dieu, Blessures intérieures et traumatisme, Le pardon.

Former des animateurs 

Il est impossible de parcourir tous les lieux où des personnes ont été blessées par ces conflits ethniques. Il faut donc trouver des personnes capables qui le feront. La formation comporte des cours, mais passe aussi par des moyens créatifs : chant, théâtre, peinture…

Transformer la communauté

L’objectif est de former des équipes pour assurer le suivi. On leur donne une compréhension de certains points délicats : aborder une communauté, les blocages possibles (vision du monde, dépendance, différences théologiques…), le bon fonctionnement d’une équipe. Prendre soin de soi-même, étudier la dynamique des conflits et le développement de la personnalité font également partie de cette formation.

Ailleurs aussi

Au Rwanda, la formation complète comprend également une visite au mémorial du génocide et un atelier pratique dans une communauté. On aide, par exemple, à reconstruire une maison, la décorer, bêcher un jardin, tout en témoignant.

Au total, plus de 5.000 animateurs / animatrices ont été formés au Rwanda, Kenya, Burundi, Congo, Ouganda, Sri Lanka, en Inde et en Côté d’Ivoire. Les besoins sont immenses.

Des ateliers qui changent le cœur

M. J. est un pasteur tutsi, né en Tanzanie. Traumatisé par les cadavres de Tutsi flottant sur la rivière, il a douté de l’amour et de la puissance de Dieu. Il est rentré au Rwanda en 1994. L’atelier auquel il a participé en 1998 lui a permis de recevoir la confession des péchés de la part des Hutus et d’enlever toute l’amertume de son cœur. Aujourd’hui, la petite Église tutsi qu’il avait commencée dans son village natal accueille Hutus et Tutsis. 

Mme O. a perdu son mari, sa mère et ses enfants pendant le génocide. Dieu l’a aidée à gérer son traumatisme au point qu’elle a accueilli de nouveaux orphelins chez elle sans considération de leur identité ethnique.

M. E. avait tué pendant le génocide alors même qu’il était prédicateur chrétien. Il a été libéré par un décret gouvernemental et est revenu tout honteux dans son village. Il ne savait pas comment « se rendre acceptable ». C’est lors d’un atelier qui rassemblait des victimes et des auteurs de crimes qu’il a pu demander pardon et être « à nouveau accueilli » par les familles des victimes.

* Par Joseph Nyamutera et Anastase Sabamungu au Rwanda, Daniel Kasereka au Congo, Lydie Kouadio en Côte d’Ivoire. 

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