Noëls pas comme les autres

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Noëls pas comme les autres

EN PRISON

En prison, la pire des nuits de l’année est celle de Noël, celle où il y a le plus de tentatives de suicide.

Les détenus ont certes droit à un colis de nourriture de leur famille, mais certains n’ont pas de famille, c’était le cas du bibliothécaire. Sous ses airs rudes, je le sentais très affecté par son sentiment de rejet et de solitude.

Mine de rien, je lui demande s’il préfère le salé ou le sucré. Le directeur me donne l’autorisation de lui acheter ce que je veux et de le lui amener moi-même dans sa cellule. Il est en larmes, confondu par un geste d’amour désintéressé. Des mois après, en fin d’après-midi, alors que je visite d’autres personnes, je le vois souriant : « Je ne suis pas croyant mais j’ai prié pour vous revoir avant ma libération demain ». Et à nouveau les yeux pleins de larmes, me serrant les mains, il me dit : « Merci, je ne vous oublierai jamais. »

Il y a certainement quelqu’un en ce Noël qui est enfermé dans sa solitude et qui, même s’il ne le dit pas, aimerait une attention.

BERNARD  DELEPINE

POUR DES BÉBÉS ORPHELINS AU TCHAD

J’ai vécu l’année dernière un Noël particulier au Tchad alors que j’y étais en mission en tant qu’aumônière aux armées.

Les militaires que j’accompagnais se préparaient à recevoir les colis de leurs familles : foie gras, saucissons, gâteaux, chocolats...

Lorsqu’ils ont appris que, pas très loin de la base, la pouponnière pour bébés dénutris et orphelins était en rupture de lait maternisé, ils ont proposé à leurs familles et amis de joindre à leur colis une boite de lait pour bébé.

Et ce fut la multiplication du lait ! La solidarité a été magnifique : les bureaux étaient remplis de boites. Même ceux qui n’avaient pas de militaires dans leurs familles s’y sont mis. Quelle jolie fête quand nous sommes venus les offrir. L’orphelinat était ravi et les militaires comblés d’avoir pu contribuer à sauver des enfants.

Noël, c’est l’amour qui se donne et qui se multiplie au-delà de toutes les espérances.

ISABELLE MAUREL

CE CLOCHARD ÉTAIT POURTANT LE BIENVENU

Chaque mercredi, nous voyions sur le chemin un clochard blotti dans un coin de mur. Il ne regardait personne, ne causait pas...

L’hiver est arrivé, l’homme s’était enveloppé dans un sac poubelle pour être à l’abri du froid. Nous avions compassion de lui, notre fils était troublé de le voir vivre ainsi. Le jour de Noël, nous avons demandé aux enfants ce qu’ils voulaient faire. Notre fils a voulu inviter le clochard à partager notre repas de midi. Nous étions tous d’accord.

Avec son père, ils sont partis à sa recherche. Il n’était pas à l’endroit habituel. Ils ont cherché dans toutes les rues du quartier, et enfin l’ont trouvé fouillant dans les poubelles. Notre fils a couru vers lui pour l’inviter gentiment. L’homme a grommelé : « Laissez-moi tranquille, je ne veux pas que l’on s’occupe de moi, je préfère rester seul. » Se sentait-il sale, gêné ? Notre fils est revenu, déçu aux larmes. On n’a plus revu le clochard par la suite.

En ce Noël, soyons sensibles aux autres et à leurs souffrances... au-delà même de leur refus.

DANIÈLE DELEPINE

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