Deux départs bien différents

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Quand approche l’heure de vérité, chacun révèle qui il est.
Deux départs bien différents

Solitude et amertume

Elsa est une dame toujours parfaitement maquillée quelle que soit l’heure, le jour, la saison ou l’endroit dans le monde. C’est une baroudeuse toujours bijoutée et dynamique, jamais prise au dépourvu.
En novembre 2016, quelques amies réalisent qu’elles n’ont plus eu de ses nouvelles depuis quelques mois. Je retrouve trace de son ami Pascal et le contacte. Il est soulagé que des amies se manifestent enfin. Elsa a été hospitalisée juste après le dernier week-end de septembre et elle ne veut pas qu’il lui rende visite. Elle n’a pas voulu que ses amis soient prévenus. Nous en sommes attristés et nous interrogeons : depuis quand était-elle malade ? Pourquoi ce refus de tout contact et de donner la moindre info ?
Nous apprendrons plus tard qu’Elsa avait subi des chimio depuis trois ans et qu’elle avait interdit aux médecins d’en informer sa famille et ses proches.
Pas plus que les chants en latin ou les surplis en dentelle, le cimetière à l’ombre du château de famille ne console qui que ce soit. Tous ressentent de l’amertume d’avoir été volontairement tenus à l’écart de cette longue et douloureuse épreuve. Chacun respecte qu’Elsa ait voulu épargner à ses proches sa lente déchéance physique. Pourtant, cela laisse un goût amer de savoir qu’elle a dû affronter seule son irrémédiable descente sans le secours de l’affection, de l’amitié et de la prière.

Partage et reconnaissance

Ce 1er août, l’église est archi pleine de parents, frères et amis. Les témoignages et les chants s’élèvent en autant d’expressions de reconnaissance lors du culte d’adieu à Reynald Kozycki*. Une atmosphère de sérénité remplit le lieu au souvenir de sa vie. Pendant deux ans, Reynald avait tenu un blog pour informer sur l’évolution de son état de santé. Ainsi, ses nombreux proches se sont sentis associés et ont constitué un cordon de soutien par la prière. Très entouré par son épouse et ses enfants, c’est en famille qu’ils ont fait front avec confiance et lucidité.
À la sortie, de mini sacs de blé, préparés par son épouse et ses enfants sont distribués. Nous sommes tous invités à les planter dans notre jardin ou notre jardinière. Reynald voulait témoigner que sa vie ne s’arrêterait pas avec la tombe. Tout au contraire. Quel message d’espérance !
C’est ainsi que tristesse, joie et reconnaissance se mêlent entre elles en ce jour de deuil car nous avons l’assurance de savoir Reynald entré dans la joie et la gloire de son Seigneur.

Deux attitudes qui font réfléchir

Elsa se croyait forte pour mener seule son combat sans vouloir « importuner » quiconque. Elle laisse un goût bien amer aux « quiconque » en question.
Reynald a choisi de partager son épreuve. Son témoignage relève et fortifie encore aujourd’hui. Il revêt pour chaque personne qui l’a connue une valeur inestimable.
J’ai semé le blé dans une jardinière et le surveille. En prendre soin me rapproche de Reynald et sa famille. Cela me rappelle surtout cette parole de Jésus : « Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. »

Ô Jésus ! Ta présence, c’est la vie et la paix, la paix dans la souffrance et la vie à jamais… 

Reynald Kozycki a été un ami fidèle de Croire et Vivre pendant de longues années. Nous avons publié des extraits de son blog dans le numéro 155.

Pour aller plus loin
Jean 12.24



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