Martin Luther recentre Noël sur le Christ

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Martin Luther recentre Noël sur le Christ
Au 16e siècle, la coutume voulait que les enfants reçoivent des cadeaux le 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas. Dans la plupart des cas, il s'agissait de petites friandises, de pommes ou de noix. C'est Saint Nicolas qui apportait les cadeaux. Le personnage remonterait à l’évêque Nicolas de Myre. Il aurait été un homme d’église particulièrement humain et un bienfaiteur des pauvres.

Saint Nicolas

Martin Luther a fondamentalement rejeté le culte des saints. Pour lui, Jésus-Christ, Fils de Dieu est le seul médiateur entre Dieu et les êtres humains, et la légende de Saint Nicolas serait une « chose puérile », voire un mensonge, comme il le déclare lors d’un sermon pour la fête de la Saint Nicolas en 1527. Il aurait préféré l’interdire tout à fait, comme l’ont fait plus tard certains de ses disciples. Par contre, Luther a cherché à recentrer les choses sur le Christ et il a introduit un autre personnage dans la distribution des cadeaux. Selon un de ses discours de table transmis, il aurait demandé à sa fille Magdalena : « Petite Lena, qu’est-ce que le Christ Saint va t’offrir ? » Petit à petit la plupart des cadeaux vont être offerts à Noël par le Christ et non par Saint Nicolas.

Des chants de Noël en allemand

Luther a également profondément influencé les chants de Noël. Lorsqu’il allait à l’école, il était déjà choriste et a pratiqué divers instruments. Luther avait donc bien une éducation musicale. Il en tira bénéfice, car avec la Réforme, les paroissiens participaient désormais au service religieux. Luther avait déjà introduit la langue allemande dans le service religieux. Mais il manquait des chants compréhensibles en allemand.
À partir de 1523, Luther s'est de plus en plus consacré à la création de nouveaux chants. En 1524, le premier chant de Noël de Luther est paru : « Loué sois-tu, Jésus-Christ » (Gelobet seist du, Jesu Christ). Mais son choral de Noël le plus célèbre est « Je viens à vous du haut du ciel » (Vom Himmel hoch da komm’ ich her) de 1535.
Luther improvisa ce chant, lorsque sa femme lui avait demandé de s'occuper du petit Hans qui ne cessait de crier. Il s'est sans doute souvenu d'une chanson populaire de ménestrels qui parlait d'une jeune fille venant apporter des nouvelles d'un pays lointain. Il a adapté ses paroles à la mélodie de la chanson, mais plus tard, il a remplacé cet air par sa propre composition. Celle-ci a été imprimée pour la première fois en 1539.
« Je viens à vous du haut des cieux vous annoncer une bonne nouvelle, dont je veux parler et chanter. Aujourd'hui est né pour vous, d'une vierge élue, un petit enfant doux et fin qui veut devenir votre bonheur et votre joie. C'est le Seigneur Christ, notre Dieu, qui veut vous délivrer de toute misère. Il veut lui-même être votre Sauveur, vous laver de tous vos péchés. »
Les enfants écoutaient attentivement cette bonne nouvelle et y répondaient en chantant :
« Sois le bienvenu, noble hôte qui n'a pas méprisé le pécheur ! Tu viens auprès de moi dans ma misère ! Comment puis-je à jamais te remercier ? »

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